Comment choisir les FNB de votre portefeuille


Édition du 09 Septembre 2017

Comment choisir les FNB de votre portefeuille


Édition du 09 Septembre 2017

Par Raymond Kerzérho

Vous avez besoin d’une stratégie de placement claire avant même de songer à sélectionner des ­FNB.

Il existe 644 fonds négociés en Bourse (FNB) cotés au Canada. La sélection est très vaste pour l'investisseur qui bâtit son portefeuille. Comment faire pour choisir les bons fonds ? Je vous propose ma feuille de route.

Définir votre plan de match

Avant toute chose, vous devez établir votre stratégie. Choisir vos FNB avant cette étape cruciale revient à mettre la charrue devant les boeufs. Votre stratégie vous permettra d'établir les types de FNB qui conviennent à votre situation. La mienne consiste à utiliser de façon optimale le rendement des marchés mondiaux, avec le moins de frais et d'impôt possible. Vous pouvez adopter une recette semblable ou encore axer la vôtre sur les dividendes, les secteurs boursiers, etc. L'important est d'avoir une approche efficace, qui continuera de vous satisfaire au fil du temps.

Structure du portefeuille

Les sites Internet des fournisseurs de FNB contiennent de très bons renseignements sur le portefeuille sous-jacent de chaque fonds. On trouve la répartition par secteur, par pays, par échéance ou par cote de crédit (s'il s'agit d'un FNB d'obligations). Les sites offrent aussi des détails sur la capitalisation boursière des titres en portefeuille, le ratio cours-bénéfice, le ratio cours-valeur comptable et le rendement en dividende. Pour ma part, je recherche un portefeuille pondéré selon la capitalisation boursière et aussi représentatif que possible de l'ensemble du marché. Par exemple, pour les actions canadiennes, je veux un FNB qui comprend toutes les actions liquides non seulement de grandes capitalisations, mais aussi de moyennes et de petites.

Erreur de calquage

Si vous optez pour des FNB indiciels, le portefeuille est transparent, et c'est l'un des principaux avantages de ces fonds. Ainsi, plus le gestionnaire reproduit fidèlement son indice, meilleur il est. Si le rendement s'éloigne trop de l'indice de référence, il n'y a pas d'excuse possible. Par contre, sachez que l'erreur de calquage varie selon la catégorie d'actifs visée. Si elle est très faible pour les meilleurs FNB d'actions et d'obligations canadiennes (parfois moins de 0,10 %), elle est plus prononcée pour les actions et les obligations américaines et internationales en raison des honoraires de gestion plus élevés, des retenues à la source des gouvernements étrangers et des disparités causées par les différences de fuseaux horaires, entre autres. Il est à noter que l'information sur l'erreur de calquage est, elle aussi, très souvent disponible sur la page web de chaque FNB sous la forme d'un tableau comparatif du rendement du fonds et de son indice de référence. Si vous hésitez entre deux FNB indiciels dans la même catégorie, il est préférable de choisir celui qui comporte l'erreur de calquage la plus faible, surtout si l'écart est considérable.

Frais de gestion

Supposons que la valeur de votre portefeuille s'élève à 50 000 $. Si vous payez 0,50 % de plus que nécessaire en honoraires, cela représente un coût annuel supplémentaire de 250 $. Comparez bien les ratios de frais de gestion (aussi identifiés par «MER» ou «Management Expense Ratio» sur la page Internet des fournisseurs) des FNB qui vous intéressent et assurez-vous de ne pas payer trop cher. Gardez à l'esprit que votre portefeuille ressemble en quelque sorte à une petite entreprise : son succès repose en partie sur le contrôle des coûts.

Rendement après impôt

Vous faites vos emplettes avec l'argent qui vous reste après avoir payé l'impôt. L'objectif de votre portefeuille devrait donc être de maximiser votre rendement après impôt afin d'avoir le plus grand montant disponible possible. Selon les circonstances, certains FNB produisent un rendement après impôt plutôt médiocre. L'un des pièges à éviter dans les comptes de placement imposables est d'investir dans des FNB d'obligations à forte prime, c'est-à-dire dont les titres en portefeuille ont un prix largement supérieur à 100 % de la valeur nominale. En de telles circonstances, l'impôt sur le gain en capital peut annuler la quasi-totalité du revenu du portefeuille. Il vaut donc mieux choisir un FNB qui investit dans des obligations dont la valeur est proche de la valeur nominale, ou même inférieure. Par ailleurs, les FNB dont la stratégie exige de fréquents achats et ventes sur les titres en portefeuille donneront probablement lieu à d'importantes distributions de gains en capital sur lesquels les détenteurs devront payer de l'impôt. À l'opposé, la facture fiscale des FNB dont le contenu est relativement stable est moins élevée. En bref, les risques de payer plus d'impôt que nécessaire sont très nombreux, et le choix du bon FNB, selon les circonstances, préservera la rentabilité de votre portefeuille.

Choix des fournisseurs

Le choix d'un ou de plusieurs FNB repose en partie sur la confiance que vous avez dans le fournisseur : réputation, frais de gestion, qualité des produits, type de stratégie. Selon mes critères, les trois plus grands fournisseurs canadiens (iShares, BMO et Vanguard) offrent des FNB comportant les caractéristiques recherchées.

Conclusion

Si vous ne retenez qu'une chose de cette chronique, que ce soit celle-ci : vous avez besoin d'une stratégie de placement claire avant même de songer à sélectionner des FNB. Une fois que cette stratégie est bien établie, la construction du portefeuille, l'erreur de calquage, les frais de gestion, l'impôt et vos préférences parmi les fournisseurs de FNB pourront éclairer votre décision.

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