Reste-t-il des occasions aux États-Unis ?


Édition du 25 Mars 2017

Reste-t-il des occasions aux États-Unis ?


Édition du 25 Mars 2017

Par Dominique Beauchamp

[Photo: 123rf]

L'occasion d'une génération aux États-Unis, c'était en 2009, lorsque les multiples étaient tombés à un peu plus de 10 fois les profits prévus. Une autre occasion s'est présentée en 2011, lorsque le pouvoir d'achat de notre huard était à son maximum. Après une remontée de 256 % depuis sept ans, reste-t-il des occasions pour les investisseurs ? Nous avons demandé à trois chasseurs de titres de nous confier ce qu'ils pensent des perspectives américaines et de proposer des entreprises qu'ils jugent encore attrayantes.

Facebook, FB

139,86 $ US

Visa, V

90,02 $ US

Mastercard, MA

112,16 $ US

Alaska Air Group, ALK

94,68 $ US

Walgreens Boots Alliance, WBA

84,72 $ US

FedEx, FDX

194,04 $ US

UnitedHealth Group, UNH

168,33 $ US

Alphabet, GOOGL

867,06 $ US

 

Colin Wong

Co-gestionnaire Fonds d'actions américaines Mawer


Son appréciation du marché

La Bourse américaine n'a pas perdu de son attrait aux yeux de Colin Wong, gestionnaire chez Mawer Investment Management.

«Les indices sont à des sommets, mais pas tous les titres. Il y a donc toujours des occasions», dit-il.

Depuis le début de l'année, les meilleurs titres ont bondi de 35 %, les pires ont perdu 20 %, cite-t-il en exemple.

«Une telle déviation de 50 % indique qu'il y a toujours moyen d'ajouter de la valeur à nos portefeuilles en diminuant nos placements dans les titres qui se sont appréciés trop fortement à court terme et en augmentant nos placements dans ceux qui ont été le plus punis», explique le jeune gestionnaire, qui partage la gestion du fonds d'actions américaines avec le gestionnaire principal, Grayson Witcher, depuis cinq ans.

De nouvelles politiques à Washington pourraient raviver l'inflation, ce qui donnerait un coup de pouce bienvenu aux revenus des sociétés assez dominantes pour être capables d'imposer leur prix.

Du même souffle, la baisse promise des impôts de sociétés serait bénéfique à la rentabilité de nos entreprises, ajoute-t-il.

Les dépenses d'infrastructures seront aussi un stimulant économique.

Ce portrait encourageant se bute toutefois aux sommets boursiers, un duel à court terme dont M. Wong se préoccupe peu.

«L'histoire nous dit que, 8 ans sur 10, les Bourses s'apprécient. De plus, les périodes mobiles de 10 ans ont rarement connu un rendement négatif. C'est sur ces fondations que nous concentrons tous nos efforts afin de choisir des créateurs de richesse qui accroissent leurs profits à long terme», confie M. Wong.

Trois coups de coeur

Chaque trimestre, Mawer classe tous ses titres en fonction d'un filtre de qualité et de rendement potentiel pour déterminer quelle place ils méritent en portefeuille.

«C'est une bonne discipline pour venir à bout des biais mentaux qui peuvent s'incruster au fil du temps en faveur de tel ou tel placement», évoque le gestionnaire.

Les créateurs de richesse se trouvent souvent parmi les leaders d'industries ou parmi les acteurs d'oligopoles, car l'avance de ces sociétés ou le partage de leur marché sont souvent gage de marges et de rendements financiers élevés.

M. Wong est toujours aussi à l'aise avec Alphabet/Google (GOOGL, 842,61 $ US), le principal placement en portefeuille dont l'engin de recherche domine et lui procure une rentabilité sans pareille.

«Plus Google se raffine, plus le fureteur bonifie ses données et plus il augmente son avance sur les autres fureteurs», dit-il.

Alphabet ne commence qu'à gratter la surface du potentiel de rentabilité qu'offre YouTube. Si la plateforme vidéo récoltait 10 cents par annonce pour chacun des visionnements quotidiens (et il y en a un milliard), ses profits exploseraient, cite-t-il en exemple.

Alphabet est aussi plus disciplinée qu'avant dans ses dépenses et sa répartition de capital, quitte à abandonner des projets trop onéreux. Depuis 2015, la société accélère aussi ses rachats d'actions.

