Loblaw pour la croissance, Metro pour le prix


Édition du 18 Janvier 2014

Loblaw pour la croissance, Metro pour le prix


Édition du 18 Janvier 2014

Metro (Tor., MRU, 66,10 $)

Peu chère, mais moins bien positionnée

Cours / bénéfice (2014) : 12,7 x (Bloomberg)

Cours cible moyen 12 mois des analystes sondés par Bloomberg : 66,83 $

À défaut d'un catalyseur prochain pour le titre de Metro, qui exploite Super C, Marché Richelieu et Brunet, celui-ci pourrait continuer de se négocier longtemps à prix d'aubaine.

La direction de l'entreprise jongle pourtant à l'heure actuelle avec plusieurs scénarios. «Metro a un bilan très sain, possède une participation dans Alimentation Couche-Tard et peut s'endetter davantage si les dirigeants identifient une cible d'acquisition intéressante», explique Marie-Ève Savard, de Standard Life.

La difficulté réside justement sur ce plan. «Même si la société possède le bilan requis et la volonté de faire une acquisition pour améliorer sa position concurrentielle, nous ne considérons aucune des cibles potentielles comme suffisamment stratégiques pour faire de Metro un véritable détaillant d'envergure nationale en mesure d'accroître sa taille substantiellement face à Wal-Mart, ou pour permettre de réaliser des synergies significatives», écrit Jim Durran, analyste de Barclays.

Malgré le fait que Metro prévoit investir 250 millions de dollars dans son réseau en 2014, procéder à la restructuration de ses magasins en Ontario et augmenter le nombre de succursales Adonis au Québec, cinq chercheurs de l'Université de Guelph craignent que la prochaine année lui soit particulièrement difficile. «L'entreprise sera sûrement à la recherche d'une acquisition, à moins qu'elle ne soit achetée par un concurrent», écrivent-ils dans l'étude intitulée «Food Price Index 2014». À leur avis, la guerre de prix qui prévaut actuellement donnera beaucoup de fil à retordre à la société, dont le pouvoir d'achat s'est érodé à la suite de l'acquisition de Canada Safeway par Empire.

Aucun risque d'intégration

Contrairement à ses rivales Empire et Loblaw, Metro ne fait présentement face à aucun risque d'intégration. De plus, en attendant qu'une occasion d'acquisition se présente, les dirigeants pourraient vouloir récompenser la patience des actionnaires.

Jim Durran estime en effet que Metro pourrait recueillir de 275 M$ à 800 M$ pour mettre en place un programme spécial de rachat d'actions représentant de 4 à 13 millions de titres en circulation, ou payer un dividende extraordinaire oscillant entre 2,93 $ et 8,26 $ par action. «Un programme de cette ampleur vaut de 3 $ à 8 $ par action, mais la valeur du titre intègre déjà ces possibilités», évalue cependant M. Durran.

Tandis que le consensus des analystes se situe à 66,83 $ - un maigre gain potentiel de 6 % au cours actuel -, Mme Savard et M. Zaccardelli se montrent relativement prudents à l'égard du titre de Metro. La première fixe son cours cible à 68 $, pendant que le second considère qu'un bon point d'entrée pour l'investisseur à long terme se trouve sous les 60 $. «Le potentiel haussier me semble cependant limité d'ici les 12 à 18 prochains mois», conclut Mario Zaccardelli, gestionnaire de portefeuille pour Lombard Odier & Cie.

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