Le point sur les deux banques québécoises


Édition du 11 Mars 2017

Le point sur les deux banques québécoises


Édition du 11 Mars 2017

Par Stéphane Rolland

[Journal Les Affaires]

La Banque Nationale (NA, 58,75 $) et la Banque Laurentienne (LB, 59,68 $) ont toutes deux réalisé des progrès quant à leur plan d'entreprise au premier trimestre 2017 (terminé le 31 janvier). Même si les nouvelles sont bonnes, la grande majorité des analystes préfèrent tout de même rester sur les lignes de côté.

Banque Nationale : plus d'argent pour récompenser les actionnaires

La marge de manoeuvre financière de la Banque Nationale s'est améliorée, ce qui permet d'attendre une augmentation du dividende «plus généreuse» qu'espérée pour le printemps.

Le ratio de fonds propres Tiers 1 s'est établi à 10,6 % à la fin du premier trimestre. À un seuil de 10,5 %, la sixième banque du pays affirme qu'elle serait en mesure de se montrer plus généreuse dans l'augmentation de son dividende. À 10,75 %, elle pourrait considérer le lancement d'un programme de rachat d'actions.

Cette nouvelle plaît à Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, un des rares analystes à émettre une recommandation «surperformance». Le ratio d'efficacité à 56,5 % s'est amélioré de 210 points de base. Autrement dit, générer un dollar de revenu coûte 56,5 cents à la banque.

Si les perspectives demeurent bonnes dans les marchés des capitaux, la Nationale en profiterait davantage que ses concurrentes, car cette division contribue dans une proportion plus importante à ses bénéfices, souligne M. Mihelic. Il bonifie sa cible de 61 $ à 62 $.

Doug Young, de Desjardins Marchés des capitaux, est moins enthousiaste par rapport à l'importance de la division «marchés des capitaux», qui est plus volatile. Cette caractéristique se trouve plutôt dans la colonne des risques, selon lui. Il dit aussi ne pas trop savoir quoi penser des plans d'expansion à l'international. Pour cette raison, il croit que la Nationale mérite de s'échanger au rabais par rapport à ses pairs, et ce, même s'il est encouragé par l'amélioration des fonds propres et par les gains d'efficacité du côté des dépenses. Sa recommandation demeure à «conserver». Sa cible augmente de 56 $ à 59 $.

À plus long terme, Stephen Ellis, de Morningstar, prévient que la croissance de la Nationale sera appelée à ralentir. Au moment où l'endettement des ménages franchit de nouveaux records, la croissance du portefeuille de prêts ne pourra pas se maintenir dans une fourchette de 7 % à 10 %. Toutefois, la Banque devrait continuer d'obtenir davantage de revenus que son coût en capital, nuance l'analyste.

Banque Laurentienne

Pour la Banque Laurentienne, les résultats du premier trimestre ont été l'occasion de faire le point sur les projets de fusions de succursales. Celles-ci devraient survenir plus tôt que prévu. L'institution financière a fusionné une succursale en décembre dernier. Elle prévoit effectuer 33 fusions d'ici la fin avril et sept autres d'ici la fin juin. De plus, 23 succursales deviendront des établissements offrant uniquement des conseils.

Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, garde l'oeil ouvert. Même s'il maintient sa recommandation «performance de secteur», il croit que le titre pourrait devenir plus attrayant une fois que la direction aura respecté ses engagements. «Ce sont des échéances ambitieuses, commente-t-il. Cela pourrait nous forcer à revoir nos prévisions plus tôt que tard.» Sa cible est à 57 $.

Doug Young, de Desjardins Marché des capitaux, croit, lui aussi, que le plan de la Banque Laurentienne lui permettra d'afficher un meilleur ratio d'efficacité. «Cependant, nous croyons qu'il y aura quelques accrochages au passage. Le souhait d'augmenter le rendement sur l'équité à un seuil comparable à celui des grandes banques canadiennes d'ici 2022 est ambitieux.» Il réitère une recommandation «conserver» et sa cible de 59 $.

Si la direction a démontré ses aptitudes à contrôler ses dépenses, la croissance interne des revenus, pour sa part, laisse à désirer, juge Gabriel Dechaine, de Financière Banque Nationale. «En toute justice», la progression des revenus de 8 % ne souffre pas de la comparaison avec les six grandes banques canadiennes. Cependant, la croissance interne n'est que de 4 %. Cette augmentation est nourrie «en grande partie» par les secteurs liés au marché financier. Il maintient sa recommandation «performance de secteur». La cible est réduite de 64 $ à 61 $.

Comme ses collègues, Lemar Persaud, de Valeurs mobilières TD, reste sur les lignes de côté. Pour que la Laurentienne soit plus généreusement évaluée, il faudra que son rendement des capitaux propres s'approche davantage de celui des grandes banques canadiennes, selon lui. La banque est sur une bonne lancée avec ses prêts commerciaux, mais cela est contrebalancé par les risques d'exécution du plan de transformation. La recommandation est à «conserver». La cible passe de 65 $ à 61 $.

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