Êtes-vous un investisseur responsable ?


Édition du 22 Octobre 2016

Êtes-vous un investisseur responsable ?


Édition du 22 Octobre 2016

Par Diane Bérard

[Photo : 123RF/robuart]

De plus en plus d’investisseurs se demandent ce que signifie investir de façon socialement responsable, et s’ils le font. Notre quiz pour vous aider à répondre à la question.

Les concepts

1. L'investissement responsable permet à un investisseur :

a. d'exclure certaines entreprises ou secteurs pour des raisons éthiques (tabac, armement, pornographie...) ;

b. d'investir dans les entreprises dont le comportement est jugé responsable au terme d'une analyse fondée sur des critères variables (impact réduit sur l'environnement, qualité des conditions de travail ou des relations entretenues avec les communautés locales, capacité à allier performance sociale, environnementale et économique) ;

c. de faire pression sur les entreprises afin de faire évoluer leur gestion ;

d. de choisir des entreprises qui sont en adéquation avec ses valeurs ;

e. d'avoir un impact positif sur la société ;

f. d'assurer une meilleure gestion du risque ;

g. toutes ses réponses.

2. Le concept de triple bilan (triple bottom line) fait référence à :

a. l'environnement, le social et l'économie ; la combinaison de ces trois éléments formerait la condition sine qua non à un développement durable de l'économie ;

b. la présentation de trois rapports spécifiques pour les parties prenantes suivantes : les actionnaires, les clients et les employés ;

c. la présentation des résultats financiers de l'entreprise trois fois par année au lieu de quatre.

3. Que signifie le sigle ESG ?

4. L'analyse extrafinancière fait référence à :

a. la politique de philanthropie d'une entreprise ;

b. l'analyse des risques sociaux, environnementaux et de gouvernance ;

c. l'analyse des risques géopolitiques à l'international ;

d. l'optimisation fiscale.

5. Lequel des énoncés suivants est faux relativement à l'empreinte carbone ?

a. elle mesure les émissions de carbone générées par les activités d'une entreprise ;

b. elle mesure les émissions de carbone agrégées des entreprises composant un portefeuille ;

c. pour calculer l'empreinte carbone d'un portefeuille, on pondère les émissions de carbone que génèrent les entreprises de ce portefeuille et le nombre d'actions ou d'obligations détenues dans chaque entreprise ;

d. un portefeuille qui comporte plus de titres d'institutions financières aura forcément une empreinte carbone plus faible qu'un portefeuille qui compte plus de titres d'industries extractives.

6. La décarbonisation d'un portefeuille fait référence à :

a. la décision de se départir d'investissements dans les entreprises de son portefeuille qui ont les empreintes carbone les plus élevées ;

b. la demande à une entreprise, dans laquelle on a investi, de revoir ses processus de production pour qu'ils soient moins polluants ;

c. la captation des émissions de GES des entreprises d'un portefeuille pour les enfouir sous la terre ;

d. toutes ces réponses.

7. L'engagement actionnarial

Pour quel enjeu spécifique Air Transat et Delta Airlines estiment-elles le dialogue avec leurs investisseurs particulièrement constructif ?

a. les émissions de GES issues de leurs activités ;

b. l'exploitation sexuelle des enfants dans les lieux touristiques ;

c. la lutte contre le terrorisme et la sécurité des passagers.

8. Vrai ou faux ?

Un investisseur responsable peut investir dans le secteur des sables bitumineux.

a. Vrai

b. Faux

Quelques chiffres

9. Combien y a-t-il de firmes signataires des Principes pour l'investissement responsable des Nations Unies (UN PRI) dans le monde ?

a. 500

b. entre 501 et 999

c. 1 000 et plus

10. Combien en trouve-t-on au Québec ?

a. entre 10 et 20

b. entre 21 et 30

c. entre 31 et 40

d. 41 et plus

11. Existe-t-il des indices boursiers liés à l'investissement responsable ?

a. Oui

b. Non

12. Quel pourcentage de l'investissement des personnes fortunées de moins de 40 ans dans le monde respecte-t-il des critères d'impact social ?

a. 20 %

b. 40 %

c. 25 %

d. 10 %

Le rendement

13. Laquelle des affirmations suivantes est fausse ?

a. 89 % des études révèlent que le marché récompense les entreprises qui affichent la meilleure performance sociale, environnementale et de gouvernance par l'intermédiaire du prix de l'action ;

b. 85 % des études montrent une corrélation entre une bonne performance sociale, environnementale et de gouvernance et le bénéfice par action ;

c. 75 % des études indiquent que les entreprises qui affichent une bonne performance sociale, environnementale et de gouvernance enregistrent un BAIIA inférieur à celui de leurs concurrents.

14. L'impact des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance sur la performance des titres a mené à quelle action parmi les suivantes ?

a. la Grande-Bretagne, l'Australie, la France et l'Allemagne exigent désormais que les caisses de retraite, les fonds communs de placement et les fonds de dotation dévoilent jusqu'à quel point leurs décisions tiennent compte de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance ;

b. depuis le 1er janvier 2016, les caisses de retraite de l'Ontario doivent indiquer si elles prennent en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leurs décisions d'investissement. Elles doivent aussi expliquer, dans leur énoncé des politiques et des procédures de placement (EPPP), comment elles incorporent les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans leur prise de décision ;

c. le développement d'indicateurs sectoriels par le Sustainability Accounting Standards Board (SASB) des États-Unis. Ces indicateurs permettent à l'investisseur de déceler les facteurs extrafinanciers qui ont un impact important sur le rendement de l'entreprise ;

d. toutes les réponses précédentes.

