Le pétrole creuse ses pertes, l'ouragan Dorian menace la demande

Publié le 03/09/2019 à 11:40, mis à jour le 03/09/2019 à 16:27

Le pétrole creuse ses pertes, l'ouragan Dorian menace la demande

Publié le 03/09/2019 à 11:40, mis à jour le 03/09/2019 à 16:27

Par AFP
Un graphique dont la courbe est rouge.

Le conflit commercial et les craintes de récession pèsent aussi sur les cours du pétrole, selon un analyste. (Photo: 123RF)

Les prix du pétrole ont terminé en baisse mardi alors que persistent les tensions commerciales de nature à peser sur la croissance économique, et donc la demande en brut, et qu’un ouragan menace le sud-est des États-Unis.

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a terminé à 58,26 dollars, en baisse de 40 cents, ou 0,7 %, par rapport à la clôture de lundi.

À New York, le baril américain de WTI pour livraison en octobre a cédé 1,16 dollar, ou 2,1 %, pour finir à 53,94 dollars.

Selon Naeem Aslam, analyste chez Thinkmarkets, plusieurs facteurs pèsent sur les cours du pétrole : « le conflit commercial », « les craintes de récession » et « la baisse de la demande alors que l’ouragan Dorian se rapproche de la côte est de la Floride ».

Washington a instauré dimanche des surtaxes de 15 % sur une partie des 300 milliards de dollars de produits importés chinois, une mesure à laquelle Pékin a rétorqué en augmentant également certains tarifs douaniers. La Chine a aussi annoncé avoir déposé une plainte à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) en réaction à l’entrée en vigueur de ces nouveaux droits de douane.

Le président américain, Donald Trump, a, de son côté, menacé mardi Pékin d’une guerre commerciale encore plus dure s’il était réélu.

La poursuite du bras de fer engagé entre les deux premières puissances économiques mondiales inquiète les investisseurs, car il pèse sur la croissance, et par ricochet sur la demande en énergie. 

Le dernier indicateur américain en date l’a illustré : l’activité du secteur manufacturier aux États-Unis s’est contractée en août pour la première fois depuis trois ans, alimentant les craintes sur la santé de l’économie mondiale.

La veille, un indicateur avait aussi montré que l’activité du secteur manufacturier en zone euro s’était contractée en août pour le septième mois consécutif.

Aux États-Unis, plusieurs millions de personnes en Floride, en Géorgie et en Caroline du Sud ont par ailleurs reçu l’ordre d’évacuer les côtes, que l’ouragan Dorian devrait frôler à partir de mardi soir.

Les perturbations sur l’activité économique que cet ouragan pourrait provoquer sont de nature à ralentir la demande en énergie, ce qui pesait déjà lourdement mardi sur les prix de l’essence échangée sur le marché new-yorkais.

Ipek Ozkardeskaya, analyste chez London Capital Group, a relevé, pour sa part, que « l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a augmenté sa production en août pour la première fois cette année, ce qui a pesé sur les cours du pétrole ».

Selon une estimation de l’agence Bloomberg, la production de l’OPEP a augmenté de 200 000 barils par jour le mois dernier, pour atteindre une production totale de 29,99 millions barils par jour (mbj).

Par ailleurs, les données sur les stocks américains seront, cette semaine, publiées jeudi au lieu de mercredi, du fait du lundi férié aux États-Unis.

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