Un vent baissier souffle sur les pays émergents


Édition du 20 Octobre 2018

Un vent baissier souffle sur les pays émergents


Édition du 20 Octobre 2018

Par Stéphane Rolland

Impossible de parler des marchés émergents sans porter une attention spéciale à la Chine. [Photo: 123RF]

L'ours a déjà rugi dans les pays émergents. Alors que la nervosité monte à Wall Street, les actions des pays émergents sont déjà dans un marché baissier, reculant de plus de 20 % par à rapport à leur sommet de 52 semaines. Elles ont l'air d'aubaines par rapport à leurs semblables de la Bourse de New York, mais le sont-elles vraiment ?

De nombreux vents contraires soufflent sur les pays émergents. Les indicateurs économiques pointent vers un ralentissement de la croissance économique à un moment où l'on se demande si la guerre tarifaire risque d'aggraver les choses.

La normalisation de la politique monétaire par la Réserve fédérale (Fed), aux États-Unis, a des conséquences à l'étranger : elle force les banques centrales locales à considérer à leur tour une hausse des taux pour éviter une dévaluation de leurs devises et donne un élan au dollar américain. Un dollar américain fort représente aussi un facteur de risque pour les entreprises et les gouvernements qui ont contracté des dettes libellées dans cette devise.

Le cocktail a plombé les actions des pays émergents. L'indice MSCI des marchés émergents a perdu 22 % depuis son sommet de 52 semaines et s'échange maintenant à 10,9 fois les prévisions de bénéfice des 12 prochains mois, selon la firme de recherche Yardeni. En comparaison, ce ratio est de 14,8 fois pour le MSCI Monde, de 13,5 fois pour le marché canadien et de 17 fois pour le marché américain. Un investisseur canadien qui aurait acheté le fonds négocié en Bourse (FNB) BMO MSCI marchés émergents (ZEM, 18,16 $) aurait vu ses parts se déprécier de 19 % depuis son sommet du 12 mars.

Des marchés abordables, mais...

Après cette chute, les marchés émergents commencent à être attrayants, juge Jean-Pierre Couture. L'économiste en chef et gestionnaire de portefeuille d'Hexavest pense qu'ils le sont pour un épargnant qui a un horizon de deux à cinq ans. Cependant, ils pourraient encore connaître des revers à court terme, ajoute-t-il. «Pour le moment, notre pondération aux pays émergents est neutre. On attend un meilleur moment pour passer à "surpondérer"«.

À ses yeux, ce moment devrait survenir lorsque les données permettront de mesurer l'ampleur du ralentissement économique. Les exportations des pays émergents ont connu un sursaut, tandis que les entreprises américaines ont voulu augmenter leurs stocks en prévision des tarifs douaniers. Pour le moment, les données subjectives, comme la confiance des entreprises, laissent entrevoir un ralentissement de l'économie. Il faudra attendre les données de l'automne pour avoir un portrait plus clair, poursuit l'économiste.

«Cela dit, les positions des investisseurs institutionnels quant aux actions des pays émergents sont sous- pondérées, dit M. Couture. Il y a donc moins de vendeurs marginaux. Il n'y a pas tant de choses à vendre dans les marchés émergents. Ce n'est pas le cas pour les actions américaines.»

En regroupant différents indicateurs pour évaluer la cherté du marché, Hexavest en arrive à la conclusion que la Bourse américaine se trouve à son neuvième décile d'évaluation (1 étant le moins cher, 10 le plus cher). Pour les pays émergents, cet indicateur arrive au cinquième décile, soit dans la médiane historique.

Clément Gignac, économiste en chef et stratège chez IA Groupe financier, trouve lui aussi que les marchés deviennent plus attrayants, mais prévient qu'ils seront plus volatiles à court terme en raison de la vigueur du dollar américain et de la rhétorique protectionniste de l'administration Trump. «À moyen terme, on sait que la croissance économique, c'est plus là que ça se passe, nuance-t-il. Il y aura une forte progression de la classe moyenne dans ces pays.»

Michel Doucet, de Valeurs mobilières Desjardins, est le moins enthousiaste des trois experts interrogés. Le gestionnaire de portefeuille sous-pondère les actions des pays émergents, qui ne représentent que 5 % du portefeuille d'actions (cible de 10 %).

Selon lui, les éléments défavorables sont trop nombreux : tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis, normalisation de la politique monétaire américaine, hausse du dollar américain qui en résulte et ralentissement de l'économie dans les pays émergents.

Il croit que la montée des tensions entre la Chine et les États-Unis s'installera comme une tendance à long terme, tandis que l'empire du Milieu cherche à retrouver sa dominance sur l'échiquier mondial. Or, i

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