Un tournant pour BlackBerry ?


Édition du 30 Juin 2018

Un tournant pour BlackBerry ?


Édition du 30 Juin 2018

Par Tahar Mansour

­BlackBerry va quitter la production des téléphones pour se concentrer sur les logiciels.

BlackBerry a déjà été une étoile canadienne dans le monde des téléphones dits intelligents, mais, tout comme Nokia, elle a perdu la guerre devant des géants comme Samsung et Apple. L'entreprise a saigné longtemps avant que le cofondateur Mike Lazaridis ne décide de céder le pouvoir. Arriva alors John Chen, bien connu dans le monde de la haute technologie. M. Chen prit une année pour réfléchir avant de laisser tomber un verdict radical et sans appel : Blackberry va quitter la production des téléphones pour se concentrer sur les logiciels.

Aujourd'hui, BlackBerry a complètement changé de visage. L'entreprise est encore très connue, mais dans des niches différentes :

1. Elle a fait son entrée dans la sécurité des véhicules connectés (à Internet et au sans-fil). Son logiciel de sécurité sera notamment installé sur 60 millions de véhicules Ford. L'entente entre les deux entreprises a été signée en 2017. L'entreprise fait aussi de la recherche et des tests sur des solutions pour la voiture autonome.

2. L'entreprise se spécialise de plus en plus dans la cybersécurité, d'où elle tire 81 % de ses revenus. Elle offre des services de consultations en cybersécurité.

3. Elle développe une nouvelle niche : l'Internet des objets (Internet of things ou IoT). Il s'agit tout simplement de connecter des objets à Internet : votre réfrigérateur, votre porte d'entrée, etc. L'entreprise a signé un partenariat avec nulle autre que Microsoft pour sécuriser ses produits.

4. Finalement, le vol et le piratage des données sont des problèmes majeurs pour les entreprises. BlackBerry veut aider dans ce domaine. Ce sera une niche à très haut rendement. Le piratage des données salit le nom des entreprises en plus d'entraîner des recours collectifs et des frais juridiques importants. Les entreprises paient apparemment très cher leurs services de sécurité de leurs données.

Comme l'a souligné M. Chen, BlackBerry n'est plus une entreprise d'objets. Elle est devenue une entreprise d'idées et de cerveaux.

Financièrement, elle est solide. La société génère un flux financier positif, elle est profitable en plus d'avoir 2,2 milliards de dollars d'encaisse et 780 millions de dettes. Son titre se négocie autour de 19 fois les profits et est relativement peu volatil avec un béta de 1,28.

Je pense que le virage de BlackBerry n'est pas terminé, mais l'entreprise est sur la bonne voie pour tout investisseur patient. Le potentiel de croissance semble tout simplement phénoménal.

EXPERT INVITÉ
Tahar Mansour
est économiste, Ph.D. et chargé de cours à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

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