Canopy Growth envisage de vendre du cannabis chez Couche-Tard

Publié le 15/03/2019 à 10:38

Canopy Growth envisage de vendre du cannabis chez Couche-Tard

Publié le 15/03/2019 à 10:38

Par La Presse Canadienne
De sjoints, des cocottes de cannabis et une feuille

(Photo: 123RF)

Même si le partenariat entre Canopy Growth (WEED) et Alimentation Couche-Tard (ATD.B) n’en est encore qu’à ses balbutiements, cela n’empêche pas le président et chef de la direction du producteur de marijuana d’avoir les yeux rivés sur la présence internationale de l’exploitant de dépanneurs et de stations-service.


Pour Bruce Linton, il n’est pas impossible que l’alliance annoncée entre les deux compagnies le mois dernier entourant l’exploitation d’une boutique privée, sous l’enseigne Canopy’s Tweed, de vente de cannabis à London, en Ontario, puisse paver la voie à une collaboration élargie entre les deux entreprises.


« Nos visées sont globales et il est difficile d’avoir plus global que (Couche-Tard) en matière de commerce de proximité », a-t-il expliqué, au cours d’une entrevue à La Presse canadienne, dans le cadre de South by Southwest (SXSW), à Austin, au Texas, où il participait à l’une des nombreuses conférences qui se penchent sur l’industrie du cannabis dans le cadre du festival d’innovation et de nouvelles technologies.


Le géant ontarien de la marijuana a récemment fait les manchettes en retenant les services de la reine du foyer Martha Stewart afin d’avoir ses conseils dans le but de développer une nouvelle gamme de produits à base de chanvre.


Toutefois, le grand patron de Canopy Growth n’a pas voulu dévoiler son jeu lorsqu’interrogé sur les débouchés à plus long terme de sa collaboration avec Couche-Tard. Il a rappelé que les deux compagnies vont d’abord se pencher sur l’Ontario, où des boutiques privées destinées à la vente de cannabis à des fins récréatives pourront ouvrir le 1er avril.


Établie à Laval, l’entreprise connue pour son logo au hibou dispose d’un réseau d’environ 16 000 points de vente répartis au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Amérique latine, en Asie ainsi qu’au Moyen-Orient. En sol américain, la multinationale est présente dans presque l’ensemble du pays avec ses 7800 établissements. 


« Nous regardons où le cadre législatif change et cette entreprise exploite beaucoup de magasins, a dit M. Linton. Peut-être que ce ne sera pas pour la vente de produits contenant du tétrahydrocannabinol (THC), mais du cannabidiol (CBD). »


Une étape à la fois


La marijuana elle-même reste illégale en vertu de la loi fédérale aux États-Unis, qui ont récemment adopté le Farm Bill, légalisant la culture du chanvre en tant que source de CBD, un des composés également présents dans le cannabis.


Cependant, il y a encore des zones grises, car l’agence fédérale FDA n’autorise pas non plus la commercialisation des aliments ou les boissons infusées de CBD dans les échanges entre les États. Il existe en outre des différences entre ces derniers quant à la manière dont les produits à base de CBD peuvent être distribués ou à la nature des produits auxquels le CBD est ajouté.


« Ces produits pourraient être achetés fréquemment, a indiqué M. Linton, en rappelant que Canopy Growth avait développé diverses offres de produits spécifiques au CBD dérivé du chanvre. Prenez l’exemple d’un breuvage que l’on consomme après avoir fait du sport, où achetez-vous ces produits? Dans un dépanneur. »


Couche-Tard s’était déjà montrée intéressée à vendre du cannabis dans ses dépanneurs au Canada, mais la multinationale avait calmé ses ardeurs puisque plusieurs provinces, dont le Québec, avaient opté pour le contrôle gouvernemental des ventes aux consommateurs. En septembre dernier, un mois avant la légalisation de la consommation de la marijuana à des fins récréatives au Canada, le président et chef de la direction de Couche-Tard, Brian Hannasch, avait plutôt été prudent dans ses commentaires sur ce dossier. 


Cela n’empêche pas M. Linton de penser que Canopy Growth et Couche-Tard, qui dévoilera ses résultats du troisième trimestre le 19 mars, ont tout à gagner en tissant des liens plus serrés. 


« C’est une compagnie qui veut vendre les meilleurs produits et moi je cherche le meilleur réseau où les vendre, a-t-il analysé. En fin de compte ils pourraient accroître l’achalandage et moi réaliser plus de transactions. »


Quant à la boutique qui doit ouvrir ses portes en Ontario, le grand patron de Canopy Growth a affirmé que l’échéancier du 1er avril « devrait être respecté ». Il n’a pas non plus indiqué si les deux entreprises avaient eu des échanges avec les autres entreprises ayant obtenu les 24 autres permis d’exploitation de magasins de cannabis dans la province.


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