Apprendre sur la Bourse grâce au bridge


Édition du 29 Mars 2014

Apprendre sur la Bourse grâce au bridge


Édition du 29 Mars 2014

Par François Rochon

Investir en Bourse a des similitudes avec le jeu de bridge. Comme vous le savez peut-être, un membre de l'équipe de Giverny Capital, Nicolas L'Écuyer, est un grand joueur de bridge (il a été champion canadien à six reprises). Pour réussir au bridge, il faut savoir aborder l'activité avec logique et rationalité. Autre point important : au bridge duplicata, les points marqués ne sont jamais absolus, mais plutôt relatifs à ce que les autres ont réalisé avec une main identique. Comme en Bourse, ce qui compte est le résultat par rapport à la moyenne.

Nicolas se plaît à dire que deux choses importent au bridge : avoir un plan pour jouer une main et toujours favoriser le jeu qui a les meilleures probabilités de réussite. Le fait qu'une décision en particulier ait fonctionné ou non à un moment précis est sans importance si le processus de réflexion était le bon. En d'autres termes, si un jeu a 75 % de chances d'être le bon, il ne faut pas s'en vouloir dans les cas où il ne marche pas.

De plus, lorsqu'on joue dans un club de bridge - qui compte souvent des joueurs de divers niveaux -, il est intéressant de regarder les résultats en fin de soirée. Bien souvent, la meilleure équipe joue pour 60 % et la pire, pour 40 %. Visiblement, la différence n'est pas si importante.

On peut faire rapidement une analogie avec la Bourse : gérer un portefeuille d'actions nécessite un plan précis (une philosophie de sélection de titres) et un processus décisionnel dont les probabilités sont en notre faveur. Si on regarde l'histoire de la Bourse, à long terme, les actions ont rapporté 10 % par année par rapport à environ 5 % pour les obligations et à 3 % pour les bons du Trésor. Ainsi, être investi en actions à 100 % est l'approche statistique la plus favorable. Certains vous diront qu'un portefeuille ainsi constitué aura plus de fluctuations et sera plus «risqué». Il est bien entendu vrai qu'un portefeuille d'actions fluctue, parfois grandement comme nous l'avons vu en 2008-2009. Mais il n'est pas réellement «risqué» si on laisse le temps (et les probabilités) faire son oeuvre.

Accepter la règle du 60-40

D'autre part, il faut accepter la règle du 60-40. Avoir tort 40 % du temps est un bon accomplissement dans des domaines comme le bridge, mais aussi dans le monde de l'investissement en Bourse. En fait, nous avons stipulé il y a plusieurs années, dans notre «règle de trois», qu'il faut accepter qu'une année sur trois nous allions sous-performer les indices et qu'un titre sur trois acquis n'obtienne pas les résultats escomptés.

Mon expérience va dans ce sens. J'investis en Bourse depuis 1993. Quoique mes résultats aient été très satisfaisants, mon portefeuille a moins bien performé que les indices à six reprises, soit 30 % du temps. Lorsque nous sommes conscients de ce fait, nous devenons psychologiquement prêts à vivre les périodes où nous aurons de moins bons résultats que la moyenne. Cela est d'une importance vitale pour l'investisseur.

Il faut donc accepter qu'il soit impossible d'être toujours les meilleurs dans cette activité, même si la compétence et les efforts sont présents.

La «règle de trois» n'est pas linéaire et, surtout, elle est totalement imprévisible. À long terme, la Bourse finit par refléter la juste valeur des entreprises, mais tous les paramètres liés au temps sont inconnus. Peu de gestionnaires et d'investisseurs performent mieux que la moyenne à long terme. Pour y arriver, une qualité est essentielle : l'humilité. Il faut accepter de reconnaître qu'on ne peut pas prévoir la Bourse et l'économie. De même qu'on ne sait pas d'avance quand nos titres, en particulier ou dans leur ensemble, feront mieux que les indices.

Nicolas stipulerait ainsi qu'une des clés pour réussir au bridge est de jouer souvent, ce qui permet de laisser les probabilités prendre le dessus sur le hasard à court terme. La persévérance l'emporte éventuellement sur la chance. Cette qualité est votre meilleur atout !

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