«Ce n'est pas le moment de jouer au héros» - Robert Swanson, gestionnaire du Fonds de répartition de l'actif Cambridge

Publié le 17/12/2011 à 00:00, mis à jour le 31/01/2012 à 10:43

«Ce n'est pas le moment de jouer au héros» - Robert Swanson, gestionnaire du Fonds de répartition de l'actif Cambridge

Publié le 17/12/2011 à 00:00, mis à jour le 31/01/2012 à 10:43

Par Dominique Beauchamp

Avec la crise en Europe qui plane toujours et le ralentissement qui se confirme en Chine, ce n'est pas le moment de jouer au héros en Bourse, affirme Robert Swanson, le nouveau gestionnaire du Fonds Catégorie de société canadienne de répartition de l'actif Cambridge.

M. Swanson considère que les financiers sont trop nombreux encore à miser sur une résolution prochaine de la crise des dettes en Europe et sur l'évitement d'une récession mondiale, pour faire des actions une véritable occasion d'achat.

«La conjoncture exige une approche prudente qui vise avant tout à préserver le capital du fonds. C'est le rendement absolu qui m'intéresse et non le rendement relatif, c'est-à-dire moins perdre que mes semblables», a expliqué le gestionnaire lors d'un récent passage à Montréal.

Des munitions

Le fonds, dont M. Swanson a pris les rênes en septembre, conserve une part élevée de 23 % de son actif en liquidités. «L'encaisse vise à servir de coussin dans un ralentissement économique et de munitions à réinvestir si les Bourses flanchent de nouveau», explique-t-il.

Le mandat flexible du fonds permet à M. Swanson de se distinguer des fonds de sa catégorie qui équilibrent habituellement les actions et les obligations gouvernementales dans leur portefeuille.

Les sociétés, préférées aux gouvernements

Malgré son approche prudente, le fonds ne détient aucune obligation gouvernementale. «Pourquoi acheter ces obligations qui procurent de minables rendements, quand je peux dénicher des rendements plus élevés dans des titres qui, en plus, offrent un potentiel d'appréciation supérieur aux obligations ?» soutient-il.

Le gestionnaire entend augmenter la part des titres en portefeuille qui versent des revenus réguliers, tels que les obligations de sociétés, les actions privilégiées, les obligations convertibles, ainsi que certains titres du secteur de l'énergie qui versent des dividendes élevés. Il donne en exemple Keyera Corp., Inter Pipeline, Pembina Pipeline et Provident Energy.

Les actions qui versent «un revenu» composent le quart du fonds. «Leur rendement stabilise le portefeuille et procure des revenus», dit-il.

Graduellement, M. Swanson compte aussi faire passer de 10 à 30 ou 40 % du portefeuille la part des obligations de sociétés et des obligations convertibles, au cours des prochains mois.

Pour ce faire, il diminuera les placements dans les payeurs plus traditionnels de dividendes, tels que les exploitants de pipelines bien connus comme Enbridge, les fournisseurs de services de télécommunications et les producteurs d'électricité. Ces substituts aux obligations offrent de bons dividendes, mais la popularité de leurs titres en 2011 a gonflé leur valorisation en Bourse.

CGI, Couche-Tard et Cominar dans le lot

Une autre façon d'être prudent est d'avoir des titres de multinationales solides, comme McDonald's.

De 40 à 45 % du fonds se compose des meilleures idées de placement de son collègue Alan Radlo, un autre transfuge de Fidelity Investments, reconnu pour sa sélection de titres individuels.

Trois sociétés québécoises figurent parmi les 15 principaux titres en portefeuille, soit Groupe CGI, Alimentation Couche-Tard et le Fonds Cominar, aux côtés de Shoppers Drug Mart.

On retrouve aussi les géants américains de la santé Bristol-Myers Squibb et Merck & Co., ainsi que les banques JP Morgan Chase & Co et Wells Fargo.

Le Fonds de répartition de l'actif Cambridge a beaucoup de latitude pour adapter la répartition entre les actions et les obligations à la conjoncture et à l'attrait relatif des différents types de placement», dit Dan Hallett, directeur de la recherche et analyste indépendant de fonds, chez HighView Financial.

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