Le potentiel et le risque que comportent les obligations


Édition du 23 Mai 2015

Le potentiel et le risque que comportent les obligations


Édition du 23 Mai 2015

Le marché obligataire mondial est actuellement plus vulnérable à des pertes qu'il l'a jamais été. En Europe, près du tiers des obligations émises par des États souverains (dette souveraine) affichent maintenant des rendements négatifs. En clair, cela veut dire que ces obligations garantissent une perte à leurs détenteurs s'ils les détiennent jusqu'à leur échéance. Autrement dit, ces détenteurs sont prêts à payer les gouvernements pour que ceux-ci gardent leur argent...

Dans ce contexte, la clé des placements en obligations serait la prise de décision rapide pour tirer parti des occasions qui se présentent en passant de certains titres à revenu fixe à d'autres titres, mais à l'échelle mondiale, car il y a des endroits où les taux peuvent encore baisser et générer des gains. C'est du moins l'opinion de Konstantin Boehmer, gestionnaire du Fonds d'obligations tactique mondial Mackenzie.

«Vous auriez pu faire beaucoup d'argent en achetant, il y a six mois, une obligation du gouvernement suisse affichant un rendement de 0,05 % et qui a pris beaucoup de valeur, alors que son rendement a atteint un creux de - 0,75 %. L'important est de prendre des décisions rapides sur l'endroit où il faut investir et ne pas investir. Ainsi, nous ne détenons plus de titres à long terme suisses, allemands, français, hollandais ou suédois. Ces marchés sont extrêmes. Cela dit, si j'avais la ferme conviction que la Banque centrale européenne allait bientôt acheter des obligations allemandes, ce qui pousserait encore à la hausse le prix de ces obligations (par un déséquilibre entre l'offre et la demande), je les achèterais, même si leur rendement était négatif», dit-il.

Konstantin Boehmer concède que son approche est plus spéculative que l'achat et la détention jusqu'à l'échéance d'obligations canadiennes. En revanche, il trouverait injuste que l'on trouve son approche plus «risquée». C'est qu'il définit le risque par la «volatilité» du fonds ou, si vous préférez, les fluctuations dans sa valeur quotidienne, qu'il qualifie de très basses. Notez que ce fonds n'a été lancé que le 23 avril 2014.

Il affirme que le placement en revenu fixe à l'échelle mondiale n'a pas à être plus volatil que celui qui est fait au Canada. «Tout dépend de ce que vous décidez au sujet du risque des fluctuations du taux de change des monnaies. Environ 85 % du contenu du fonds est couvert en dollars canadiens pour éliminer ces fluctuations. Alors, au lieu d'avoir tous vos oeufs dans le même panier, soit le Canada, vous obtenez un portefeuille diversifié par pays et secteurs, ce qui se traduira par une diminution de la volatilité globale», explique-t-il.

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