Quel avenir pour les FNB gérés activement?

Publié le 12/03/2015 à 11:48

Quel avenir pour les FNB gérés activement?

Publié le 12/03/2015 à 11:48

Selon Yves Rebetez, directeur général de ETF Insight, les investisseurs doivent mieux comprendre comment les utiliser, et s'assurer que leurs coûts sont raisonnables.

Christian Charest (Morningstar): C'est la semaine des FNB sur Morningstar.ca, et aujourd'hui j'ai le plaisir d'accueillir Yves Rebetez qui est le directeur général du site Web ETF Insight et qui est lui-même analyste de FNB. M. Rebetez, merci d'être avec nous.

Yves Rebetez : Bonjour Christian, merci de votre hospitalité.

CC : Aujourd'hui, j'aimerais qu'on parle des fonds négociés en bourse gérés activement. C'est un segment du marché qui est encore relativement petit, qui n'a peut-être pas grandi au même rythme que ce à quoi on aurait pu s'attendre. Pour commencer, pourriez-vous un peu nous parler de la taille de ce segment du marché?

YR : Alors ce marché, effectivement, c'est un segment très petit par rapport à la totalité des fonds négociés en bourse, au Canada on est environ aux alentours de 80 milliards $ sur la totalité du marché des fonds négociés en bourse, et les fonds administrés de façon active, ce segment n'est environ que de un milliard $ et demi. 

CC : Selon vous, est-ce que la croissance a été égale, supérieure, inférieure à ce à quoi vous auriez pu vous attendre quand ces produits-là ont été introduits il y a quelques années? 

YR : La croissance a été je dirais inférieure. La raison principale pour laquelle ça a été le cas, à mon avis, c'est que les investisseurs canadiens sont habitués en général à faire utilisation des fonds mutuels plutôt que d'aller jeter un coup d'œil, si vous voulez, du côté des fonds négociés en bourse pour une gestion active. Les fonds négociés en bourse, comme vous le savez, de façon générale, à l'origine, ils sont orientés sur de l'indexation qui, principalement, a jusqu'alors toujours des avoirs qui justement sont centrés sur une base de capitalisation (market capitalization) des compagnies. Donc, il n'y a pas une gestion active. La grande majorité des fonds sont toujours administrés sous une gestion passive.

CC : Et les segments où il y a eu une croissance parmi les FNB actifs, ça a été dans des domaines assez restreints, notamment ceux axés sur le revenu.

YR : Exactement. Restreints, et puis concentrés sur des zones où, justement, les investisseurs ont pu voir que le rendement, c'est quelque chose qui joue un rôle, donc les actions privilégiées (il y a un fonds qui détient environ 400 millions de dollars qui est géré de façon active), il y a quelques fonds qui sont gérés de façon plus passive dans ce domaine-là qui ont l'un et l'autre, je crois, un peu plus d'un milliard $, et du côté de la gestion active des obligations, des obligations corporatives en particulier, c'est également un endroit où il y a un gestionnaire qui est disponible par l'intermédiaire des fonds négociés en bourse, ce gestionnaire étant Fiera, comme vous le savez. 

CC : Et quels ont été en moyenne les résultats de ces fonds-là par rapport aux fonds comparables parmi les fonds communs de placement?

YR : Par rapport aux fonds communs de placement en général, je dois dire que la réponse ne me vient pas à l'esprit en ce moment. Par contre, par rapport à leur mandat, si vous voulez, et par rapport aux indices sur lesquels ils peuvent se baser, à mon avis il est effectivement évident qu'ils représentent une solution valable, c'est-à-dire que l'expertise du gestionnaire dans des domaines plus spécialisés, et notamment dans le domaine de l'analyse du crédit, a été valable pour les investisseurs.

CC : D'accord. Et quels ont été les obstacles à la croissance des fonds négociés en bourse gérés activement?

YR : Alors bon, je pense que d'une part, effectivement, il y a le fait que les investisseurs sont très habitués à utiliser des fonds mutuels, mais d'autre part il y a également, il y a peut-être une contradiction, si on veut, d'une certaine façon, entre un fonds géré activement qui se transigerait en bourse par rapport à un fonds mutuel, c'est-à-dire que pourquoi aurais-je besoin de pouvoir transiger dans le fonds en question dans le courant de la journée? Ça, c'est un des éléments. L'autre élément a à voir avec le fait que les gestionnaires actifs ont peut-être un peu de difficulté à vouloir divulguer si on veut au marché les positions dans lesquelles ils se trouvent.

CC : D'ailleurs, c'est une situation qui est différente par rapport aux États-Unis où c'est beaucoup plus restreint.

YR : Effectivement, le Canada est un peu plus flexible par rapport à ça. Aux États-Unis. Jusqu'alors les réglementations son très strictes et ces fonds-là ne sont pas en mesure ou ne veulent pas jusqu'alors divulguer tous leurs avoirs tous les jours, ce qui fait que les lois et les réglementations ne leur permettent pas de venir sur le marché.

CC : D'accord. Et qu'est-ce que vous voyez comme potentiel pour le marché des FNB gérés activement? Pensez-vous que ça va connaître une croissance aussi rapide que d'autres segments du marché des FNB, ou est-ce que vous que ça va demeurer un segment assez marginal? 

YR : Le risque est que ça reste marginal, mais d'un autre côté, à mon avis, on s'en va vers une convergence entre les fonds négociés en bourse et les fonds mutuels d'une façon ou d'une autre, et du fait de la supériorité du véhicule que représentent les fonds négociés en bourse, à mon avis il devra au fil du temps y avoir plus de gestionnaires actifs qui décident de faire un pas dans cette direction et d'essayer d'accéder aux investisseurs de cette façon-là.

CC : Il y a plusieurs façons de définir la gestion active. Certains fournisseurs de fonds définissent la gestion active comme étant n'importe quoi de différent de l'indexation traditionnelle basée sur la capitalisation boursière, mais en supposant qu'on définit la gestion active comme un fonds géré par un gestionnaire, vous, en tant qu'analyste de FNB, qu'est-ce que vous considérez qui est la valeur de ces FNB-là pour l'investisseur moyen? Est-ce que c'est quelque chose que vous recommanderiez à l'investisseur moyen? 

YR : Je le recommanderais tant que les coûts qui y sont associés sont favorables pour l'investisseur, et également peut-être que l'accès que l'investisseur obtient est un accès qu'il n'arriverait pas à obtenir d'une autre façon, et d'autre part que la stratégie ou les méthodes qu'emploie le gestionnaire actif soient bien expliquées au client et que le client arrive à comprendre la raison pour laquelle la gestion active a effectivement de bonnes chances d'avoir du succès dans le domaine en question.

CC : M. Rebetez, merci beaucoup d'avoir partagé vos idées avec nous aujourd'hui, et pour en savoir plus sur la semaine des FNB sur Morningstar.ca, je vous invite à cliquer sur les liens sous le lecteur vidéo. Merci.

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