Sans fil: Cogeco fera son entrée aux États-Unis avant le Canada

Publié le 11/01/2024 à 08:09, mis à jour le 12/01/2024 à 12:44

Sans fil: Cogeco fera son entrée aux États-Unis avant le Canada

Publié le 11/01/2024 à 08:09, mis à jour le 12/01/2024 à 12:44

Par Dominique Talbot

Cogeco Communications a affiché des revenus de 747,7M$, en baisse de 1,9% par rapport à la période correspondante de l’exercice précédent. (Photo: La Presse Canadienne)

À moins d’un retournement de situation, c’est aux États-Unis que Cogeco fera son entrée dans le marché de la téléphonie sans fil, notamment en raison du cadre réglementaire canadien et des négociations difficiles avec le «Big Three», soit Bell, Rogers et Telus.

«Au Canada, il y a un cadre réglementaire qui a été annoncé par le CRTC l’année dernière. Il y a différentes étapes à franchir dont celles de posséder du spectre, de négocier avec les joueurs nationaux et après une période de négociations, il y a toujours une période d’arbitrage qui pourrait être nécessaire pour obtenir des tarifs concurrentiels pour entrer dans le marché», a dit en conférence de presse jeudi matin le président et chef de la direction de Cogeco Communications, Philippe Jetté.

Le problème, dit-il, c’est que les négociations avec les opérateurs nationaux sont longues, et très difficiles.

«Ils [le big three] ne pourraient bouger plus lentement. Cela depuis plusieurs trimestres, voire des années. Oui, nous voudrions plus de coopération et terminer les négociations pour vraiment créer un marché au Canada. Mais nous ne sommes absolument pas là. Ils ne bloquent pas le processus illégalement, mais ils se traînent les pieds partout où ils le peuvent, accuse-t-il, sans pointer une des trois grandes entreprises en particulier. Vous pouvez conclure que les trois sont de la même opinion, à aller lentement, ou encore plus lentement», ajoute-t-il.

«Le cadre réglementaire canadien n’est pas favorable à créer de la compétition et de l’innovation au Canada», affirme Philippe Jetté.

Sans donner d’échéancier précis, c’est donc aux États-Unis que Cogeco devrait d’abord percer ce nouveau marché sur lequel l’entreprise compte pour générer de la croissance, et qui s’ajoutera à son service d’internet.

Au sud de la frontière, Cogeco affirme être en meilleure posture, notamment en raison de l’environnement beaucoup plus concurrentiel qu’au Canada, où plus d’une centaine d’opérateurs virtuels y sont présents, mais aussi parce que les grands joueurs semblent avoir une vision différente que ceux au Canada.

«Les grands joueurs sont non seulement disposés, mais accueillent les ententes commerciales comme des sources additionnelles de revenus pour eux. C’est beaucoup, beaucoup plus facile de se négocier une voie pour entrer dans le marché aux États-Unis», explique le président de Cogeco.

L’entreprise se dit pourtant prête à intégrer le marché au Canada. Au cours du dernier trimestre, elle a fait l’acquisition des licences de spectre au Québec et en Ontario dans le cadre des enchères visant le spectre dans la bande de 3800 MHz, pour un prix d’achat total de 190,3 millions de dollars (M$). Cela s’ajoute au 3500 MHz acquis précédemment.

Avec ces licences, Cogeco affirme couvrir maintenant 100% de la zone de couverture de son réseau à large bande au Canada. Quatre millions de Canadiens habitent dans cette zone d’exploitation, affirme Philippe Jetté, qui évalue ce marché à environ 40 milliards de dollars dans l'ensemble du Canada. Dans cette zone géographique, «plus de 90% des gens en ont besoin [téléphonie sans fil]. Ajouter de la compétition dans le marché est une bonne chose à faire.»

Entrer dans le marché «est beaucoup plus long que ce que nous avions imaginé au début. […] Nous avons démontré qu’on est bon joueur, qu’on remplit les étapes», insiste le haut dirigeant.

 

Baisse des revenus et bénéfices

Rappelons qu’hier en fin de journée, l’entreprise québécoise a présenté ses résultats pour le premier trimestre de l’exercice financier 2024.

Elle a dévoilé un bénéfice de 89,5M$, une baisse de 19,7% qu’elle explique principalement par la hausse des charges financières. Le bénéfice dilué par action s’établit à 2,01$.

Quant au bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA), il s’est élevé à 359M$, une diminution de 2,3%.

Cogeco Communications a affiché des revenus de 747,7M$, en baisse de 1,9% par rapport à la période correspondante de l’exercice précédent.

Par ailleurs, la compagnie a indiqué que sa filiale canadienne de câblodistribution avait de nouveau augmenté son nombre d’abonnés au service Internet. L’ajout net de clients chez Cogeco Connexion s’est chiffré à 10 765. Selon l’entreprise, cette performance s’explique par la combinaison de nouveaux clients provenant de la marque numérique oxio ainsi que de l’expansion du réseau de fibre jusqu’au domicile et d’autres zones d’exploitation.

 

Avec La Presse Canadienne

 

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