Et que dire de son encaisse de 80 milliards de dollars américains, qui équivaut au sixième de sa valeur, ajoute M. Wong.

Dans le populaire secteur financier, le fonds de M. Wong compte peu de banques. Ses gestionnaires préfèrent de loin les émetteurs de cartes de crédit Mastercard (MA, 111,06 $ US) et Visa (V, 88,57 $ US), qui voguent sur la croissance mondiale du volume de transactions électroniques.

«Je ne crois pas que les mérites de placement de ces deux sociétés changeront avec l'ère de Donald Trump», ironise M. Wong.

Ces deux titres ne sont certainement pas des aubaines, mais la valeur de leur marque est là pour rester.

Leurs revenus et leurs bénéfices croissent nettement plus rapidement que ceux de la moyenne des entreprises. Le traitement de transactions requiert peu de capital, ce qui procure des rendements élevés à ces sociétés.

Mastercard produit un rendement de l'avoir des actionnaires de 69 %, précise-t-il.

Mawer détient aussi S&P Global (SGGI, 129,93 $ US), une entreprise à trois têtes extrêmement rentable.

Sa division Standard & Poor's partage le marché d'évaluation des titres de dettes avec Moody's et Fitch et lui fournit la moitié de ses profits.

«L'émission de dettes explose partout sur la planète, et les émetteurs ont besoin d'une cote de crédit pour les écouler», explique M. Wong.

La société administre aussi les indices S&P 500 et certains aspects du Dow Jones, ce qui lui fournit des revenus de licence chaque fois qu'un indice de référence ou un fonds négocié en Bourse est créé à l'aide des données de ces deux indices vedettes.

Le troisième pilier est l'agence de recherche et la banque de données sur les entreprises S&P Capital IQ, qui offre ses services par abonnement.

«Son évaluation de 21 fois les bénéfices s'apparente à celle du marché, alors que ses rendements sont nettement au-dessus de la moyenne», indique-t-il, en citant le rendement de l'avoir de 114 %.

Alphabet, GOOGL

867,06 $ US

Gain depuis 12 mois : + 14,8 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 25,9 fois

Croissance des bén. prévue à long terme (3 à 5 ans) : + 16,7 %

Mastercard, MA

112,76 $ US

Gain depuis 12 mois : + 23,2 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 26,5 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 16 %

Visa, V

90,02 $ US

Gain depuis 12 mois : + 22,9 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 26,5 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 17,1 %

S&P Global, SPGI

129,74 $ US

Gain depuis 12 mois : + 34,5 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 21,6 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 11,0 %

 

Stephen Groff

Stephen Groff

Co-gestionnaire du Fonds d'actions américaines Cambridge


Son appréciation du marché

Chez Cambridge Gestion mondiale d'actifs, Stephen Groff dispose de liquidités qui représentent presque le quart de son portefeuille d'actions américaines.

Cette encaisse est élevée depuis des mois parce que les sociétés de qualité à prix raisonnable qu'il recherche se font plus rares, après bientôt huit ans de marché haussier et une autre poussée depuis les élections.

«Personnellement, je trouve que la montée boursière récente reflète un peu trop d'optimisme. Nous sommes prêts à patienter avant de saisir les entreprises qui nous plaisent au prix voulu», explique le cogestionnaire du Fonds d'actions américaines Cambridge depuis 10 ans.

L'été dernier, le portefeuille contenait plusieurs titres financiers et industriels encore attrayants, mais M. Groff a encaissé certains gains depuis.

Les secteurs moins aimés dominent maintenant le portefeuille, car les titres de la consommation, de la technologie et de la santé sont relativement bon marché. En effet, les investisseurs leur préfèrent les industries les plus tributaires de la ré-accélération économique qu'ils espèrent.

La consommation n'est pas seulement un secteur moins chèrement évalué que d'autres : c'est aussi un segment du marché où M. Goff déniche souvent les entreprises à croissance rentable qu'il préfère.

«Nous possédons des sociétés à croissance lente et rapide. Nous ne courons pas les aubaines, mais nous voulons payer un prix juste pour des entreprises bien gérées dont le rendement financier s'accumule au fil du temps, un peu selon le même principe que l'effet de composition des intérêts», souligne M. Groff.

