Metro: les faits saillants de la conférence avec les analystes

Publié le 21/11/2018 à 14:33

Metro: les faits saillants de la conférence avec les analystes

Publié le 21/11/2018 à 14:33

Par Stéphane Rolland

La direction de Metro (MRU) a fait le point sur l’intégration du Groupe Jean Coutu, l’inflation alimentaire et sur ses projets dans le commerce en ligne, lors d’une conférence avec les analystes dans le cadre de ses résultats du quatrième trimestre. Avant la rencontre téléphonique, l’épicier montréalais a dévoilé des résultats relativement conformes aux attentes des analystes. Voici les points saillants de la conférence.


La concurrence et l’inflation


L’industrie de l’épicerie demeure très concurrentielle, mais la pression ne semble pas s’être accentuée pour Metro, selon les commentaires d’Eric La Flèche,le PDG. «C’est (un marché) très promotionnel et très concurrentiel, répond-il à un analyste. Personne ne cède un pouce. Je dirais par contre que l’intensité de la concurrence dans les prix affichés en circulaire est stable.»


Metro a dévoilé que l’inflation avait été de 0,8% durant le quatrième trimestre. Le transport est un des éléments importants qui a contribué à l’augmentation des prix, a-t-il précisé au cours de la conférence téléphonique.


Le commerce en ligne


Marginal dans les activités de Metro, le commerce en ligne n’est pas rentable, pour l’instant. Un projet pilote a lieu au Québec. «Ça reste un investissement pour nous, explique M. La Flèche. Ça ne contribue pas à augmenter le bénéfice, mais nous sommes sûrs qu’au fil du temps, à mesure que nous peaufinons notre modèle, les économies d’échelle nous permettront de nous y rendre (à la rentabilité). Nous n’y sommes pas encore pour l’instant. »


À une question d’un autre analyste, le PDG a dit espérer atteindre l’équilibre ou un bénéfice d’exploitation en 2019. Un service de commerce en ligne devrait faire ses premiers pas en Ontario en 2019 dans un nombre limité de magasins. «Quand nous irons en Ontario, nous serons meilleurs, souhaitons-le, commente-t-il. Nous serons dans une meilleure posture pour ne pas investir autant (que le coût du démarrage du projet au Québec).»


Sur l’intégration de Jean Coutu


Metro s’est donné l’objectif de dégager 75 M$ en synergies sur trois ans. Avec 6,6 M$ de réalisé au quatrième trimestre, la direction dit être sur la bonne voie.


M. La Flèche a toutefois limité ses commentaires au sujet des occasions qu’offre la combinaison des deux entreprises sur le front des ventes. Il a mentionné que Jean Coutu a commencé à vendre certains produits de la marque «Sélection», la marque privée de Metro. Metro, pour sa part, a commencé à vendre certains produits de la marque Personnelle, de Jean Coutu.


La direction a bon espoir que les pharmaciens de Brunet offrent les médicaments génériques de ProDoc, la filiale de Jean Coutu. Légalement, Metro ne peut pas les contraindre à le faire, mais M. La Flèche a bon espoir de les convaincre grâce aux «bons services» de Pro Doc.


Le dirigeant a aussi évoqué la combinaison des données des détaillants pour faire «de meilleures offres personnalisées», mais n’a pas voulu en dire davantage quant à la manière que cela serait fait ou sur l’échéancier.


Assurance canadienne du médicament?


Le gouvernement Trudeau envisage la création d’une assurance universelle médicament au Canada. Un enjeu qui pourrait bien se retrouver au cœur de la prochaine campagne fédérale.


Pour l’instant, Metro ne pense pas que ce projet perturbera ses activités. Le PDG souligne qu’un système hybride existe déjà au Québec, ce qui fait en sorte que tous les Québécois sont couverts. En fait, ceux qui n’ont pas d’assurance auprès de leurs employeurs sont couverts par le régime public. Il ajoute que la société a peu d’activités pharmaceutiques en Ontario.


Les marges


En apparence, les marges brutes ont été relativement stables à 19,7% au quatrième trimestre, comparativement à 19,6% à la même période l’an dernier. L’acquisition de Jean Coutu a toutefois masqué une amélioration des activités traditionnelles chez Metro. «Jean Coutu a de plus basses marges que le secteur de l’alimentation, commente François Thibault, le chef de la direction financière. Si vous excluez Jean Coutu, les marges auraient été plus élevées que le 19,7% que nous avons dévoilé.»


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