Aramco a réussi à lever 25,6G$ pour son entrée en Bourse

Publié le 05/12/2019 à 11:43, mis à jour le 05/12/2019 à 14:34

Aramco a réussi à lever 25,6G$ pour son entrée en Bourse

Publié le 05/12/2019 à 11:43, mis à jour le 05/12/2019 à 14:34

Par AFP

(Photo: Getty Images)

Le géant pétrolier saoudien Aramco est parvenu à lever 25,6 milliards de dollars pour ce qui va devenir la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire, ont indiqué jeudi à l’AFP deux sources proches du dossier.

Aramco a en effet dépassé les 25 milliards de dollars levés par le groupe chinois du commerce en ligne Alibaba en 2014 lors de son entrée à Wall Street.

Les fonds levés valorisent l’entreprise saoudienne à 1 700 milliards de dollars, loin devant Apple (1 200 milliards), Microsoft (1 140 milliards) et Alibaba (1 051 milliards).

C’est toutefois moins que les 2 000 milliards de dollars visés par le prince héritier Mohammed ben Salmane,surnommé MBS, lors de l’annonce du projet il y a quatre ans. A l’époque Aramco souhaitait lever 100 milliards de dollars et avait dû reporter par deux fois l’opération faute d’obtenir satisfaction.

Le groupe saoudien devrait faire ses premiers pas boursiers sur la place locale, le Tadawul, le 12 décembre en cédant 3 milliards d’actions, soit 1,5 % du capital, au prix unitaire de 32 riyals (8,53 dollars), ont encore dit les sources.

C’est le haut de la fourchette de 30 à 32 riyals que s’était fixée le mois dernier le groupe, alors que les grandes banques conseillant l’entreprise dans cette transaction avaient demandé aux autorités saoudiennes d’être prudentes afin d’éviter les secousses lors des premiers jours de cotation.

Une annonce officielle est attendue ce jeudi.

Surévaluer

Ce sont principalement les Saoudiens qui ont souscrit à cette opération, les grands investisseurs étrangers s’interrogeant sur la gouvernance, la capacité du groupe à protéger ses installations pétrolières et la pérennité de ses bénéfices face au durcissement des politiques environnementales à travers le monde. 

Certains investisseurs étrangers se demandent s’ils auront leur mot à dire sur la gouvernance vu l’emprise du gouvernement saoudien sur l’entreprise, tandis que d’autres jugent Aramco surévalué comparé à des rivaux comme ExxonMobil, Royal Shell Dutch ou encore Chevron.

La semaine dernière, l’entreprise a annoncé que les souscriptions des particuliers, terminées le 28 novembre, avaient atteint environ 11,5 milliards d’euros, avec près de cinq millions de souscripteurs.

Pour inciter les Saoudiens à acheter des titres, de nombreuses initiatives avaient été lancées, comme la facilitation des prêts proposés par les banques et des discours nationalistes érigeant l’investissement en devoir patriotique.

Aramco a également fait miroiter aux investisseurs locaux des promesses de dividendes plus élevés et la possibilité d’obtenir gratuitement d’autres actions s’ils conservent leurs titres un certain temps. Il promet 75 milliards de dollars de dividendes en 2020.

Certaines des familles les plus riches d’Arabie saoudite ont été poussées à investir, notamment le prince milliardaire Al-Walid ben Talal, qui faisait partie des hommes d’affaires enfermés dans l’hôtel Ritz-Carlton de Ryad pendant une vague de répression "anticorruption" de 2017.

Les fonds levés par Aramco lors de son entrée en Bourse doivent servir à financer la diversification d’une économie aujourd’hui ultra-dépendante de l’or noir.

Aramco est le joyau économique de l’Arabie saoudite et produit environ 10 % du pétrole mondial, de sorte qu’acheter des titres de la société revient à faire un pari sur la hausse continue des prix de l’or noir. L’entreprise est considérée comme le pilier de la stabilité économique et sociale du royaume.

Elle n’a toujours pas complètement abandonné son projet de lever des fonds supplémentaires en s’introduisant sur une place financière internationale comme New York, mais ceci repose sur l’accueil qu’elle aura à la Bourse locale.

L’Arabie saoudite a ainsi tout intérêt à voir les prix du pétrole progresser, ce qui pourrait être garanti par une réduction supplémentaire de la production des 14 pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs dix partenaires.

L’OPEP et ces derniers mènent ce jeudi et vendredi à Vienne en Autriche des discussions délicates pour décider s’ils doivent aller un cran plus loin. 

En attendant, Aramco a annulé, pour le moment, les plans d’introduction aux États-Unis, en Europe ou en Asie et renoncé au projet de céder 5 % de son capital.

 

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