La difficulté d'obtenir des rendements persistants


Édition du 28 Novembre 2015

La difficulté d'obtenir des rendements persistants


Édition du 28 Novembre 2015

Yves Bourget.

Le rendement antérieur ne se reproduira pas nécessairement. C'est la mise en garde obligatoire qui apparaît en petits caractères sur tout le matériel légal et publicitaire utilisé dans la mise en marché des fonds de placement.

Pourtant, le rendement antérieur est très largement utilisé par les investisseurs dans la sélection des fonds. La capacité à livrer des résultats supérieurs de manière constante sur diverses périodes permet d'espérer que ces rendements sont le fruit de l'habileté plutôt que de la chance.

Or, relativement peu de fonds se maintiennent constamment au sommet, selon le S&P Persistence Scorecard, un bulletin semestriel sur la persistance des rendements des meilleurs fonds communs d'actions américaines gérés activement.

Ainsi, des 682 fonds américains qui se classaient dans le premier quartile par leur rendement annuel au 31 mars 2013, seulement 5,28 % se classaient encore dans ce quartile au 31 mars 2015. Vus par catégories, 3,95 % des fonds de grande capitalisation, 5,26 % des fonds de moyenne capitalisation et 4,67 % des fonds de petite capitalisation se trouvaient encore dans le premier quartile deux ans plus tard.

Il est notable qu'aucun fonds, qu'il soit de petite, moyenne ou grande capitalisation, ne soit demeuré dans le premier quartile durant les cinq ans terminés le 31 mars 2015. Ce qui est d'autant plus remarquable, c'est la persistance des résultats de cette étude. Par exemple, sur les 513 fonds dans le premier quartile au 31 mars 2007, aucun n'y figurait le 31 mars 2011. «Ces chiffres peignent un portrait négatif de la persistance à long terme des rendements des fonds communs de placement», note l'auteur de l'étude, Aye M. Soe, de S&P Dow Jones Indices.

En fait, l'étude montre qu'il y a une certaine probabilité que les fonds affichant les meilleurs rendements deviennent ceux qui enregistrent les pires, et vice versa. Des 427 fonds se trouvant dans le quatrième quartile le 31 mars 2010, 15,93 % sont passés dans le premier en cinq ans, alors que 21,78 % des 427 fonds se situant dans le premier quartile se sont retrouvés dans le quatrième durant la même période.

Aye M. Soe souligne que 36,07 % des fonds qui se classaient dans le quatrième quartile en mars 2010 avaient été liquidés ou fusionnés à d'autres fonds cinq ans plus tard. C'est pourquoi le chercheur a utilisé une base de données préparée spécialement par l'Université de Chicago pour tenir compte des fonds qui sont sortis des classements au fil des années parce qu'ils ont été liquidés ou fusionnés. De ne tenir compte que des fonds encore en existence fausserait le portrait.

Les fonds américains

Les fonds d'actions américaines offerts aux Canadiens ne se comportent pas différemment. Parmi ceux-ci, seulement deux des fonds d'actions américaines avaient réussi à se maintenir dans le premier quartile année après année de 2010 à 2014, selon la base de données Advisor Workstation 2.0 de Morningstar Research.

Ce sont les fonds CIBC indiciel Nasdaq et Scotia indiciel Nasdaq, dont l'objectif est de reproduire le rendement de l'indice Nasdaq 100. Cet indice se compose des 100 plus importantes sociétés non financières cotées au Nasdaq, dont plus de la moitié sont des titres de technologie.

Il est évidemment possible d'être moins exigeant. En cherchant par exemple des fonds d'actions américaines de premier quartile classés par leur rendement annuel composé sur 1, 3, 5, 10 et 15 ans au 31 octobre dernier plutôt que par le rendement année après année. On en trouve seulement quatre sur près de la centaine de fonds d'actions américaines ayant au moins 15 ans d'existence, soit le Dynamique Power Croissance américaine, le Mawer d'actions américaines, le Fidelity Petite capitalisation Amérique et le North Growth US Equity.

D'autres fonds dégagent un rendement de premier quartile sur 15 ans, mais de troisième ou quatrième quartile sur de plus courtes périodes, comme le RBC O'Shaughnessy valeur américaine. Bref, le rendement sur de longues périodes peut masquer des résultats moins reluisants dans les dernières années.

La constance

Ce qui se répète toutefois, c'est que plus la période est longue, moins il y a de fonds qui affichent un rendement supérieur à l'indice. Et il n'est pas certain que ceux qui y sont parvenus puissent y arriver dans le futur.

Et c'est en partie ce constat qui incite certains à se tourner vers des fonds indiciels pour une portion de leur portefeuille, notamment pour les actions américaines, un segment où il n'est pas facile de mieux performer qu'un indice en tenant compte des frais des fonds gérés activement. Il est désormais possible d'obtenir une très large exposition aux marchés américains au moyen de l'iShares Core S&P Total Market ETF (ITOT) pour des frais de gestion de seulement 0,03 %. Pensez-y.

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