Europe: quand volatilité et crise politique se rencontrent...

Publié le 12/08/2011 à 09:44, mis à jour le 12/08/2011 à 09:48

Europe: quand volatilité et crise politique se rencontrent...

Publié le 12/08/2011 à 09:44, mis à jour le 12/08/2011 à 09:48

Par Guillaume Poulin-Goyer

Pendant que la crise des dettes souveraines n'est toujours pas réglée en Europe, on doute maintenant de la solidité des banques françaises. Si ces dernières craintes semblent injustifiées, une constante semble se dessiner pour les semaines à venir : encore de la volatilité.

Ainsi, mercredi et jeudi dernier, certains doutaient de la solidité des institutions financières françaises, leur titre étant malmené en bourse. Or, elles ont toutes subi des tests de tension par le passé, selon Jimmy Jean, économiste principal au Mouvement Desjardins. « Ce sont les craintes par rapport à la cote de crédit de la France qui se sont reflétées sur ces banques. Est-ce entièrement justifié? Je ne pense pas. C'est beaucoup une situation de panique qui nuit aux titres de ces banques », estime-t-il.

Dans la foulée de la décote des États-Unis, une décote de la dette de la France pourrait survenir, prévient toutefois Craig Alexander, économiste en chef de la Banque TD, dans une récente publication.

Quoi qu'il en soit, les craintes concernant les banques françaises s'englobent dans la crise des dettes souveraines européennes. « Si un pays faisait défaut, les banques françaises devraient subir des pertes significatives », explique Jimmy Jean.

Pour juguler l'endettement des pays périphériques d'Europe, l'Union européenne a dévoilé récemment une série de mesures dont la bonification des dispositifs d'aide financière aux pays lourdement endettés de la zone euro, dont le Fonds européen de stabilité financière (FESF), en collaboration avec le Fonds monétaire international.

« C'est un plan qui est relativement adéquat pour les petits pays comme la Grèce ou le Portugal, des pays qui sont relativement petits. Il ne serait pas suffisant pour sauver l'Italie et assurément pas pour sauver l'Espagne. De plus, il y a des résistances. L'Allemagne a encore des réticences pour augmenter la puissance de feu de ce fonds. Ça fait réagir les investisseurs. S'il fallait qu'il y ait un événement de crédit qui se produise, ce fonds ne serait pas suffisant pour régler les choses », note Jimmy Jean.

Ces délais dans la mise en place des bonifications du FESF ont maintenu le climat d'agitation des marchés financiers. « De plus, l'incertitude continue de régner concernant l'impact potentiel de ce fonds sur le bilan des principaux pays garants de ce fonds », écrit Craig Alexander.

Ainsi, jusqu'à maintenant, les mesures publiques n'ont pas réussi à régler les problèmes des pays de la périphérie européenne ni à restaurer la confiance sur les marchés, indiquait la Banque du Canada dans sa dernière publication de la Revue du système financier.

« Il n'en reste pas moins que l'aide financière aux pays lourdement endettés doit être appuyée par un assainissement crédible des finances publiques », notait la Banque du Canada.

À ce titre, jeudi, le ministre des Finances italien Giulio Tremonti a prévenu les parlementaires qu'il faudrait adopter rapidement des mesures d'austérité « très fortes » pour pouvoir équilibrer le budget de l'Italie en 2013, comme promis par Silvio Berlusconi en échange du soutien de la Banque centrale européenne (BCE).

D'autres pays européens ont déjà fait des efforts en ce sens, sans pour autant calmer les marchés financiers.

Jimmy Jean s'attend donc, dans les prochains mois, à beaucoup de volatilité. « Ça va être difficile de faire des concessions. Au niveau politique ça bouge très lentement. La banque centrale européenne doit prendre des mesures pour apporter de la liquidité sur les marchés. On pourrait voir la BCE intervenir pour calmer les marchés », dit-il.

À suivre dans cette section


image

Gestion agile

Mercredi 07 octobre


image

Adjointes administratives

Mercredi 14 octobre


image

Femmes Leaders

Mercredi 21 octobre

À la une

Québec serre la vis: trois régions passent en zone d'alerte orange

Trois régions se voient imposer de nouvelles restrictions: Québec, Montréal et Chaudières-Appalaches.

Voulons-nous vraiment vivre dans ce monde?

18/09/2020 | François Normand

ANALYSE - Cessons d'écouter ceux qui disent que le développement durable mine l'économie, car c'est faux: il la stimule.

La Bourse en pause comme la reprise?

BLOGUE. Deux stratèges ne perdent pas espoir que les chouchous techno passent le bâton aux bénéficiaires de la reprise.