Retour vers le futur: 1999


Édition du 21 Mars 2015

Retour vers le futur: 1999


Édition du 21 Mars 2015

La situation actuelle ressemble à s'y méprendre à celle de la période de 1997-1999 : une politique de stimulation monétaire très vigoureuse était alors appliquée et les marchés avaient décollé. Le dollar américain était en hausse, le budget américain était équilibré et une élection présidentielle se profilait à l'horizon. Tout cela s'est terminé par l'éclatement de la bulle techno, rappelle Richard Jenkins, cogestionnaire, avec Bill Kanko, du Fonds chefs de file mondiaux Black Creek. Il concède toutefois que les signaux sont à un degré moindre qu'alors. Le chanteur Prince dirait «we're gonna party like it's 1999»...

M. Jenkins souligne que les taux d'intérêt à long terme sont maintenus très bas par les politiques des banques centrales. Lorsque ces taux ne bougent plus pour refléter les conditions différentes d'un pays à l'autre, ce sont les devises et les matières premières qui deviennent très volatiles, comme on le voit actuellement : «Cela ne nous rend pas pessimistes à l'égard des actions, mais attendez-vous à des rendements beaucoup plus faibles qu'au cours des cinq dernières années. Vous devriez aussi vous attendre à une forme ou une autre de récession dans les cinq ou six prochaines années. Nous ne savons pas quand ni quelle en sera la cause, mais c'est hautement probable», prévient-il.

Si la chute du prix du pétrole doit être perçue comme une baisse massive d'impôt stimulant la croissance, les hauts niveaux d'endettement des gouvernements et les hausses d'impôt qui en résulteront nuiront à cette croissance.

Richard Jenkins remarque que les cours des titres américains continuent de grimper et leur valorisation augmente encore davantage, au point où les investisseurs en sont rendus à utiliser les évaluations relatives plutôt que les évaluations absolues pour justifier leurs achats.

ll note que les actions américaines représentent désormais près de 52 % des marchés boursiers mondiaux. La dernière fois que cela s'est produit, c'était en 1999 et les choses se sont envenimées durant la décennie subséquente. Il souligne aussi qu'il est rare de voir le marché boursier américain grimper en même temps que le billet vert. «Cela ne durera pas», prévoit-il.

Il n'a pas une mauvaise opinion de l'économie américaine, mais constate que les valorisations des titres américains sont à la limite supérieure à leurs moyennes historiques à long terme. Il calcule que la conversion en dollars américains des bénéfices réalisés à l'étranger par les multinationales américaines causera une baisse de 10 à 20 % de leurs bénéfices totaux. Leurs marges vont donc baisser. Il ne veut tout simplement pas payer une prime pour une société dont le rythme de croissance est appelé à ralentir.

«Nous avons beaucoup plus de difficulté à trouver des titres américains se négociant encore à des cours attrayants. C'est pourquoi nous avons graduellement réduit notre exposition à ce marché de 36,4 %, au 31 décembre 2013, à 30,7 % un an plus tard. Seulement 8 des 30 placements en portefeuille actuellement sont des sociétés américaines. Il s'agit d'un record de plusieurs décennies, mais ce n'est qu'une manifestation de notre conviction que d'autres marchés offrent une meilleure valeur», dit-il.

Asie, Mexique et Europe

Le rendement à court terme du fonds en a pâti, car le marché américain, tel que mesuré par l'indice S&P 500, a généré un rendement de 24 % (en dollars canadiens) en 2014. La classe D du fonds a dégagé un rendement de 3,6 % durant la même période, par rapport à 15 % pour l'indice MSCI Mondial (en dollars canadiens). Elle avait toutefois dégagé des rendements de 41,7 % et de 20,4 %, respectivement, en 2013 et en 2012.

«Il y a des périodes où des changements majeurs à la structure d'un portefeuille s'imposent. Durant ces périodes de transition, un portefeuille semblera déphasé par rapport à ce qui est populaire à court terme dans le marché, et son rendement en sera touché. Mais la préservation à long terme du capital exige de vendre ce qui est devenu cher pour acheter ce qui est bon marché. Outre nos ventes de titres américains, notre exposition aux marchés émergents, à l'énergie et aux devises a aussi contribué à diminuer le rendement du fonds», dit Richard Jenkins.

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