Pourquoi François Parenteau parie sur la Bourse russe et Lukoil


Édition du 05 Mars 2016

Pourquoi François Parenteau parie sur la Bourse russe et Lukoil


Édition du 05 Mars 2016

Par Dominique Beauchamp

François Parenteau, gestionnaire de portefeuille chez Olos Capital.

Pour le chasseur d'aubaines qu'est François Parenteau, d'Olos Capital, l'attrait de la Russie est quasi irrésistible.

«Je ne suis pas un expert de la Russie, mais le cumul d'un pays boudé, d'un président diabolisé, d'une monnaie déprimée et du secteur pétrolier détesté ont éveillé mon réflexe à contre-courant», explique-t-il en entrevue.

Tous ces ingrédients font de ce pays un des placements les plus attrayants parmi tous ceux qui se trouvent au «cimetière» des aubaines, soutient celui qui est aussi gestionnaire du fonds spéculatif Defiance.

Ce type de fonds de couverture classique investit à la fois dans des actions et peut en vendre d'autres à découvert.

Pour frapper l'imagination, le financier compare la valeur boursière totale de 337 milliards de dollars américains des 50 entreprises de l'indice russe Micex à celle de 297 G$ US de la vedette des médias sociaux Facebook (FB, 105,46 $ US).

«Écoutez. Je crois bien qu'on pourrait tous se passer de Facebook, mais que la planète tournerait moins rond sans carburant, au moins pour plusieurs années encore», évoque-t-il d'un ton animé.

La Russie compte 17 % des réserves mondiales de gaz naturel, 9 % de celles d'uranium et 5 % des réserves de pétrole.

Bien qu'un placement dans l'indice russe Micex aurait été une solution toute simple pour parier sur ce marché, M. Parenteau préfère toujours choisir des titres individuels, question de donner plus de valeur aux clients qui ont investi dans le fonds.

L'an dernier, il a donc consacré environ 6 % de son portefeuille à la Russie, dont la pétrolière intégrée Lukoil. Ce deuxième producteur russe est le seul parmi les géants pétroliers du pays dans lequel le Kremlin n'est pas majoritaire.

Le gouvernement possède 50 % de Gazprom et 70 % de Rosneft, par exemple.

L'attrait de Lukoil : on obtient ses réserves de 13,5 milliards de barils équivalent pétrole pour 2,81 $ US chacun, par rapport à 28 $ US pour l'américaine Exxon Mobil, dont la taille des réserves est similaire.

Pessimisme égale occasion

François Parenteau a senti que le fer était chaud l'automne dernier lorsque certains médias ont commencé à évoquer le risque que le plongeon du pétrole rende toute la production des sables bitumineux non économique.

«Après 15 mois de manchettes alarmistes, c'était une manifestation de pessimisme extrême ; celui-ci survient si souvent lorsque les investisseurs projettent dans l'avenir la tendance du moment», explique le financier de 51 ans, établi à Saint-Bruno, en banlieue de Montréal.

Bien que le surplus de production joue un rôle important dans l'établissement du cours du pétrole, M. Parenteau soutient que ce sont surtout les échanges quotidiens entre les investisseurs, et non les utilisateurs de l'or noir, qui «décident ultimement du prix d'une commodité qui n'a pas de valeur intrinsèque comme telle».

Il rappelle d'ailleurs qu'en 2007, les experts voyaient le pétrole, qui s'échangeait alors à 147 $ US le baril, grimper jusqu'à 200 $ US.

Cet investisseur autodidacte estime que la majorité des producteurs produisent à perte actuellement, ce qui devrait éventuellement réduire les surplus.

Une suggestion canadienne dans l'énergie

Cela dit, les placements en Russie comportent des risques élevés. Ce genre de placement ne convient pas à tous les investisseurs, prend soin d'ajouter M. Parenteau, en rappelant qu'il gère un fonds de couverture pour des clients accrédités.

En revanche, il suggère le titre de la canadienne North American Energy (NOA, 2,36 $), dont les services de construction, de transport de matériaux et de remédiation servent les producteurs de sables bitumineux de l'Alberta.

«Certains investisseurs croient que les sables bitumineux vont carrément cesser d'exister, parce qu'ils ne peuvent plus concurrencer le pétrole de schiste aux cours actuels. S'il est vrai que les gisements de schiste sont relativement faciles à mettre en production, leurs réserves s'épuisent rapidement. Les mines de sables bitumineux sont coûteuses à lancer, mais les coûts d'extraction peuvent ensuite s'étaler sur des décennies», explique le financier.

Le gestionnaire n'a que des éloges pour le président de la North American Energy, Martin Ferron, 58 ans, qui a fait de la société le fournisseur offrant le plus bas coût de son industrie.

«Son titre s'échange à un rabais de 60 % par rapport à sa valeur comptable. Pourtant, la société dégage ses meilleures marges depuis 2010, qui sont à 20,7 %. Ce sera sans doute la seule société de son industrie à améliorer ses bénéfices cette année», résume-t-il d'un ton convaincant.

› + 3,1 % : L'indice Micex, qui comprend les 50 principales capitalisations boursières russes, a progressé de 2,5 % depuis le début de 2016. Rendement de l'indice depuis un an : + 3,2 %.

› - 3,7 % : Selon Capital Economics, l'économie russe s'est contractée de 3,7 % en 2015 et elle reculera de 1,3 % cette année.

PROFIL

Lukoil (NY, LUKOY)

› Réserves 13,5 milliards de barils équivalent pétrole

› Valeur de l'entreprise1 38 G$ US

› Valeur estimée par baril en réserve 2,81 $ US

ExxonMobil (NY, XOM)

› Réserves 13,2 milliards de barils équivalent pétrole

› Valeur de l'entreprise1 38 G$ US

› Valeur estimée par baril en réserve 28,00 $ US

1 Valeur boursière plus la dette

Source : Olos Capital

Suivez Dominique Beauchamp sur Twitter @beauchamp_dom

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