Le titre de CGI a besoin d'une acquisition pour connaître un nouvel élan


Édition du 09 Mai 2015

Le titre de CGI a besoin d'une acquisition pour connaître un nouvel élan


Édition du 09 Mai 2015

Par Dominique Beauchamp

Même si le Groupe CGI (Tor., GIB.A, 51,42 $) reste très rentable, le déclin de ses revenus et de ses nouveaux contrats signés étouffe l'élan du titre, un phénomène boursier qui s'est répété maintes fois dans le passé.

L'action pourrait plafonner en Bourse jusqu'à ce que l'entreprise renoue avec la croissance ou que le climat en ce qui concerne les acquisitions s'améliore. D'autres gains seront plus difficiles à arracher à court terme maintenant que le titre de CGI a rattrapé l'évaluation de ses semblables en Bourse, à moins d'une acquisition, évoque Maher Yaghi, analyste chez Marché des capitaux Desjardins.

Au cours des trois mois terminés le 31 mars 2015, ses revenus ont reculé de 3,5 % tant aux États-Unis, au Canada, qu'en Europe. En devises constantes, il s'agit d'un sixième repli consécutif. De surcroît, il faudra attendre au moins jusqu'au quatrième trimestre avant que ses revenus ne croissent, a laissé entendre Michael Roach, le chef de la direction, lors de la téléconférence.

Les États-Unis ne sont pas le moteur de croissance espéré, tandis que l'Europe est plus volatile que prévu. La valeur des nouveaux contrats signés représente seulement 87 % des contrats déjà facturés au deuxième trimestre. Ce ratio doit dépasser 100 % - et c'est le cas depuis 12 mois - pour que la société fasse plus que remplacer ses revenus. La société assure que son portefeuille de contrats potentiels est bien garni, mais il est difficile de prévoir à quel moment les soumissions se transformeront en contrats fermes et renfloueront son carnet de commandes de 20 milliards de dollars.

Les acquisitions : trop chères, selon le pdg

Le titre de l'entreprise montréalaise a grimpé depuis novembre, porté par la spéculation des analystes quant à une acquisition potentielle. Des rumeurs circulaient notamment concernant la mise aux enchères de la société américaine IGATE et le possible démantèlement de Computer Sciences (NY, CSC, 65,64 $ US).

Le 23 février, un analyste avait même calculé qu'un achat par CGI de deux divisions de Computer Sciences, pour 10 G$, ajouterait 20 % à ses bénéfices, en présumant une émission d'actions de 2 G$. Trois ans après l'acquisition de la britannique Logica, intégrée depuis, les analystes s'attendent tous à ce que CGI déploie de nouveau ses importantes ressources financières dans un nouvel achat afin de compléter son éventail de services ou de servir de nouveaux marchés.

M. Roach a tempéré ces attentes en rappelant que la société n'est pas pressée et, surtout, qu'elle n'est pas disposée à payer les multiples élevés que déboursent d'autres acquéreurs pour leur proie, dans son industrie.

Les résultats ternes de CGI n'ébranlent pas la confiance de la majorité des analystes concernant les perspectives à plus long terme de la société, étant donné ses revenus récurrents, ses flux excédentaires et ses bonnes marges. Sa marge bénéficiaire nette de 9,7 % compte parmi les plus élevées de son secteur d'activité. Trois d'entre eux ont même relevé leur cours cible ; le plus optimiste, Ralph Garcea, de Cantor Fitzgerald, l'a haussé jusqu'à 67 $. «CGI recèle un bon levier de rentabilité. Chaque hausse de 1 % de sa marge avant intérêts et impôts ajoute 0,30 $ à son bénéfice par action, de même que de 4,50 à 6 $ à la valeur de son action», écrit-il. La plupart des analystes jugent que ce n'est qu'une question de temps avant que les délais entourant l'obtention de contrats américains et le gel des contrats anglais à cause des élections ne se corrigent.

Plusieurs mettent en avant les flux de trésorerie de plus d'un milliard de dollars que la société dégage annuellement.

En l'absence de cible rentable à acquérir, l'entreprise montréalaise ravivera ses rachats d'actions, maintenant que sa dette est revenue à son niveau d'il y a trois ans, fait valoir Paul Steep, de Banque Scotia. Son programme actuel prévoit le rachat de 10 % de ses actions.

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