Une voix rassurante

Publié le 01/08/2014 à 10:14

Une voix rassurante

Publié le 01/08/2014 à 10:14

Par Jean Gagnon

La présidente de la Fed, Janet Yellen. (Photo: Bloomberg)

Sans trop crier gare, les bourses américaines se sont délestées de 2% hier. Le S&P/500 présente donc un bilan négatif de 1,5% pour le mois de juillet. Il demeure toutefois en territoire positif pour l’année avec un gain de 4,5%.

La journée d’hier a probablement réconforté certains ténors de l’analyse financière qui ont bâti leur réputation en prédisant dans le passé la chute des marchés et qui refont surface ces jours-ci annonçant à nouveau une dégringolade imminente des bourses.

Ce fut le cas plutôt cette semaine de Marc Faber, auteur de la lettre financière Gloom, Boom & Doom Report, qui prédit une baisse de 20 à 30% au cours des deux prochains mois.

Toutefois, bien que l’éventualité d’une correction ne puisse être écartée, plusieurs disent même qu’il serait sain qu’elle se produise, la firme de recherche Pavilion Global Markets Ltd se veut rassurante, expliquant que les conditions sont toujours en place pour une poursuite du cycle économique, et par extension du marché haussier (bull market).

D’abord, les cycles économiques sont maintenant plus longs qu’auparavant, notent les analystes de Pavilion. Les trois derniers ont duré 7 ans. Le cycle actuel n’en est qu’à sa 5e année. Il est probable qu’il se prolonge, car la reprise n’a pas été aussi vigoureuse que les précédentes, même si les indicateurs économiques s’étaient encore plus détériorés que lors des récessions précédentes.

Confiance en la Fed

Plusieurs investisseurs semblent craindre que la Réserve fédérale (Fed) commette une erreur et hausse les taux d’intérêt trop tôt mettant ainsi en péril la reprise économique. C’est ce qui explique que les taux d’intérêt à long terme ont baissé depuis que la Fed a commencé à diminuer ses rachats mensuels d’obligations.

Mais ces craintes ne sont pas fondées, selon l’équipe de Pavilion. «À notre avis, la Fed ne tend pas vers une campagne de resserrement agressive», disent-ils. Janet Yellen, la présidente de la Fed, a indiqué clairement que les investisseurs peuvent s’attendre à des hausses de taux plus graduelles que ce qui est normalement la pratique.

De plus, la Fed pourrait être plus tolérante en ce qui concerne l’objectif d’inflation de 2%. Elle pourrait viser un taux de 3% pendant 2 ans afin de récupérer pour les dernières années alors que le taux d’inflation était nettement inférieur à l’objectif. Cela permettrait également de limiter les hausses de taux d’intérêt.

Autre inquiétude, les bourses seraient-elles maintenant trop chères ? Les analystes de Pavilion se sont posés la question. «La période des actions à bon marché est sûrement derrière nous», répondent-ils. Toutefois, le fait que l’évaluation boursière paraisse élevée n’est pas ce qui déclenche un marché baissier (bear market). La cause est plutôt l’éclatement d’une bulle. Et rien n’indique que l’on serait en situation de bulle boursière actuellement, selon eux.

 

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