Des fonds pour détenir de l'or


Édition du 09 Mai 2015

Des fonds pour détenir de l'or


Édition du 09 Mai 2015

Depuis la crise de 2008, un nombre croissant d'investisseurs songent à inclure de l'or physique dans leur portefeuille. Pour plusieurs conseillers, l'or physique sert à assurer un portefeuille contre des périls économiques et financiers imprévisibles, de la même manière dont on assure sa voiture et son habitation.

Pendant une bonne partie de l'histoire de l'humanité, l'or physique a été un moyen de paiement, au point où l'on peut dire que l'or a été, bien avant le dollar américain, une devise mondiale. D'ailleurs, ce n'est qu'en août 1971 que les États-Unis ont abandonné la convertibilité du billet vert en or.

«Il est recommandé de détenir entre 5 et 6 % d'un portefeuille dans de l'or à titre de police d'assurance. Lorsque cette proportion double, il vaut mieux en vendre pour retrouver le même pourcentage. À l'inverse, si l'or ne vaut plus que 3 % d'un portefeuille, il faut vendre d'autres actifs pour acheter de l'or afin de revenir à la proportion initiale. Si vous faites cela, vous pouvez cesser de vous inquiéter au sujet de l'or», dit Kevin McLean, gestionnaire principal du Fonds de croissance de métaux précieux Sentry.

Plusieurs fonds destinés aux investisseurs

Il y a plusieurs façons de détenir de l'or physique dans un portefeuille. Certains investisseurs achètent directement des pièces ou des lingots auprès d'institutions financières pour les entreposer dans leur coffret de sûreté. Les pièces permettent plus de flexibilité que les lingots lorsqu'il s'agit de revendre une partie de votre or. Les lingots sont plus pratiques pour les sommes importantes.

Toutefois, plusieurs investisseurs préfèrent une façon plus commode de détention. Ainsi, il est possible d'acheter auprès de courtiers en valeurs mobilières des lingots conservés en chambre forte. C'est pratique lorsqu'on veut détenir de l'or dans un REER.

Les divers fonds de placement qui détiennent de l'or physique sont encore plus pratiques. Parmi eux, les reçus de transactions boursières (RTB) de la Réserve d'or canadienne (Tor., MNT) offrent une formule intéressante. Contrairement aux autres fonds, les RTB représentent une propriété directe dans de l'or physique détenu par la Monnaie royale canadienne. Puisque cette dernière est une société d'État, ses obligations à l'égard des RTB sont entièrement reconnues et garanties par le gouvernement du Canada.

On compte trois autres fonds négociés en Bourse (FNB) détenant de l'or, inscrits au TSX. Le plus important est la version cotée à Toronto (IGT) de l'iShares Gold Trust, inscrit à New York (IAU). Son actif se situait récemment autour de 6,3 G $ US.

«Nous aimons ce fonds en raison de son ratio de frais de gestion [RFG] de 0,25 %, ce qui est 37,5 % moins élevé que le RFG de son principal concurrent, le SPDR Gold Shares [GLD], dont le RFG est de 0,40 %. La version torontoise de l'iShares Gold Trust s'achète en dollars canadiens, mais vous restez exposé aux fluctuations du dollar américain», prévient Daniel Straus, chef de l'équipe de recherche sur les FNB à la Financière Banque Nationale.

Si vous êtes d'avis que le dollar canadien va s'apprécier par rapport au dollar américain, Daniel Straus recommande plutôt d'acheter l'iShares Gold Bullion Fund (Tor., CGL). En pratique, son rendement devrait être le même pour un Canadien que celui que réalise un Américain qui détient l'iShares Gold Trust, du moins avant les frais. Justement, c'est là que ça se gâte : à 0,55 %, le RFG de l'iShares Gold Bullion est plus du double de l'iShares Gold Trust.

Il existe aussi des sociétés d'investissement à capital fixe (closed-end funds) spécialisées dans la détention d'or : le Central Gold Trust (GTU.UN) et le Central Fund of Canada (CEF.A), tous deux inscrits au TSX. Ils offrent des versions négociées en dollars américains. Le premier ne détient que de l'or, tandis que le second détient aussi de l'argent.

Contrairement aux autres types de fonds qui émettent de nouvelles parts pour chaque achat, une société à capital fixe émet un nombre limité de parts, parts qui s'échangent entre acheteurs et vendeurs à la Bourse. Or, il y a souvent un écart entre le prix auquel les investisseurs s'échangent ces parts et la «valeur» du fonds, qu'on appelle la «valeur liquidative par part» (VLPP). Pour déterminer cette dernière, la société de fonds calcule la valeur de l'or et des autres actifs du fonds et en soustrait une partie pour se rémunérer. Le montant qui reste est ensuite divisé par le nombre de parts émises.

Ainsi, au 1er mai, la VLPP du Central Gold Trust s'établissait à 53,13 $. Cependant, la part s'échangeait à 50,62 $ à la clôture du TSX, soit à un escompte de 4,7 % par rapport à la VLPP. Pour une raison ou une autre, les investisseurs ne veulent pas payer la «vraie» valeur de la part. Il est possible qu'ils craignent que le prix de l'or ne baisse. Néanmoins, pour ceux qui songent à investir à l'heure actuelle, payer 95,3 cents pour un dollar est tout de même mieux que de payer 1 $ pour 1 $, comme dans le cas des autres fonds de placement. Le ratio de dépenses du fonds est de seulement de 0,36 %.

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