La tech agricole Farmers Edge entre en Bourse à 18 fois ses revenus

Publié le 04/03/2021 à 08:00

La tech agricole Farmers Edge entre en Bourse à 18 fois ses revenus

Publié le 04/03/2021 à 08:00

Par Dominique Beauchamp

Aperçu de la plateforme logicielle FarmCommand (Source: prospectus)

Le spécialiste des logiciels destinés aux fermiers Farmers Edge (FDGE, 19,98$) connaît une solide entrée en Bourse avec un gain de 17,5% à sa première séance en Bourse, le 3 mars.

Cette appréciation est nettement moins spectaculaire que celle d’autres fournisseurs de logiciels qui ont fait le saut en Bourse depuis un an, mais le cours initial se situe tout de même dans le haut de la fourchette prévue de 10 à 17$.

Cela confère à la recrue de Winnipeg une valeur de plus de 834 millions de dollars, soit 18 fois les revenus de 45 à 47 M$ estimés pour 2020 (si le maximum d'actions est émis).

Ses revenus ont presque doublé par rapport à 2019, mais la société accuse un déficit d’exploitation estimé à 29 à 33 M$ en 2020, indique le document de marketing des courtiers.

Autrefois une société d’experts-conseil en agronomie, Farmers Edge offre désormais diverses solutions logicielles par abonnement aux fermiers qui visent à améliorer la productivité des récoltes et mieux gérer les émissions de gaz à effet de serre, par exemple.

Mise au point depuis 2015, sa plateforme logicielle d’analyse en nuage FarmCommand mine plus de 3 milliards de points de données pour fournir aux agriculteurs des analyses en temps réel à l’acre, ainsi que des modèles de rendement prédictif et des alertes accompagnées de recommandations, peut-on lire dans le prospectus de 247 pages.

«Nous croyons être les pionniers de l’utilisation de données dans l’agriculture et qu’il n’y a aucune autre société qui fait ce que nous faisons. Nous sommes déterminés à créer le premier écosystème agricole numérique entièrement connecté centré sur les succès des agriculteurs», se targue l’agriculteur, fondateur et chef de la direction Wade Barnes qui signe une lettre, dans le prospectus.

La société attribue les pertes accumulées de 363,4 M$ à la fin de 2019 aux investissements importants consacrés à l’élaboration de sa plateforme technologique et aux efforts de croissance.

On y apprend aussi que la société compte 500 employés dans six pays dont le Brésil, l’Australie, la Russie et l’Ukraine.

 

Doubler les revenus récurrents

Farmers Edge pourrait récolter environ 132 M$ si les courtiers exercent l’option de sur-allocation prévue. La Banque Nationale et la Banque CIBC co-pilotent l’émission strictement canadienne à laquelle participe trois autres courtiers.

Les fonds récoltés rembourseront 14,5 M$ de dettes dues à l’assureur Fairfax Financial (FFH, 529,37$), un important bailleur de fonds et le principal actionnaire.

Quelque 80 M$ financeront des projets expansion et des acquisitions sélectives potentielles. Enfin, 20 M$ iront au fonds de roulement.

L'entreprise veut élargir son offre d'abonnement gratuit pour la première année à plus de fermiers. Plus sa plateforme récolte de données par acre, plus les analyses et les recommandations aux fermiers se rafineront.

Sa meilleure santé financière pourrait aussi attirer de nouveaux partenaires qui offriront sa technologie dans le domaine agricole et de l'assurance. 

La société veut doubler à 125 M$ ses revenus récurrents annuels, accroître ses revenus totaux à un rythme annuel composé de 40 à 50% et dégager un bénéfice d’exploitation de plus de 15 M$, d'ici deux ans.

L’entreprise a notamment conclu un partenariat avec Google, qui lui fournit depuis peu des services d’hébergement, afin de mettre au point de nouveaux produits destinés aux grands fournisseurs de services du secteur agricole. Natasha Mainville, directrice principale des programmes de recherche chez Google Brain, se joint d’ailleurs au conseil de Farmers Edge.

Outre Fairfax qui détient 59,9% des actions, Farmers Edge compte aussi le négociateur japonais de matières premières Mitsui & Co. et la société d’investissement Osmington, appartenant à l’héritier de la famille Thomson, parmi ses actionnaires.

 

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