La Cage: les points forts de l'assemblée, l'action grimpe de 16%

Publié le 18/01/2018 à 15:36

La Cage: les points forts de l'assemblée, l'action grimpe de 16%

Publié le 18/01/2018 à 15:36

Par Dominique Beauchamp

«Même si le virage stratégique des dernières années n'a pas encore livré tout son potentiel, il est clair que notre société est bien positionnée pour la croissance», a déclaré Jean Bédard, le PDG et deuxième actionnaire de la chaîne de 44 restos.

Le propriétaire des 44 restaurants La Cage – Brasserie Sportive poursuit son vaste plan de relance, malgré les nouveaux défis que posent la hausse du salaire minimum et la concurrence plus féroce de rivaux tels que les Bâton Rouge d’Imvescor, les Madisons de MTY ou encore les deux 1909 Taverne Moderne de Molson et Cara.

Aguerri après plus de 20 ans dans la restauration, Jean Bédard, le PDG de Groupe Sportscene(SPS.A, 8,40$) reconnaît que la compétition se corse, car tous les restaurateurs de taille rajeunissent établissements, menus et offres numériques.

La hausse rapide du salaire minimum est aussi un enjeu de plus pour le restaurateur, mais le virage stratégique lui donne tant de pain sur la planche que M. Bédard se concentre sur ce qu’il contrôle, a-t-il confié, en marge de l’assemblée annuelle, à Boucherville.


« Notre agilité et la formation continue de notre personnel nous distingueront des grands groupes multi-enseignes à long terme »

Heureusement pour M. Bédard, la croissance économique est au rendez-vous au Québec. «Les clients s’offrent le resto au milieu de la semaine et la facture moyenne augmente aussi. Nous avons connu un excellent mois de décembre», dit-il.

Voici les points fort de l’assemblée et de l’entretien que M. Bédard a accordé à lesaffaires.com après les formalités d’usage.

- La hausse de 11% du chiffre d’affaires et celle de 11% des ventes des restos ouverts depuis plus d’un an au premier trimestre de 2018, est très satisfaisante, surtout compte tenu des 10 victoires consécutives du Canadien et de la tenue de la Coupe du monde du hockey, un an plus tôt.

- La barre étant déjà haute, les prochains trimestres seront plus exigeants en partie en raison de la mauvaise performance du Canadien sur la glace, de la hausse des salaires et de l’énorme chantier des restaurants en rénovation. «Le plan de dépenses en immobilisations est intense, mais les premiers résultats, un bond d’au moins 20% des ventes après les travaux, nous encouragent à poursuivre. Chaque resto réalise des ventes de 2,7M$ et le cap de 3M$ est à nos portes».

- La moitié des établissements sont déjà rénovés et les trois-quarts le seront d'ici août 2019. Le réseau entier sera rajeuni en 2020. Les dépenses en immobilisations de 7M$ prévues en 2018 équivalent à celle de 2017.

- Le nouveau concept de restaurant, avec sa cuisine entièrement ouverte et même bordée d’un comptoir où les convives peuvent manger, et ses frigos apparents, ouvrira ses portes au début de mars 2018 au Carrefour Laval. L’ex -Bureau en gros a requis un investissement de 2,5 millions de dollars. «On met ainsi en valeur la bouffe, le premier de nos trois piliers. La bière et le sport sont les deux autres».

- Les milléniaux sont au cœur du repositionnement de la chaîne depuis deux ans que ce soit avec l’ajout de mets prisés tels que les tartares et le poisson, avec des ingrédients de la ferme à table - incluant ceux de sa propre usine de coupe et de mise sous-vide de bœuf et de saumon à Saint-Jean-Baptiste de Rouville - et maintenant des salles de bain unisexes.  

- Pour séduire les milléniaux, Sportscène prévoit lancer d’ici la fin d’août l'application mobile de Club Cage, par lequel les membres reçoivent actuellement des offres et des coupons. L’agence lg2 travaille sur cette initiative avec plusieurs autres sous-traitants afin d’arrimer l’analyse de données et les promotions. «Les membres auront accès à de nouveaux privilèges en fonction de leur fréquentation ou de leur choix de mets par exemple.

- Pour se distinguer des chaînes, les restaurants La Cage individuels peuvent depuis peu offrir des mets «à la voix», soit autres que ceux du menu de base. «On peut imaginer la poutine à Victoriaville ou le Poke Bol à Montréal». Le chef et entrepreneur Louis-François Marcotte, vice-président image de marque et innovatiom à temps plein depuis juillet, veille au grain.

- Pour contrer l’effet de la hausse du salaire minimum, surtout pour le personnel de cuisine, le franchiseur entend revoir le coût de revient du menu pour s’assurer que les mets offerts n’exigent pas trop de préparation en cuisine notamment. « On est déjà là-dessus. Il s’agit d’améliorer notre efficacité».

- Bien que Sportscène ait renoué avec la rentabilité, le restaurateur vise aussi à retrouver les bénéfices de pointe de 2014, de 0,74$ par action. «Il pourrait que ça soit en 2019 au lieu d’en 2018, à cause du niveau des investissements et des enjeux à court terme». Au premier trimestre, le bénéfice a bondi de 54% à 0,20$ par action.

- Autre révélation: l’entreprise a décidé de poursuivre l’exploitation des deux restaurants de mets asiatiques P.F. Chang’s acquis en 2015, à Montréal sur le boulevard Décarie et au Carrefour Laval. Leur redressement est assez concluant pour envisager d’ouvrir un troisième établissement aux Promenades Saint-Bruno cette année ou l’an prochain. D’autres succursales pourraient suivre au centre-ville et dans l’Ouest de l’île de Montréal et à Québec. «Les établissements ont la même taille et le même volume que ceux de La Cage et le concept décontracté de mets fins éprouvé dans 18 pays nous apparaît tout à fait complémentaire».

L'action de Sportscene s'est appréciée de 15,8% de l’action après l’assemblée annuelle, ce qui s’ajoute au gain de 45% de l’an dernier. Le volume de 500 actions échangée est toutefois infime.

 

 

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