15. Comment les fonds communs canadiens d'investissement responsable se sont-ils comportés au premier trimestre de 2016 ?

a. ils ont légèrement sous-performé par rapport à l'ensemble des fonds ;

b. ils ont affiché une performance de 15 % supérieure à l'ensemble des fonds ;

c. sur une période d'un an, plus de 70 % des fonds ont enregistré une performance supérieure à l'ensemble des fonds communs de placement.

Mythe ou réalité ?

16. Les choix de fonds d'investissement responsable s'adressent surtout aux investisseurs capables d'absorber un niveau élevé de risque.

a. Vrai

b. Faux

17. Il est impossible de combiner investissement responsable et portefeuille diversifié.

a. Vrai

b. Faux

RÉPONSES

Q1 (g)

Q2 (a)

Q3 Il évoque les critères d'analyse environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Q4 (b)

Q5 (d)

Précisions : les institutions financières peuvent très bien investir dans des industries extractives et d'autres secteurs qui génèrent un taux élevé de GES. L'empreinte carbone inclut les retombées directes et indirectes. Ainsi, la chaîne de valeur d'une entreprise appartenant au secteur des services peut comporter une empreinte carbone élevée.

Q6 (d)

Q7 (b)

Précisions : l'engagement actionnarial consiste pour l'actionnaire à communiquer les préoccupations, à discuter avec la haute direction ou le conseil d'administration et à faire un suivi sur les améliorations possibles dans la gestion de l'entreprise. Ces discussions se traduisent par des questions et des recommandations.

Source : http://www.rrse.org/wp-content/uploads/2011/12/RRSE-Exploitation-sexuelle-des-enfants.pdf

Q8 (Vrai) Précisions : c'est la stratégie «meilleur du secteur». Ainsi, Cenovus et Suncor, par exemple, se qualifient comme des sociétés «meilleures du secteur». Elles affichent une meilleure performance que d'autres sociétés de leur secteur sur le plan des émissions de gaz à effet de serre et d'autres polluants atmosphériques, des pluies acides et du smog urbain. Ces entreprises ont aussi été évaluées comme étant supérieures à leurs homologues en ce qui a trait aux problèmes de santé et de sécurité, à la corruption et aux relations avec la communauté.

Q9 (c) plus de 1 500 firmes.

Q10 (d) 42 membres.

Précisions : 26, dont la Caisse de dépôt et placement du Québec, Addenda Capital, Mercer et SSQ Groupe financier.

Q11 (Oui) Précisions : depuis le début des années 1990, certaines agences de notation extrafinancière se sont associées à des fournisseurs d'indices boursiers pour créer des indices spécifiques qui intègrent des critères sociaux, environnementaux, éthiques et de gouvernance. La sélection des entreprises se fait soit par exclusion en raison de leur secteur d'activité ou de l'exercice de certaines pratiques jugées inacceptables, soit par leur intégration dans l'indice en raison de leur bonne performance extrafinancière. Les indices les plus connus sont le DJSI (Dow Jones Sustainibility Index) et le FTSE4Good... Au Canada, il y a le Jantzi Social Index et le S&P-TSX 60 ESG.

Q12 (b) 40 %. Précisions : 64 % des personnes fortunées de moins de 40 ans prévoient faire plus d'investissement d'impact au cours des prochaines années.

Source : Capgemini, «RBC World Wealth Report 2016», p. 23, worldwealthreport.com

Q13 (c)

Source : «Sustainable Investing: Establishing Long-Term Value and Performance» , Deutsche Bank Group, DB, 2012. https://institutional.deutscheam.com/content/_media/Sustainable_Investing_2012.pdf

Q14 (d)

Q15 (c)

Précisions : sur une période de trois ans, les deux tiers des fonds communs responsables ont affiché une performance supérieure à leur secteur. Sur une période de cinq ans, la moitié des fonds responsables ont surperformé par rapport à la moyenne de leur industrie.

Source : Q1 RI mutual fund performance, Fundata et l'Association pour l'investissement responsable. https://riacanada.ca/wp-content/uploads/2016/04/2016_Q1_RI-Mutual-Funds-Highlights-Final.pdf

Q16 (Faux) Précisions : bien que les fonds qui se consacrent à l'investissement responsable pour les particuliers ne représentent encore que 2 % du marché canadien, l'offre s'avère plutôt diversifiée. On trouve des fonds pour tous les profils de risque.

Q17 (Faux)Précisions : les sociétés qui gèrent en fonction de critères ESG affichent des tailles très diverses et proviennent de tous les secteurs. Les critères ESG apportent une diversification pour ce qui est du profil risque-rendement.

Ce questionnaire a été élaboré en collaboration avec Brenda Plant, experte indépendante, investissement responsable, Ellio, et cofondatrice du site ethiquette.ca.

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