Pour une meilleure mesure de risque des fonds


Édition du 02 Août 2014

Pour une meilleure mesure de risque des fonds


Édition du 02 Août 2014

Si vous avez déjà consulté l'«aperçu» d'un fonds commun sur le site Internet d'une société de fonds, vous aurez probablement remarqué une section faisant référence à une notation de risque, dont l'appellation varie d'une société à l'autre, mais qui comprend cinq catégories allant de «faible» à «élevé».

Or, à l'heure actuelle, il n'y a pas une méthode uniforme pour classer les fonds dans ces catégories, quoique la méthode élaborée par l'Institut des fonds d'investissement du Canada (IFIC) soit la plus utilisée. Elle fait appel à l'écart-type, une mesure statistique de la variabilité du rendement d'un fonds, pour classer les fonds en fonction du «risque de volatilité».

Dans l'Avis 81-324 publié en décembre dernier, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) ont proposé d'imposer à tous les gestionnaires d'adopter cette méthode sur 10 ans pour classer leurs fonds. Dans le cas d'un fonds existant depuis moins de 10 ans, les données d'un indice de référence seraient ajoutées aux données manquantes. Une catégorie de risque «très élevé» serait aussi ajoutée aux cinq existantes.

«Outre la question de l'uniformité, nous estimons que l'utilisation d'une méthode normalisée favorisera la transparence sur le marché en permettant à des tiers de vérifier de façon indépendante le niveau de risque d'un organisme de placement collectif (OPC) indiqué dans l'aperçu du fonds», peut-on lire dans l'avis. «Nous avons reçu une cinquantaine de commentaires sur ces changements proposés. Ils font actuellement l'objet d'une analyse fine, et une décision est attendue au plus tôt vers la fin de 2014», précise Sylvain Théberge, porte-parole de l'Autorité des marchés financiers.

Il est clair que pour les autorités, l'échelle de risque présentée dans l'aperçu du fonds ne vise qu'à mesurer le «risque de volatilité» d'un fonds, et l'écart-type en constitue la mesure la plus largement acceptée. C'est d'ailleurs cette limitation qui pousse certaines sociétés de gestion à ajouter une mise en garde près de cette échelle, indiquant de consulter le prospectus pour une description détaillée des multiples risques associés à un fonds : risques de concentration, de crédit, de taux d'intérêt (pour les obligations), de taux de change, etc.

«Le problème, avec un indicateur uniformisé de risque comme l'écart-type, c'est qu'il peut laisser croire à l'investisseur qu'il s'agit de la seule mesure de risque dont on doit tenir compte», écrit Scott C. Mackenzie, pdg de Morningstar Canada dans un commentaire sur l'Avis 81-324 remis aux autorités des valeurs mobilières.

Il rappelle que l'écart-type ne fait aucune distinction entre les rendements supérieurs et les rendements inférieurs à cette moyenne, ce qui n'est pas logique pour la plupart des investisseurs, pour qui le «vrai» risque est la probabilité et l'ampleur de pertes potentielles de leur capital.

«La valeur conditionnelle exposée au risque (VCER) est une mesure qui résume à quel point ces pertes peuvent être importantes. Cette mesure jouit d'une grande et croissante popularité auprès des investisseurs institutionnels et deviendra sans aucun doute plus populaire auprès des particuliers», poursuit Scott Mackenzie. Étrangement, Morningstar ne prévoit pas, dans l'immédiat, inclure cette mesure dans les rapports sur les fonds qu'elle met à la disposition du public sur son site Web.

Un autre indicateur clé

Souvent, les titres en portefeuille sont un aussi bon indicateur du risque d'un fonds que sa volatilité. Le cas des fonds de revenu à taux variable, très à la mode, est révélateur. Ces fonds investissent dans des prêts à taux variable de courte échéance émis par des sociétés dont la note de crédit spéculative varie en général de BB à B. La plupart de ces fonds affichent la cote de risque de volatilité «faible à moyen».

Or, les versions en dollars américains du Fonds de revenu à taux variable Trimark et du Fonds de revenu à taux variable BMO-Conseiller ont généré des pertes de 42,1 % et de 58,1 %, respectivement, en 2008, alors que la crise financière atteignait son paroxysme. Certes, les deux fonds ont rebondi de 54,4 % et 77 % dès l'année suivante. Malgré ces rebonds, leurs rendements annuels composés respectifs ne sont que de 2 % et de -1,3 % pour la période de sept ans terminée le 30 juin 2014.

«C'est un échec général du système de classification de risque accepté dans l'industrie qu'une notation de "Risque moyen" soit accolée à un fonds qui vous fait perdre la moitié de votre argent et qui prend aussi longtemps pour se remettre à flot. En ne se basant que sur l'historique des trois dernières années, le nouveau Fonds de revenu à taux variable O'Leary se voit accoler une notation de risque "Faible"», déplore Dan Hallett, vice-président et directeur, Gestion d'actifs, chez HighView Financial Group.

Bref, la classification d'un fonds selon le risque de volatilité n'est pas une panacée, et ne vous dispense pas de vous renseigner sur la nature des placements qui le composent.

Biographie

Yves Bourget a fait carrière dans l'industrie des valeurs mobilières pendant une vingtaine d'années, notamment à titre de vice-président pour le Québec de Placements Altamira, de 1990 à 1997. Il collabore depuis 2001 à la publication Finance et Investissement, notamment en matière de fonds communs.

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