Les actions privilégiées: lumière au bout du tunnel ?


Édition du 14 Novembre 2015

Les actions privilégiées: lumière au bout du tunnel ?


Édition du 14 Novembre 2015

Il y a des occasions dans les actions privilégiées canadiennes, mais il risque d'y en avoir de meilleures dans quelques semaines. En effet, la période de vente à perte à des fins fiscales atteindra son apogée en décembre.

C'est du moins l'opinion de Marc-André Gaudreau, gestionnaire de la Catégorie de rendement d'actions privilégiées Dynamique. Selon lui, même si les actions privilégiées ne sont pas au bout de leur peine, leurs perspectives à moyen et long terme sont positives : «Lorsqu'il y a de la panique dans les marchés, c'est un bon indicateur que des occasions se présentent», dit-il en entrevue.

L'indice d'actions privilégiées S&P/TSX a dégagé un rendement de - 15,81 % (dividendes réinvestis), du 1er janvier au 30 octobre 2015.

Marc-André Gaudreau prévoit que le poids des actions privilégiées de sociétés canadiennes continuera d'augmenter et constituera une partie très importante du portefeuille vers le milieu de décembre. Le fonds a déjà été à proportion égale entre titres canadiens et titres américains, mais le pourcentage de titres américains n'était plus que de 29 % récemment.

Hormis la pression à la baisse qu'exercent les ventes à des fins fiscales, trois autres facteurs vont continuer d'influencer le cours des actions privilégiées, selon lui. Le premier est la politique de taux de la Banque du Canada, elle-même tributaire de l'économie canadienne, dont la Banque a encore revu la croissance à la baisse le 21 octobre.

Si l'économie entrait en récession, la Banque baisserait encore son taux directeur, ce qui aurait un impact sur la courbe des taux d'intérêt et abaisserait la valeur d'anciennes émissions d'actions privilégiées à taux rajusté (rate reset). C'est d'ailleurs ce qui explique en partie la baisse subie par ces titres depuis le début de l'année.

Par exemple, le taux de la série 3 d'actions privilégiées de Trans-Canada Corporation (TRP.PR.B), émise avec un rendement de 4 % en 2010, a été rajusté à 2,15 % le 30 juin dernier, selon une formule prévoyant que ce taux serait celui d'une obligation du Canada de cinq ans à cette date plus 1,28 %. De 25 $ à l'émission, le titre s'est maintenu pendant trois ans avant d'entreprendre une descente qui s'est accentuée depuis le début de 2015 pour atteindre un creux à 11,01 $ le 1er octobre. Il est clair que le fait que le rendement des obligations de cinq ans est passé de 1,71 % en septembre 2014 à 0,87 % en juin 2015 a coulé le titre.

À 11,01 $, un acheteur obtenait donc un rendement de 4,89 %, soit le nouveau dividende annuel de 0,538 $ divisé par 11,01 $. Ce dividende ne sera rajusté qu'en 2020.

Le rendement des nouvelles émissions

Outre leur rendement de dividende, l'attrait de ces titres est en partie fondé sur les anticipations de taux de dividendes plus élevés dans l'avenir, ce qui a pour effet de pousser leurs cours à la hausse : «Lorsque nous évaluons un titre, nous faisons des hypothèses sur ce que pourrait être le taux de dividende au moment où il sera rajusté pour la prochaine période. Les probabilités sont bonnes pour que les taux soient plus élevés dans quelques années», estime Marc-André Gaudreau.

Le deuxième facteur est le rendement offert sur les nouvelles émissions. Pour que les sociétés puissent émettre de nouvelles émissions, elles doivent proposer un rendement attrayant à l'investisseur. Ainsi, les banques canadiennes doivent payer plus cher pour émettre.

«Récemment, lors d'un placement privé de 600 M$, la BMO a dû consentir un taux de 5,85 %. Les actions privilégiées des banques déjà en cours devraient encore baisser de 15 % pour nous donner un tel rendement. Cependant, ce taux de dividende de la BMO est beaucoup plus intéressant que le taux de 3,8 % offert au public lors d'une émission à la fin de mai 2015. En comparaison, les actions privilégiées de banques américaines affichent un rendement de 5,3 %. C'est pourquoi presque tous les titres américains en portefeuille depuis les deux dernières années sont émis par les banques», indique Marc-André Gaudreau. Cela dit, le placement privé de la BMO a été fait auprès d'un investisseur qui n'achète habituellement pas ce type d'actions, une indication positive à ses yeux.

Il calcule que les refinancements se poursuivront au cours des 12 prochains mois dans le secteur financier et celui des services publics, comme les pipelines, qui ont des programmes importants d'expansion.

Les FNB, un facteur à considérer

«C'est difficile de voir le marché des actions privilégiées bien performer lorsqu'il y a tant de nouvelles offres. Mais ce n'est pas le cas de tous les émetteurs», indique Marc-André Gaudreau, qui prévoit une diminution des titres en circulation d'Enbridge et de Brookfield Asset Management, dont les diverses émissions constituaient respectivement 10 % et 7,7 % du portefeuille au 21 octobre dernier.

Le troisième facteur sont les flux d'argent dans deux fonds négociés en Bourse (FNB) d'actions privilégiées, l'iShares S & P/TSX Preferred Shares (CPD) et le BMO échelonné actions privilégiées (ZPR). Ils indiquent l'intérêt des investisseurs pour la catégorie d'actifs.

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