Deux coups de coeur

Parmi ses titres favoris figure le pharmacien et grossiste mondial Walgreens Boots Alliance (WBA, 85,85 $ US), dont le président d'origine italienne, Stefano Pessina, fouette la performance en y instaurant les meilleures pratiques depuis deux ans.

La société compte 13 200 magasins dans 11 pays.

«Stefano est un visionnaire qui apporte au pharmacien américain la culture d'innovation du pharmacien suisse qu'il dirigeait avant sa fusion avec Walgreens, en décembre 2014», raconte avec enthousiasme le jeune financier.

Il cite en exemple le partenariat conclu avec le grossiste AmerisourceBergen (ABC, 90,48 $ US), dont Walgreens a aussi accumulé 15 % des actions.

Non seulement tout est mis en oeuvre pour attirer les clients, optimiser les magasins et contrôler les coûts, mais Walgreens est aussi devenu un bon répartiteur de capital.

Le pharmacien en voie d'absorber la chaîne Rite Aid (RAD, 5,24 $ US) offre un profil attirant de rendement total qui combine croissance interne, acquisitions, dividendes et rachats d'actions.

Quant au risque de la réforme américaine de l'assurance maladie, M. Groff est convaincu que les services de bien-être qu'offre de plus en plus Walgreens font partie de la solution pour diminuer les coûts du système de soins de santé.

Le principal détaillant de pièces d'autos de rechange pour AutoZone (AZO, 721,38 $ US) croît aussi à un bon rythme année après année, dans une industrie encore fragmentée.

«La feuille de route des dirigeants est excellente tant sur le plan de la gestion des coûts que sur celui de la gestion du fonds de roulement, essentielle pour un distributeur. Ils excellent aussi dans la gestion du capital», précise M. Groff.

Un troisième trimestre décevant offre justement l'occasion d'acquérir l'exploitant de 5 800 points de vente à bon prix en ayant à l'esprit que la société doit s'adapter à la hausse du salaire minimum et à la concurrence accrue des ventes en ligne.

Son action s'échange à un multiple de 14,6 fois les bénéfices prévus l'an prochain.

Walgreens Boots Alliance, WBA

84,70 $ US

Gain depuis 12 mois : + 3 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 16,5 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 10,5 %

AutoZone, AZO

732,83 $ US

Perte depuis 12 mois : - 6,12 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 15,5 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 13,2 %

 

Tony Genua

Tony Genua

Gestionnaire du Fonds catégorie croissance américaine AGF


Son appréciation du marché

Même si les marchés voguent près de sommets, Tony Genua, gestionnaire du plus vieux fonds d'actions américaines offert au pays, est convaincu que le mouvement haussier peut durer.

«La croissance économique a été si faible (2 %) depuis la crise, la moitié du rythme habituel, que le cycle est étiré», dit-il. Dans les années 1990, le cycle s'est étendu sur 120 mois, alors que le cycle actuel compte 92 mois.

Un repli est évidemment possible en tout temps mais, s'il y en a un, il devrait être court et modeste.

Sa confiance s'appuie sur la ré-accélération des revenus et des bénéfices après six trimestres de déclin, sur une embellie de la cadence de l'économie mondiale et sur le train de mesures de la nouvelle administration américaine, qui se feront surtout sentir à partir de 2018.

À la marge, les dépenses en infrastructures, la baisse des impôts des entreprises et le rapatriement des liquidités des sociétés à l'étranger stimuleront l'économie au moment où les bilans des entreprises et des consommateurs sont en bon état. La politique de «l'Amérique d'abord» fera sans doute des perdants, mais elle redonne déjà confiance aux dirigeants de petites entreprises et aux consommateurs.

«Tous craignent que la Bourse monte plus vite que les profits, mais je crois que les sceptiques sont encore bien plus nombreux que les optimistes concernant l'impact des promesses de l'administration Trump», avance M. Genua.

Le retour des dépenses des entreprises pourrait aussi raviver la productivité dont l'économie a cruellement besoin pour passer d'un régime de 2 % à un régime de 3 % et plus, espère-t-il.

Dans ce climat plutôt favorable, le gestionnaire reste fidèle à son approche consistant à miser sur des entreprises en forte croissance qui bénéficient d'avantages concurrentiels croissants ou durables.

«Je bâtis un portefeuille diversifié de chefs de file, qui doivent justifier leur place en portefeuille chaque jour. À chaque cycle économique, les leaders changent», dit celui qui gère des actions depuis 35 ans.

