Les titres américains de moyenne capitalisation : encore attrayants ?


Édition du 07 Novembre 2015

Les titres américains de moyenne capitalisation : encore attrayants ?


Édition du 07 Novembre 2015

Certains investisseurs à la recherche de rendements se tournent vers les titres américains de moyenne capitalisation, soit ceux dont la capitalisation boursière se situe entre 2 et 10 milliards de dollars américains. Un montant de 10 000 $ US investis dans le S&P MidCap 400 à la fin de décembre 1991 valait 152 804 $ US à la fin de septembre 2015, par rapport à 86 343 $ US si la même somme initiale avait été investie dans le S&P 500.

Une étude1 couvrant la période de février 1981 à septembre 2013 montre pendant ce temps que l'indice S&P MidCap 400 a dégagé un rendement annuel composé de 14,02 %, comparativement à 11,13 % pour le S&P 500, avec des fluctuations de seulement 12,4 % supérieures à celles de ce dernier. La capitalisation moyenne de l'indice S&P MidCap 400 oscille autour de 4,7 G$ US, relativement à 74,3 G$ US pour l'indice S&P 500.

Évidemment, l'indice S&P MidCap 400 a connu des périodes de rendements supérieurs et inférieurs, par rapport au S&P 500 durant cette période de plus de 32 ans. Il a cependant dégagé un rendement supérieur au S&P 500 durant 67 % des 357 périodes mobiles de 3 ans, de février 1981 à septembre 2013. Cela s'est traduit en moyenne par un avantage de rendement annualisé de 5,11 %. Par contre, le rendement du S&P MidCap 400 était en moyenne de 3,08 % inférieur à celui du S&P 500 le reste du temps.

Une rentabilité supérieure ?

Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer le meilleur rendement des titres de moyenne capitalisation. Outre le fait qu'ils combinent la croissance des petites capitalisations à la stabilité financière des grandes, ces titres sont moins couverts par les analystes : la découverte soudaine par plusieurs investisseurs institutionnels d'un titre a généralement pour effet de faire avancer significativement sa cote en Bourse.

La rentabilité supérieure des titres de capitalisation moyenne est aussi souvent citée pour justifier leur rendement supérieur. Ainsi, au cours des trois dernières années, les bénéfices du S&P MidCap 400 ont crû à un rythme annualisé de 13,55 %, par rapport à 10,8 % en ce qui concerne le S&P 500. La projection de croissance des bénéfices du S&P MidCap 400 est à 7,33 % pour les 12 prochains mois, comparativement à 5,86 % pour ceux du S&P 500.

Il est difficile de savoir à l'avance si l'indice S&P MidCap 400 est dans une phase de rendement inférieur ou supérieur. Il a dégagé un rendement annuel composé de 12,4 % pour les trois années terminées le 30 septembre, le même rendement que le S&P 500 au cours de cette période (en dollars américains). Mais son profil risque/rendement2 a été inférieur à celui du S&P 500, tant sur trois ans que sur cinq. Le ratio cours/bénéfice de l'indice S&P MidCap 400 est de 19,73, soit 16 % de plus que sa moyenne des dix dernières années, qui est de 17.

Cette évaluation n'empêche pas Martin Lefebvre, chef des placements et stratège à la Financière Banque Nationale (FBN), de préférer ce segment aux grandes capitalisations dans le marché américain, du moins sur un horizon de trois mois. Il est d'avis que les moyennes capitalisations sont mieux positionnées pour tirer parti de la croissance intérieure des États-Unis. Elles sont aussi mieux isolées de la volatilité des marchés internationaux et des bénéfices moins élevés résultant d'un dollar américain fort.

Pour exécuter cette tactique, Daniel Straus, du groupe recherche et stratégie sur les fonds négociés en Bourse (FNB) à la Banque Nationale, recommande trois FNB cotés à Toronto : l'iShares S&P U.S. Mid-Cap Index ETF (XMC) et sa version couverte contre les fluctuations de la devise (XMH). Ces deux fonds détiennent des unités de l'iShares Core S&P Mid-Cap ETF (UH), coté aux États-Unis, dont l'objectif est de reproduire le rendement du S&P MidCap 400. Les fonds XMC et XMH affichent tous deux un ratio de frais de gestion (RFG) de 0,15 %, par rapport à 0,12 % dans le cas du fonds UH.

Daniel Straus recommande aussi le Questrade Russell US Midcap Value ETF hedged to CAD (QMV). Les titres de l'indice Russell Midcap Value affichent des ratios cours/valeur comptable et des taux de croissance plus bas. Pour participer à ce sous-ensemble, QMV facture un RFG de 0,75 %, soit cinq fois plus que le fonds XMH. Et pourtant, le fonds Questrade détient des unités de l'iShares Russell Mid-Cap Value ETF (IWS), coté aux États-Unis, dont le RFG est de seulement 0,25 %. Payer trois fois plus pour un emballage canadien d'un produit américain, est-ce bien raisonnable ?

1 Michael T. Seeman, Bryant H. VanCronkhite, « The Mid-Cap Opportunity : Hiding in Plain Sight », Wells Capital Management, février 2014. 2 Tel que mesuré par la mesure de Sharpe, qui compare la rentabilité d’un portefeuille à celle d’un placement sans risque.

Le fonds S&P MidCap 400 s'est apprécié beaucoup plus rapidement que le S&P 500 depuis décembre 1991

S&P 500 + 504,6 %

MID CAP 400 + 1 241,5 %

Source : Bloomberg

Fellow CSI, Yves Bourget a fait carrière dans l'industrie des valeurs mobilières pendant une vingtaine d'années, en particulier à titre de vice-président pour le Québec de Placements Altamira, de 1990 à 1997. Il collabore depuis 2001 à la publication Finance et Investissement, notamment en matière de fonds communs.

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