Pourquoi le coût réel de détention d'un fonds est important


Édition du 30 Août 2014

Pourquoi le coût réel de détention d'un fonds est important


Édition du 30 Août 2014

Bon nombre d'investisseurs savent que les frais de gestion prélevés à même les actifs d'un fonds de placement sont un facteur déterminant dans son rendement net. Plusieurs d'entre eux se sont d'ailleurs tournés vers les fonds négociés en Bourse (FNB), parce qu'ils se sont rendu compte qu'ils généraient souvent des rendements supérieurs aux fonds gérés activement, en raison de leurs frais de gestion nettement plus faibles.

Ainsi, le ratio de frais de gestion (RFG) médian d'un fonds d'actions canadiennes géré activement est de 2,48 %, selon la base de données PALTrak, de Morningstar Canada. En comparaison, le RFG du iShares S&P/TSX Capped Composite Index, un FNB qui mime passivement l'indice phare de la Bourse canadienne, n'est que de 0,05 %. Ce handicap de 2,43 % est difficile à surmonter pour un grand nombre de gestionnaires : le fonds d'actions canadiennes médian affiche un rendement annualisé inférieur à l'indice composé S&P/TSX pour toutes les périodes de 1 à 25 ans terminées le 30 juin 2014, selon PALTrak.

Ce que la plupart des investisseurs ignorent cependant, c'est que le RFG n'inclut pas le total des commissions et des autres coûts de transaction encourus dans la gestion d'un fonds. Exprimé en pourcentage annualisé de l'actif moyen, ce coût est appelé le «ratio des frais d'opérations» (RFO) (trading expense ratio) et on le retrouve enfoui dans les dernières pages du «Rapport de la direction sur le rendement du fonds», un document que l'on retrouve sur le site www.sedar.com.

De sorte que le coût réel de détention d'un fonds est l'addition de son RFG et de son RFO. Et donc, le rendement net des fonds que les sociétés de fonds publient égale leur rendement brut, moins la somme du RFG et du RFO.

Dans l'ensemble, les frais d'opérations des fonds demeurent modestes, selon une étude de James Gauthier, analyste en fonds communs chez PatrimoineHollis. Cette étude révèle que le RFO médian s'élève à 12 points de base1 (0,12 %) pour plus de 200 fonds ayant un actif de plus de 300 M$ offerts par 16 des plus importantes sociétés de fonds avec des commissions d'entrée ou de sortie (load funds). Ces frais d'opérations ne représentent donc que 4,7 % du coût réel de détention.

Mais l'étude montre que pas moins de 9 % des fonds de plus de 300 M$ d'actifs retenus dans l'analyse affichent un ratio des frais d'opérations de 30 points de base ou plus. Par exemple, le Fidelity Extrême-Orient affichait un ratio de frais d'opérations de 0,74 % au 30 juin. Si on y ajoute son ratio de frais de gestion de 2,66 %, son coût réel de détention passe à 3,4 %. Dans ce cas-ci, ce lourd handicap a empêché le fonds de battre le rendement annualisé de son indice de référence pour les périodes d'un à neuf ans terminées le 30 juin 2014, et ce, bien qu'il ait affiché une performance de premier quartile pour toutes les périodes de 5 ans à 11 ans.

Regarder plus loin que le RFG

«Plusieurs gestionnaires battent leur indice avant les frais, mais peu y réussissent en tenant compte des coûts de détention», constate Dan Hallett, vice-président et directeur, gestion d'actifs, chez Highview Financial Group.

Le fait que les fonds moins coûteux se retrouvent au sommet des palmarès des rendements à long terme montre à quel point il est difficile de justifier de payer des coûts élevés pour la gestion d'un fonds : «Dans les palmarès de rendement d'un à cinq ans, on retrouve des fonds bon marché et des fonds dispendieux, mais dès que la période de détention passe à sept, dix ou quinze ans, on ne retrouve plus qu'un ou deux fonds dispendieux parmi ceux qui affichent les meilleurs rendements. Les gagnants ne sont pas nécessairement les moins chers, mais ils ont tous un coût réel de détention inférieur à la moyenne», note Dan Hallett.

Parmi 30 des fonds étudiés dont le coût réel de détention est le plus élevé, on ne compte pas moins de huit fonds de la famille de fonds AGF, dont cinq se classent parmi les dix fonds les plus coûteux, notamment la Catégorie de titres internationaux AGF (3,35 %) et la Catégorie ressources canadiennes AGF (3,31 %). Faut-il s'étonner que leur rendement sur cinq ans et plus les place presque toujours dans le quatrième quartile ?

1 Un point de base égale un centième de 1 %.

Biographie

Yves Bourget a fait carrière dans l'industrie des valeurs mobilières pendant une vingtaine d'années, notamment à titre de vice-président pour le Québec de Placements Altamira, de 1990 à 1997. Il collabore depuis 2001 à la publication Finance et Investissement, notamment en matière de fonds communs.

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