Le nouveau roi des obligations


Édition du 17 Octobre 2015

Le nouveau roi des obligations


Édition du 17 Octobre 2015

Le roi est mort ! Vive le roi ! Le roi qui est mort, au sens figuré, est Bill Gross, fondateur de PIMCO, qui a longtemps été considéré comme le gestionnaire d'obligations le plus influent des États-Unis. Il a été remplacé dans ce rôle par Jeffrey Gundlach, fondateur de DoubleLine Capital, couronné King of Bonds (roi des obligations) par l'hebdomadaire Barron's en 2011 et gestionnaire de portefeuille de l'année par la revue Institutional Investor en 2013.

Avant de fonder DoubleLine en 2009, Jeffrey Gundlach a géré pendant 16 ans le TCW Total Return Bond Fund, qui s'est classé dans le 2 % des meilleurs rendements pour la période de 10 ans précédant son départ. Lancé le 6 avril 2010, le DoubleLine Total Return Bond Fund, un fonds commun de placement offert aux États-Unis, a de son côté nettement surpassé son indice de référence et l'ensemble de sa catégorie. Ainsi, pour la période de cinq ans qui s'est terminée le 30 septembre 2015, il a dégagé un rendement annualisé de 5,91 % par rapport à 3,1 % pour l'indice Barclays US Aggregate Bond Total Return Index, avec une volatilité légèrement inférieure à cet indice.

Pour y arriver, Jeffrey Gundlach et son partenaire Philip Barach ont dû adopter une stratégie mettant l'accent sur les titres adossés à des prêts hypothécaires, certains garantis par des organismes comme Fannie Mae et Freddie Mac.

Des questions en suspens

Malgré cette performance et l'historique de gestion de Jeffrey Gunlach, l'analyste Sarah Bush, de Morningstar Research à Chicago, se dit incapable de coter ce fonds. Elle considère que les documents publics soumis aux autorités sont insuffisants pour se faire une idée. Et les responsables de DoubleLine refusent de répondre à ses questions. Pourtant, en 2006, Morningstar avait nommé Jeffrey Gundlach gestionnaire de titres à revenu fixe de l'année, alors qu'il travaillait pour TCW Group.

«Dès son lancement, nous avions des inquiétudes sur la grande utilisation de certains titres qui peuvent générer beaucoup de revenus, mais qui peuvent se révéler très volatils et souffrir de longues périodes de faible liquidité. La pondération de près de 25 % dans ces titres à la fin de 2010 a permis au fonds de générer un rendement courant sur 12 mois de près du double de la catégorie des fonds d'obligations intermédiaires et de propulser le fonds loin devant ses pairs, avec un rendement de 27,7 %», écrit Sarah Bush dans son analyse du 16 juillet dernier.

Elle reconnaît que la proportion dans ces titres oscille désormais entre 4 et 5 % depuis 2012, et que cela s'est reflété dans le rendement moins spectaculaire du fonds. Néanmoins, le fonds a continué à dégager des rendements supérieurs à son indice, année après année, depuis 2011.

Un actif de près de 50 milliards de dollars américains

Très populaire, l'actif de ce fonds atteint désormais 49,6 milliards de dollars américains ! DoubleLine a lancé une version négociée en Bourse, le 23 février dernier. Le SPDR DoubleLine Total Return Tactical ETF (TOTL) a récemment franchi le cap du milliard de dollars américains en actifs sous gestion. Les Canadiens peuvent acheter ce fonds puisqu'il est négocié en Bourse aux États-Unis.

Au 2 octobre, le TOTL était composé de 59,5 % de titres adossés à des créances hypothécaires, par rapport à 28,25 % dans l'indice Barclays US Aggregate Bond. Et il ne compte que 6,5 % d'obligations du Trésor américain, comparativement à 37,5 % dans l'indice Barclays. Le TOTL détient aussi 9,23 % d'obligations de marchés émergents, 4,85 % de prêts bancaires, 7,34 % de titres adossés à des créances hypothécaires commerciales et 3,9 % d'obligations à haut rendement, des titres que l'on ne retrouve pas dans l'indice. C'est presque une tautologie : pour obtenir un rendement différent de l'indice, il faut investir différemment...

L'an dernier, Jeffrey Gundlach a correctement prédit que les rendements des obligations du Trésor américain chuteraient, parce que les pressions inflationnistes étaient inexistantes et que des facteurs techniques, notamment le vieillissement de la population, étaient à l'oeuvre.

M. Gundlach a déclaré en juillet que la Réserve fédérale américaine a, une fois de plus, surestimé la croissance de l'économie des États-Unis. Selon lui, elle veut augmenter les taux, mais elle ne le peut pas. Il ne croit pas qu'une hausse du taux directeur surviendra en 2015.

Entre-temps, les rendements des obligations de 10 ans ont reculé de 2,49 %, le 22 juin dernier, à 1,99 %, le 2 octobre. Encore une fois, le Bond King semble avoir la bonne lecture.

Fellow CSI, Yves Bourget a fait carrière dans l’industrie des valeurs mobilières pendant une vingtaine d’années, en particulier à titre de vice-président pour le Québec de Placements Altamira, de 1990 à 1997. Il collabore depuis 2001 à la publication Finance et Investissement, notamment en matière de fonds communs.

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