Le pour et le contre des fonds indiciels de rendement total


Édition du 10 Septembre 2016

Le pour et le contre des fonds indiciels de rendement total


Édition du 10 Septembre 2016

[Photo : Shutterstock]

Même en tenant compte de leur coût total de détention potentiellement plus élevé, les fonds indiciels à rendement total dégagent un rendement net d'impôt plus élevé, selon une étude du Groupe de recherche et stratégie sur les fonds négociés en Bourse (FNB) de la Financière Banque Nationale, dirigé par Daniel Straus.

Ces fonds indiciels sont différents en ce qu'ils utilisent des contrats de swap pour mimer le rendement d'un indice plutôt que de détenir directement des titres comme des actions ou des obligations. Dans une telle structure, une contrepartie, généralement une grande banque, s'engage à offrir à une date ultérieure le rendement global d'un indice boursier, comme le S&P/TSX 60, en échange de paiements d'intérêt et peut-être de frais pour le swap.

L'avantage fiscal vient du fait qu'un FNB à rendement total n'est sujet qu'à un impôt sur le gain en capital lors de sa revente, tandis qu'un FNB classique détenant des actions est exposé en plus à un impôt sur les dividendes récoltés. Daniel Straus donne en exemple le rendement après impôt dégagé par le FNB à rendement total Horizons S&P/TSX 60 (HXT), dont le coût total de détention est de 0,03 % (c'est le FNB le moins cher au Canada).

Il prend pour hypothèse que l'indice ne s'apprécie pas durant une année, mais que son rendement de dividende est de 2 % pour un rendement total de 2 %, moins le coût de détention de 0,03 %, ce qui veut dire que le prix du fonds a augmenté de 1,97 %. Le fonds est revendu, et le rendement net d'impôt est de 1,44 %.

Un FNB classique équivalent détenant des actions plutôt qu'un contrat de swap a un coût de détention de 0,06 %. Lorsqu'il est revendu un an plus tard, il n'y a pas d'imposition du gain en capital, car le prix n'a pas augmenté. Par contre, le dividende net de 1,94 % (2 % - 0,06 %) est imposé à un taux plus élevé que le gain en capital, et le rendement après impôt de ce FNB n'est que de 1,18 %, soit un rendement de 0,26 % inférieur au fonds Horizons.

Cet avantage se maintient pour d'autres FNB à rendement total Horizons mimant des indices d'actions étrangères, même si leur coût de détention augmente de beaucoup en raison des frais liés au swap, frais qui n'existent pas dans le cas du fonds HXT.

Ainsi, en reprenant les mêmes hypothèses de rendement et en tenant compte d'un coût total de détention de 0,41 %, le Horizons Indice S&P 500 (HXS) dégage un rendement net d'impôt de 1,16 %, par rapport à 0,89 % pour un FNB classique avec un coût total de détention cinq fois moins élevé, soit de 0,08 %. Dans ce cas-ci, c'est l'impôt sur les dividendes étrangers, taxés comme des intérêts à un taux de 53,53 %, qui change la donne, selon l'exemple de Daniel Straus.

Un différentiel important à long terme

Pour illustrer l'avantage fiscal des FNB à rendement total sur une longue période, le Groupe de recherche pose l'hypothèse d'un indice s'appréciant quotidiennement à un rythme annualisé de 5 % et d'un dividende de 2 % payé à la fin de l'année, et ce, pendant 20 ans. Alors que le dividende est réinvesti en entier sans impôt dans le FNB avec contrat de swap, il fait l'objet d'un impôt annuel dans le FNB détenant des actions, de sorte que seulement la moitié du dividende est réinvesti. Cent dollars investis dans un FNB fondé sur un contrat de swap valaient 323,03 $ 20 ans plus tard, pour un rendement annualisé de 6,01 %, comparativement à 253,88 $ pour un FNB détenant des actions, soit un rendement annualisé de 4,77 %.

Malgré cela, plusieurs gestionnaires de portefeuille n'utilisent pas de FNB basés sur des contrats de swap dans leur portefeuille, notamment en raison du risque associé au fait que la contrepartie pourrait ne pas être en mesure d'honorer son engagement. «Bien que les contreparties à ces swaps soient la plupart du temps la Banque Nationale du Canada, les transactions exigeant une contrepartie ajoutent une dimension de risque en superposant une couche de plus entre l'investisseur et le placement sous-jacent», prévient Peter Guay, gestionnaire de portefeuille chez PWL Capital.

De plus, Peter Guay préfère négocier avec de grandes sociétés bien établies, dont les valeurs reflètent celles de PWL. Horizons est actuellement le seul fournisseur des huit FNB basés sur des contrats de swap au Canada. «Nous préférons travailler avec Vanguard, qui est détenue par ses clients, et avec Dimensional Fund Advisors, dont la rigueur académique reflète aussi nos valeurs. Ces deux sociétés placent l'intérêt de l'investisseur clairement au premier rang», poursuit-il.

Pour Peter Guay, la simplicité est une règle d'or : «Vous ne savez jamais ce que l'avenir vous réserve et comment les règles fiscales ou les structures de marché peuvent évoluer. Dans ce contexte, je préférerai toujours la simplicité à la complexité dans nos portefeuilles, pour minimiser ces risques et ces inconnus», dit-il.

Biographie

Fellow CSI, Yves Bourget a fait carrière dans l'industrie des valeurs mobilières pendant une vingtaine d'années, en particulier à titre de vice-président pour le Québec de Placements Altamira, de 1990 à 1997. Il collabore depuis 2001 à la publication Finance et Investissement, notamment en matière de fonds communs.

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