Les hôtels: la prochaine source de profits de Transat AT

Publié le 15/03/2018 à 19:58

Les hôtels: la prochaine source de profits de Transat AT

Publié le 15/03/2018 à 19:58

Par Martin Jolicoeur

Une part significative de la croissance de Transat AT  au cours des prochaines années viendra du développement de sa nouvelle division hôtelière.


C’est en tout cas l’espoir de son président et chef de la direction, Jean-Marc Eustache qui, à la veille de prendre sa retraite, a choisi de s’occuper personnellement de ce nouvel axe de développement pour l’entreprise.


Transat (To.;TRZ) présentait jeudi les résultats du premier trimestre, terminé le 31 janvier 2018. Des résultats en deçà des attentes des analystes, et ce en dépit d’une réduction des pertes et d’une croissance de ses revenus.


Qu’à cela ne tienne, d’ici sept ans, la direction entend se constituer un parc d’une dizaine d’hôtels de villégiature dans les régions de Cancun au Mexique, de Punta Cana en République Dominicaine, et peut-être aussi en Jamaïque.


Jordi Solé, le nouveau président de cette division, se trouvait justement en République Dominicaine au moment où Transat tenait son assemblée annuelle des actionnaires. Nommé le mois dernier, cet ancien employé de Blue Star, Iberostar et Barcelo serait déjà à pied d’oeuvre pour dénicher des terrains ou hôtels existants des Antilles que Transat pourrait acquérir.


Des marges dix fois supérieures


En 2024, Transat voudrait exploiter un total d’environ 5 000 chambres (5 et 4 étoiles et demie) en propre ou sous gestion. Pour les établissements qu’elle possèdera, il s’agira soit d’hôtels qu’elle aura construit de toute pièce, soit encore d’hôtels existants qu’elle pourra éventuellement rénover.


Bien que coûteuse, l’aventure hôtelière devrait être payante, si l’on se fie aux prévisions de la direction. Fort de marges variant entre 25% et 30% dans l’hôtellerie, M. Eustache dit s’attendre à un bénéfice avant intérêts et impôts «de plus de 80M$» annuellement.


La part de l’hôtellerie dans les ventes de l’entreprise restera marginale pour encore un bon moment. Mais avec de telles marges bénéficiaires (25% dans l’hôtellerie, comparativement à 2 ou 3% dans les autres unités) la division hôtelière pourrait vite devenir responsable d’au moins la moitié des profits futurs de l’entreprise, confirme Denis Pétrin, chef de la direction de Transat AT.


Des liquidités importantes


La vente de sa filiale Jonview à la japonaise HIS Co en novembre, et celle de sa participation minoritaire dans Ocean Hotels un peu plus tôt, aideront l’entreprise à financer ses nouvelles ambitions.


Au 31 janvier dernier, les trésorerie de Transat s’établissaient à 749,3M$, comparativement à 454,8M$ à pareille date en 2017. La différence (294,5M$) découle principalement du produit de la vente d’Ocean et Jonview, ainsi que des flux de trésorerie positifs générés par les activités d’exploitation.


Selon M. Pétrin, de telles liquidités, doublées d’un bilan libre de toute dette, offrent à Transat les coudées franches pour embrasser ce nouveau défi, qui permettra au voyagiste de mieux contrôler l’expérience des voyageurs de bout en bout. «Nous maîtrisons l’achat (en agence ou en ligne), le vol et le transfert à destination. Il ne nous manquait l’élément majeur que constitue le séjour». Plus maintenant, a résumé M. Eustache.


Succession


Aujourd’hui âgé de 70 ans, Jean-Marc Eustache a déjà préparé sa succession. À son départ (à une date qui n’a pas encore été divulguée), il sera remplacé par Annick Guérard, nommée l’an dernier au poste de chef de l’exploitation de la société.


Depuis quatre mois, Mme Guérard dirige l’ensemble des autres activités de Transat, qu’il s’agisse de l’aérien, des forfaits ou de la commercialisation. C’est aussi à elle qu’incombe surtout la réalisation du nouveau plan quinquennal de l’entreprise, esquissé au cours de son assemblée .


Ce plan se découpe en huit chantiers, dont trois à dimensions culturelles (synergie des équipes, service à la clientèle, etc.) et cinq à dimensions plus techniques. On pense ici, par exemples, à la gestion de la flotte, à la tarification, au développement de nouveaux revenus, à la distribution et à une meilleure utilisation du numérique.


Tous ces chantiers ont pour principal objectif de réduire les coûts et accroître les revenus. Mais pas question pour autant de coupures de personnels, a assuré Mme Guérard. Dans un tel contexte réduction des coûts, le maintien des effectifs sera assuré par la croissance des activités de l’entreprise, a-t-elle expliqué.


Sous les attentes


Au cours du premier trimestre, Transat a présenté une perte nette ajustée de 33,9M$, ou 0,91$ par action. À la même période l’an dernier, le voyagiste avait présenté une perte ajustée de 36M$, ou 0,98$.


Pour leurs parts, les revenus ont progressé de 5,3% pour atteindre 725,8M$. L’an dernier, ils s’étaient élevé à 689.3M$ pour le même trimestre.


Les analystes, sondés par Thomson Reuters, tablaient plutôt sur des ventes de 739M$ et une perte ajustée par action de 0,78$. Comme Transat a rate cette cible, son titre a fortement reculé en bourse. 


À la Bourse de Toronto, la valeur de son action a reculé de 0,93$, ou de 9,38%, pour terminer la séance à 8,98$. Il y a un an, le 16 mars 2017, l’action de Transat avait clôturé à 5,20$.


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