M. Genua exige de bons bilans et un cours raisonnable qui tienne compte du taux de croissance. Ainsi, la dette des titres en portefeuille représente en moyenne le quart de leur capital, par rapport au ratio moyen de 41 % pour les entreprises du S&P 500.

Les titres de M. Genua s'échangent en moyenne à un multiple de 20,8 fois les bénéfices prévus en 2017 (18,2 fois pour le S&P 500), mais la progression prévue de 21 % des bénéfices à long terme de ses placements est plus du triple de celle de l'indice.

Ses coups de coeur groupés

Le gestionnaire d'AGF sépare ses placements en trois volets. D'un côté, on trouve les entreprises innovantes dont les produits et services représentent une part sans cesse croissante des dépenses de leurs clients.

Dans cette catégorie, il place les poids lourds qui dominent ou qui bénéficient d'une solide longueur d'avance dans leur industrie.

Chacune à leur façon, Alphabet/Google, Facebook (FB, 137,48 $ US), Amazon (AMZN, 843,99 $ US) et Nvidia (NVDA, 96,43 $ US) ont pris les devants sur la concurrence. Elles ont aussi les compétences et les moyens financiers pour rester les championnes de leur secteur.

«Comme toute entreprise média, Alphabet et Facebook vont mûrir, mais le potentiel de leur écosystème respectif a beaucoup à offrir pour longtemps encore», croit M. Genua.

Nvidia croît à vitesse grand V (hausse de 54 % de ses revenus au dernier trimestre de 2016) parce que nombre de nouvelles applications requièrent ses puces performantes.

«Le marché des automobiles connectées, la réalité virtuelle et l'intelligence artificielle offrent des années de croissance à l'entreprise», dit-il.

Après s'être imposée dans le commerce en ligne et les services infonuagiques, Amazon mise maintenant sur le divertissement (films, séries, musique et jeux) pour fidéliser les clients à son service Prime.

Une deuxième catégorie de titres regroupe des exploitants bien gérés qui bénéficieront de l'accélération économique, tels que le transporteur FedEx (FDX, 194,04 $ US), le fournisseur d'agrégats de construction Vulcan Materials (VMC, 116,21 $ US) et le cinquième transporteur aérien Alaska Air Group (ALK, 94,68 $ US).

Entre ces deux cohortes, le portefeuilliste a choisi des entreprises rentables et en croissance qui se démarquent dans d'autres industries.

Les robots DaVinci Systems pour la chirurgie du fournisseur médical Intuitive Surgical (ISRG, 750,80 $ US) gagnent du terrain.

La société de biotechnologie Celgene (CELG, 126,86$ US) réussit bien avec son produit phare Revlimid, contre le cancer du sang, et avec la mise au point de traitements contre les maladies auto-immunes.

Sa stratégie qui consiste à confier une bonne part de sa recherche et développement aux laboratoires de ses partenaires lui donne beaucoup de souplesse. Son pipeline devrait s'enrichir d'une cinquantaine de produits d'ici 2025.

M. Genua apprécie aussi la discipline du gestionnaire de soins de santé UnitedHealth Group (UNH, 168,33 $ US), qui s'est rapidement retiré de la plateforme d'Obamacare parce que ce n'était pas rentable.

FedEx, FDX

194,04 $ US

Gain depuis 12 mois : + 20 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 15,5 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 12,9 %

UnitedHealth Group, UNH

168,33 $ US

Gain depuis 12 mois : + 35,5 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 17,7 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 14,1 %

Vulcan Materials, VMX

116,21 $ US

Perte depuis 12 mois : + 11 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 28,9 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 25,1 %

Celgene, CELG

126,86 $ US

Gain depuis 12 mois : + 28,5 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 17,5 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 20,8 %

Alaska Air Group, ALK

94,68 $ US

Gain depuis 12 mois : + 17,4 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 11,9 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 11,4 %

Intuitive Surgical, ISRG

750,80 $ US

Gain depuis 12 mois : + 28,9 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 31,9 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 10,6 %

Nvidia, NVDA

107,97 $ US

Gain depuis 12 mois :

+ 221,7 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 31,8 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 9,4 %

Facebook, FB

139,86 $ US

Gain depuis 12 mois : + 25,6 %

Multiple cours-bén. dans 12 mois : 25,8 fois

Croissance des bén. prévue à long terme : + 26,2 %

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