«On ne peut pas complètement s'immuniser contre une hausse des taux» - Frédéric Hoogveld, chef des spécialistes de l'investissement chez Amundi


Édition du 01 Octobre 2016

«On ne peut pas complètement s'immuniser contre une hausse des taux» - Frédéric Hoogveld, chef des spécialistes de l'investissement chez Amundi


Édition du 01 Octobre 2016

Par Stéphane Rolland

Vous développez des filtres afin de réduire le risque d'un fonds commun à haut dividende. Comment réduit-on le risque dans cet univers ?

Il y a deux problématiques concernant l'indice MSCI à haut rendement du dividende. D'abord, sa concentration est plus importante que celle du marché dans son ensemble. Depuis quelques années, nous avons constaté qu'il y a plus de sociétés dont le dividende est à risque qu'auparavant. Il y a plus d'entreprises qui s'endettent afin de payer leurs dividendes. C'est le cas dans le secteur de l'énergie. Une part de notre stratégie est d'investir dans des sociétés de qualité. C'est-à-dire celles qui ont un bilan solide et dont le taux de distribution est soutenable. Ensuite, nous portons également une attention à diversifier notre portefeuille lorsque nous le construisons.

Une augmentation des taux d'intérêt représente un risque pour les titres à dividendes élevés. Comment l'éviter ?

Nous mesurons la sensibilité de chaque entreprise à une hausse des taux d'intérêt. Mais on ne peut pas être complètement immunisé contre une hausse inattendue des taux d'intérêt.

Pour réduire le risque, les FNB qui reproduisent un indice à «faible volatilité» sont populaires. Curieusement, ces fonds ont connu une forte progression au cours des dernières années. Sont-ils plus vulnérables qu'on ne peut le croire ?

Je ne peux pas dire si les produits de mes collègues sont plus risqués. Toutefois, il est vrai que les stratégies à faible volatilité ont connu une bonne performance au cours des dernières années. Des études ont démontré que la prime à la faible volatilité est liée à une forte sensibilité aux taux d'intérêt. En investissant dans ces titres, vous pourriez vous exposer davantage au risque d'une hausse des taux d'intérêt.

Vous concevez des filtres pour réduire votre exposition au carbone. L'investissement responsable est-il une affaire de valeur ou peut-il être rentable ?

Nos clients veulent réduire l'empreinte carbone de leur portefeuille pour différentes raisons. L'an dernier, la revue Nature a publié une étude qui porte à réflexion. On y apprend que, pour limiter la hausse de la température mondiale à 2 °C, il faudrait que le tiers du pétrole, 80 % du charbon et 50 % des réserves de gaz naturel restent sous terre. Les producteurs qui ont d'importantes réserves à leur bilan pourront être forcés de dévaluer leurs actifs si les lois deviennent plus sévères. C'est un risque pour leurs actionnaires.

Frédéric Hoogveld, Chef des spécialistes de l'investissement chez Amundi, à Paris

Frédéric Hoogveld est un spécialiste du bêta intelligent et de la mesure de l'empreinte carbone. Il collabore au Fonds de dividende mondial éthique NEI vendu au Canada.

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