SNC-Lavalin renfloue son bilan de 3,2G$, l'action reste au tapis

Publié le 05/04/2019 à 13:57, mis à jour le 05/04/2019 à 16:09

SNC-Lavalin renfloue son bilan de 3,2G$, l'action reste au tapis

Publié le 05/04/2019 à 13:57, mis à jour le 05/04/2019 à 16:09

Par Dominique Beauchamp

SNC-Lavalin récoltera 3,25 milliards de dollars de la vente partielle tant attendue d’un intérêt dans l’autoroute 407 de Toronto, mais son titre reste au tapis.


Pourtant la vente de 10% de cette autoroute à la caisse de retraite des employés municipaux de l’Ontario met au jour sa valeur.


SNC-Lavalin (SNC, 33,85$) recevra 2,8 milliards de dollars ou 16$ par action après impôt par rapport au coût d’achat de 78 millions de dollars, estime Fréderic Bastien de Raymond James.


Les sommes récoltées rembourseront 600M$ d'une dette d'un milliard de dollars due à une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec et deux débentures totalisant 650M$ qui arrivent à échéance.


SNC-Lavalin a obtenu un taux d'intérêt inférieur qu'avant pour la tranche du prêt de la Caisse, en vertue d'une nouvelle entente.


Pourquoi cette indifférence en Bourse? Outre le fait que SNC-Lavalin est au centre d’une crise politique à Ottawa et amorce ce qui pourrait s’avérer un long procès pour fraude et corruption, la valeur de la vente n’est pas à la hauteur de certaines attentes.


M. Bastien donnait une valeur de 29,70$ à la participation totale de 16,77% de SNC-Lavalin alors que Devin Dodge, de BMO Marché des capitaux, lui accordait une valeur de 30$ par action alors que la vente lui donne une valeur de 27$.


Après la facture d’impôt de 400M$ payable en 2020 et le remboursement des dettes, il restera 1,35G$ à SNC-Lavalin pour potentiellement racheter ses actions et réduire sa dette davantage, soit l’équivalent de 22% de sa valeur boursière.


L’analyste reste neutre envers le titre qu’il évalue à 30$.


«Cette vente n’est pas une étincelle pour le titre. Il est préférable de rester sur la touche. Étant donné les énormes défis d’exécution, les vents contraires à l’étranger et la crise politique et légale au Canada, il est difficile d’imaginer que le titre puisse s’apprécier à court terme», évoque M. Bastien.


Certains investisseurs atttendaient peut-être cette vente pour se délester des actions, croit aussi Yuri Lynk, de Canaccord Genuity.


Un bilan presque sans dette


Un troisième analyste est plus indulgent.


«Le prix obtenu n’est pas optimal, mais adéquat. Le bilan est le grand gagnant de la transaction», écrit Maxim Sytchev, de la Financière Banque Nationale. Sa dette fondra de 2,7G$ à seulement 150M$.


La société redeviendra surcapitalisée pour la première fois depuis le troisième trimestre de 2017, soit avant l’achat d’AW Atkins.


La vente de l’autoroute 407 élimine tout risque du côté du bilan et permet à SNC-Lavalin de préserver sa cote de crédit institutionnelle, pendant une période trouble, ajoute-t-il. Il estimait à 4,62$ par action le boulet de la dette sur le titre de SNC-Lavalin.


Maintenant que la vente est conclue, tous les yeux se tournent vers la performance de ses activités d’ingénierie. La «revalorisation structurelle» du titre exige le retour de bons résultats réguliers, convient l’analyste.


M. Sytchev réitère sa recommandation d’achat et son cours cible de 52$, un objectif 13% plus élevé que la moyenne de 46$ de douze analystes.


M. Lynk estime que les seules économies d'intérêt ajouteront 30 M$ ou 0,14$ aux bénéfices de SNC-Lavalin. Cela se compare au bénéfice prévu de 2 à 2,20$ pour 2019 pour ses activités d'ingénierie-construction.


L'analyste de Canaccord Genuity suggère encore l'achat du titre, et ne touche pas à cours cible de 43$. 

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