La position défensive encore de mise


Édition du 30 Avril 2016

La position défensive encore de mise


Édition du 30 Avril 2016

Avec une pondération de 35 % en liquidités, on peut dire que Robert Swanson, cogestionnaire de la Catégorie de société de répartition de l'actif Cambridge, adopte une position défensive, car la pondération de référence de ce fonds est de 60 % en actions et de 40 % en titres à revenu fixe.

En effet, la croissance mondiale est constamment revue à la baisse, et cela se traduit par une diminution de la croissance des bénéfices : «La croissance de 12 à 15 % des bénéfices comprise dans les évaluations des titres semble inatteignable. Tout au plus pouvons-nous espérer une croissance à un chiffre. Entre-temps, les évaluations ont baissé, certes, mais elles ne reflètent pas encore cette croissance plus lente. Nous avons besoin de voir une augmentation robuste des bénéfices, et cet accroissement doit provenir d'une progression du chiffre d'affaires afin que le marché boursier puisse se maintenir à son niveau actuel, a fortiori avancer de manière soutenue», soutient Robert Swanson, pour qui des évaluations au-dessus de la moyenne et une la croissance inférieure à la moyenne ne font pas bon ménage.

Il rappelle que les bénéfices de l'indice MSCI mondial sont en baisse entre leur niveau de 2011 et d'aujourd'hui, alors que le niveau de l'indice a pratiquement doublé, lorsqu'exprimé en dollar canadien. Or, la moitié de cette appréciation résulte de l'expansion du multiple des bénéfices, et l'autre moitié, de l'effet de la dépréciation du dollar canadien par rapport aux autres devises : «Cela ne correspond pas au rendement durable attribuable à la croissance des bénéfices que nous cherchons. C'est un environnement beaucoup plus risqué», précise-t-il.

Il n'augmentera pas sa pondération en actions tant qu'il ne verra pas d'amélioration des indicateurs économiques et des bénéfices : «Plusieurs indices économiques avancés semblent suggérer une hausse à venir de la production dans le secteur manufacturier [aux États-Unis], mais, pour l'instant, les données montrent encore une contraction. Il se peut que la situation soit en train de se stabiliser, mais nous préférons attendre que cela se confirme», explique-t-il.

La Banque centrale européenne et la Banque du Japon ont clairement énoncé leur intention de poursuivre leur politique monétaire laxiste, y compris des taux d'intérêt négatifs. Par ailleurs, le scepticisme ne fait que croître quant aux quatre hausses de taux prévues par la Réserve fédérale américaine (Fed) en 2016. Certains n'en prévoient plus que deux, alors que d'autres pensent que la Fed sera forcée d'abaisser son taux directeur.

Mais cela ne le convainc guère : «À un moment donné, nous allons nous rendre compte que tout le stimulus monétaire des banques centrales n'a pas eu d'impact majeur sur la croissance économique et que son efficacité ne va que s'amenuisant», juge M. Swanson.

Titres bancaires

Le gestionnaire fait remarquer que les banques américaines ont essuyé des reculs boursiers importants lorsqu'elles ont annoncé l'augmentation de leurs provisions pour pertes, en raison des risques que posent certains prêts consentis à des sociétés énergétiques en des jours meilleurs. Il note que 41 sociétés énergétiques ont déclaré faillite aux États-Unis en 2015 et qu'elles avaient contracté des dettes de 16,7 G $, dont 8,7 G $ seulement étaient garanties.

Or, les banques canadiennes sont également exposées à la faiblesse du secteur énergétique en raison des prêts qu'elles y ont consentis et il est illogique qu'elles soient perçues comme un refuge, selon lui. Les titres du secteur financier ne comptaient que pour 5,4 % du fonds au 29 février. Il ne détient cependant aucune banque canadienne.

Dans le contexte actuel, il est probable qu'une portion des liquidités sera allouée aux obligations. Le fonds détient un mélange d'obligations de société de première qualité et à haut rendement.

Robert Swanson souligne qu'au cours des dernières semaines, l'écart de rendement (spread) entre les obligations gouvernementales et celles de sociétés s'est rapidement élargi, alors que le ralentissement économique se confirmait. Il se prépare à répartir une portion significative de son encaisse en obligations de sociétés de première qualité au fur et à mesure que cet écart s'accentuera.

Le portefeuille couvre environ 70 % du portefeuille en dollars canadiens pour réduire sa volatilité.

Fellow CSI, Yves Bourget a fait carrière dans l'industrie des valeurs mobilières pendant une vingtaine d'années, en particulier à titre de vice-président pour le Québec de Placements Altamira, de 1990 à 1997. Il collabore depuis 2001 à la publication Finance et Investissement, notamment en matière de fonds communs.

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