Metro: les points forts à retenir de l'assemblée

Publié le 29/01/2019 à 17:18

Metro: les points forts à retenir de l'assemblée

Publié le 29/01/2019 à 17:18

Par Dominique Beauchamp
Une épicerie Metro.

(Photo: 123rf.com)

L’épicier Metro (MRU, 48,67$) a dévoilé de solides résultats au premier trimestre et son patron s’est dit très satisfait de sa performance dans un marché hautement concurrentiel.


«La conjoncture est un peu plus favorable puisque le pire de l’impact de la hausse du salaire minimum et de la réforme des médicaments est derrière nous. En même temps, les consommateurs veulent sans cesse plus de variété, plus de services, à bon prix. Il nous faudra exceller pour continuer de croître», a déclaré le PDG Éric La Flèche aux actionnaires réunis à l’assemblée annuelle, au centre-ville de Montréal.


Si le retour à la normale de l’inflation des aliments a fourni un bon coup de pouce aux revenus, la hausse du salaire minimum en Ontario a gonflé les coûts de 45 millions de dollars.


La hausse de 3,2% des ventes par épicerie comparable provient d’une hausse de 1,8% du prix du panier moyen et d’une augmentation du nombre de transactions.


Au final, Metro a bien tiré son épingle du jeu comme en témoigne le recul de 12,1 à 11,5% des dépenses d’exploitation en proportion des revenus.


La marge brute a aussi augmenté de 19,5 à 19,8%, sans l’effet de l’achat du Groupe Jean Coutu, conclu en mai 2018.


Plus du tiers des synergies en sept mois


L’intégration de Jean Coutu va bon train et a contribué à l’amélioration de 4,2% du bénéfice d’exploitation ajusté du premier trimestre.


En sept mois, l’élimination de chevauchements administratifs et un pouvoir d’achat accru ont déjà procuré des synergies de 28 millions de dollars en rythme annuel, soit 37% des économies promises de 75M$.


Metro et Jean Coutu discutent encore avec des fournisseurs communs. La majorité des économies d’approvisionnement seront réalisées dès 2019.


Dans 12 à 18 mois, le grossiste de médicaments McMahon de Metro rejoindra les locaux du centre de distribution de Jean Coutu à Varennes, ce qui ajoutera davantage à la productivité de cet établissement.


D’ici là, Metro doit encore convertir le système informatique de McMahon et équiper le centre de Jean Coutu pour recevoir le volume de son grossiste.


Amorcée en septembre, la vente croisée de certains aliments Irrésistibles et Sélection chez Jean Coutu et de produits de santé-beauté Personnelle chez Brunet, Metro, Super C et Food Basics devrait s’élargir graduellement, au cours des prochains trimestres. L’effet sur les ventes est pour l’instant mineur.


Retour du capital


Metro ayant déjà remboursé 850 millions de dettes, la société a jugé bon de relever son dividende de 11,1% et de renouveler son programme annuel de rachat d’actions.


«Nous n’avons pas racheté d’actions au premier trimestre parce que nous avons payé 200M$ d’impôts sur la vente de nos actions de Couche-Tard. L’action s’est aussi appréciée en fin d’année. Nous recommencerons éventuellement», a raconté M. La Flèche aux analystes, lors la téléconférence.


De loin le plus grand chantier de Metro - l’agrandissement et l’automatisation d’un entrepôt pour les produits frais dans l’est de Toronto et la construction d’un nouvel entrepôt automatisé dans l’ouest de Toronto pour les produits surgelés - devrait débuter au printemps. Son partenaire technlogique est Witron.


Cet investissement majeur de 400M$ d’ici 2023 ajoutera à la capacité de Metro en Ontario qui en a besoin, élargira l’offre de produits tout en augmentant la productivité.


«Nous prévoyons un bon rendement sur l’investissement» , a assuré M. La Flèche.


Aucun projet du genre n’est prévu pour l’instant au Québec, où le centre de distribution est «convenable» et «productif», mais Metro élabore déjà des plans pour l’avenir.


«Il faut être encore plus efficace et concurrentiel. Avec la nouvelle technologie, on se doit de regarder ça à long terme», a dit le M. La Flèche, lors du point de presse.


L’épicerie en ligne, un service avant tout


Le grand patron ne sent pas le besoin d’accélérer l’expansion de l’épicerie en ligne et du service de livraison à domicile, malgré les offres concurrentes et la menace d’Amazon.



« Notre modèle est bien adapté pour répondre à la demande actuelle et future tout en assurant un niveau d’investissement acceptable »


Éventuellement, si le volume prenait de l’ampleur, Metro aurait besoin d’un centre de distribution dédié, mais «on n’est pas rendu là. Pour le moment, les ventes sont encore modestes et progressent bien. On atteint nos cibles».


Le service en ligne, encore en développement est déficitaire. À mesure qu’il grossira et deviendra plus efficace, «notre plan est qu’il devienne éventuellement rentable pour l’ensemble de l’organisation», a expliqué M. La Flèche à un analyste qui l’interrogeait au sujet des pressions que pourrait exercer le service en ligne sur les marges à plus long terme.


Le service en ligne sera offert dans la grande région de Toronto sous peu.


Pas d’épicerie en ligne chez Super C


Dans la même veine, Metro n’entend pas suivre l’exemple de son rival à escompte Maxi qui offre l’épicerie en ligne.


«Le facteur-prix est plus important pour le client-type de Super C alors que notre modèle vise surtout à accommoder les clients de Metro qui recherchent l’aspect pratique de la livraison à domicile», a évoqué le dirigeant.


En Bourse, l’action de Metro a légèrement fléchi mardi, car les résultats ajustés n’ont pas été à la hauteur de certaines attentes.


Il faut dire qu’après un bond de 17,6% en 2018, son évaluation est déjà 13% supérieure à sa moyenne depuis 5 ans. Son titre a servi de refuge pendant la chute boursière de la fin de 2018.


Son action est aussi nettement plus chèrement évaluée que celles de ses rivales Loblaw (L, 63,41$) et Empire (EMP.A, 29,59$), en raison de ses rendements financiers supérieurs.


Avant les résultats, Vishal Shreedhar de la Financière Banque Nationale, avait d'ailleurs gonflé son multiple d’évaluation davantage pour hisser le nouveau cours-cible de 46 à 49$.


 

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