Disney supprime 28 000 emplois

Publié le 30/09/2020 à 11:03

Disney supprime 28 000 emplois

Publié le 30/09/2020 à 11:03

Par AFP
Des employés de Walt Disney World

Quelques employés de Walt Disney World lors de la réouverture du parc d'attractions en juillet dernier. (Photo: Getty images)

Disney a annoncé mardi la suppression de 28 000 emplois aux États-Unis dans ses activités liées aux parcs d'attractions, invoquant l'impact de la pandémie sur ses recettes et particulièrement la fermeture de Disneyland depuis plus de six mois.

Environ les deux-tiers des salariés concernés sont employés à temps partiel, assure Disney, qui comptait 223 000 employés au 31 décembre 2019.

La décision vient de «l'impact prolongé de la COVID-19 sur nos affaires, y compris les réductions de capacité sur les sites, en lien avec la distanciation physique, et les incertitudes sur la durée de la pandémie», justifie le numéro un mondial du divertissement dans un communiqué.

Des incertitudes «exacerbées par le refus de la Californie de lever les restrictions qui permettraient de rouvrir Disneyland», situé à Anaheim, près de Los Angeles, accuse Josh D'Amaro, qui préside chez Disney les activités englobant les parcs d'attractions, les croisières, l'événementiel et les produits dérivés.

Disneyland est le deuxième parc d'attractions le plus visité au monde, derrière Disney World à Orlando (Floride), qui a déjà rouvert en juillet avec une jauge limitée. D'autres parcs Disney ont également rouvert en Asie ou à Paris.

La petite souris attire habituellement des millions de touristes chaque année dans son parc californien, officiellement baptisé «l'endroit le plus heureux sur Terre».

Le parc Disneyland avait initialement prévu de rouvrir progressivement à partir du 17 juillet mais a dû y renoncer faute d'avoir reçu le feu vert des autorités locales, qui ont maintenu en place des restrictions sanitaires en raison d'un regain de l'épidémie de coronavirus.

À ce jour, quelque 805 000 cas de COVID-19 ont été recensés en Californie, l'État américain le plus peuplé.

 

Une chute de 85%

Quand les parcs d'attractions ont dû fermer, comme la plupart des établissements culturels, «nous avions espéré un rapide retour à la normale», note Josh D'Amaro dans une lettre à ses employés.

«Sept mois plus tard, force est de constater que ça n'a pas été possible».

La semaine dernière, M. D'Amaro avait averti le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, que faute «de nous aider à rouvrir», des dizaines de milliers de salariés de Disneyland allaient se retrouver privés d'emploi.

«Plus nous attendons, plus dévastateur sera l'impact» sur les populations locales, avait-il dit, appelant les autorités californiennes à «traiter les parcs d'attractions de la même manière que les autres secteurs».

Bien que la progression de la pandémie se soit stabilisée en Californie, de nombreux secteurs économiques ne sont pas encore autorisés à accueillir du public dans des lieux clos, parmi lesquels les nombreux parcs à thème du sud de l'État.

Le gouverneur Newsom a récemment promis qu'il publierait «prochainement» les critères sanitaires à respecter dans ces domaines d'activité.

D'avril à juin 2020, Disney a récolté 11,8 milliards de dollars de recettes, moitié moins qu'il y a un an. Sur le troisième trimestre de son exercice décalé, l'empire du divertissement a accusé une perte nette de 4,7 milliards de dollars.

Seule sa branche de streaming a réalisé un chiffre d'affaires supérieur à 2019, grâce à la hausse considérable du nombre d'abonnés payants sur ses différentes plateformes (Disney+, ESPN+ et Hulu), dopées par le confinement.

Sur la même période, l'activité des parcs et événementiel a elle plongé de 85%, à 983 millions de dollars.

«Depuis plusieurs mois, notre équipe de ressources humaines a travaillé sans relâche pour éviter de devoir nous séparer de quiconque», a ajouté M. D'Amaro. «Nous avons réduit les dépenses, suspendu des projets importants, mis au chômage technique les comédiens et rendu nos opérations plus efficaces, mais nous ne pouvons pas garder tous nos employés en ouvrant avec des capacités aussi limitées».

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