L'offre de MTY pour Mikes déçoit, mais une surenchère semble peu probable

Publié le 13/12/2017 à 17:12

L'offre de MTY pour Mikes déçoit, mais une surenchère semble peu probable

Publié le 13/12/2017 à 17:12

Par Dominique Beauchamp

L’offre de 4,10$ par action de MTY pour le franchiseur des enseignes Bâton Rouge, Mikes et Score, déçoit les analystes et certains actionnaires, mais une surenchère semble peu probable.

Le cours d’Imvescor(IRG, 4,08$) est tout près du prix de l’offre du Groupe d’alimentation MTY(MTY, 52,35$), qui comprend 0,8259$ comptant et 0,0626 action de MTY.

«C’est un mini rabais typique dans ce genre de transaction étant donné que le vote des actionnaires d’Imvescor se tiendra dans deux mois», a indiqué un analyste qui préfère taire son identité. 

Autre indice: le volume de négociations sur le titre d’Imvescor a fondu de 12,3 millions le 12 décembre à 1,7 million le 13 décembre.

C'est signe que ceux qui voulaient vendre ont déjà quitté le navire, sans attendre la suite, dit-il.


« Si le marché flairait vraiment une nouvelle offre, le titre se négocierait certainement bien au-dessus de 4,10$. »

Et ceux qui achètent Imvescor au cours actuel comptent bénéficier de l’appréciation potentielle de l'action MTY si elle réussissait à avaler Imvescor et à en tirer les synergies prévues.

«Nous recommandons aux investisseurs de garder leurs actions d’Imvescor étant donné le potentiel qu’une meilleure offre soit présentée d’ici février pour convaincre les derniers actionnaires récalcitrants à approuver la transaction», conseille Brian Pow, analyste d’Acumen Capital.

Les analystes ont du mal à imaginer qu’un autre acquéreur, même de la trempe d’Entreprises Cara(CARA, 24,88$) puisse offrir plus de 4,50$ pour Imvescor.

«Il faudrait une contre-offre d’au moins 4,25$ pour couvrir les frais de rupture de 8M$ à payer à MTY», écrit Elizabeth Johnston, de Banque Laurentienne Valeurs mobilières.

L'action d'Imvescor ne grimpe pas bien que l'actionnaire activiste ADW Capital Partners de New York, ait révélé avoir acheté 1,2 million d’actions additionnelles d’Imvescor et haussé son bloc à 14%, dans l’espoir de faire pression pour une offre supérieure.

Son PDG, Adam Wyden est très mécontent de l’offre de MTY qui à son avis sous-estime grandement la valeur marchande d’Imvescor compte tenu du bénéfice d’exploitation de 23 millions de dollars attendu en 2018.

«MTY offre une pitance. Ils prévoient un bénéfice d’exploitation combiné de 125 à 130M$, mais ils y sont déjà en additionnant les bénéfices actuels, avant même les synergies qui seront sans doute le double des 5M$ annoncés», soutient-il sur un ton de défi.

Michael Glen, de Macquarie Research lui donne raison en évoquant des synergies potentielles de 10M$ qui ajouteraient 12,5% au bénéfice annuel de MTY.

Interrogé concernant ses prochaines démarches, M. Wyden laisse entendre qu’il parle à d’autres actionnaires déçus, mais il refuse de dire s’il irait jusqu’à se lancer dans une guerre de procurations pour bloquer l’offre de MTY.

Même si M. Wyden a payé jusqu’à 4,21$ pour certaines de ses actions, son influence est affaiblie par le fait que ses deux partenaires activistes, des actionnaires de longue date d'Imvescor, Camac Partners et Crescendo Partners, appuient le regroupement entre Imvescor et MTY.

Ces deux fonds d'investissement font partie du groupe d’actionnaires, cumulant 18% des actions, qui ont signé un accord de soutien.

Le deuxième actionnaire d'Imvescor, Mawer Investment Management, qui aurait un peu plus de 10% des actions d'Imvescor, ne s’est pas prononcé.

Profiter de la relance d'Imvescor avec MTY

Sous le couvert de l’anonymat, l’un d’eux a confié qu’il aurait bien évidemment aimé une meilleure offre, mais qu’il est satisfait de profiter de la plateforme élargie, des économies et des énormes synergies en tant qu’actionnaire de MTY, grâce à l’échange d’actions.

M. Michael fait d’ailleurs miroiter la possibilité que l’action de MTY grimpe jusqu’à 59$ si son offre actuelle obtenait les deux-tiers des votes à l’assemblée extraordinaire d'Imvescor en février.

D’ici là, l’analyste de Macquarie établit un cours cible à 57,50$ qui accorde une probabilité de 50% à ce que l’offre de 4,10$ soit approuvée. Ce taux reflète la nature imprévisible de l’activiste d’ADW.

Son cours cible de 4,25$ pour Imvescor reflète ces probabilités ainsi que celles accordées à deux autres scénarios, soit 25% pour la possibilité d’une nouvelle offre de 4,50$ et 25% pour le risque que l’offre de MTY tombe à l’eau, ce qui renverrait le titre d'Imvecor à 3,50$, évalue-t-il.

L’ajout de cinq enseignes en croissance, en particulier Ben & Florentine, le savoir-faire dans la vente de mets préparés aux épiceries et les dix trimestres de ventes comparables à la hausse d'Imvescor plaisent à M. Pow qui augmente son cours cible de 52,75 à 55$.

Des réserves

Ses collègues sont moins optimistes. Le cours cible de 46$ de Mme Johnston est 12% sous le cours actuel parce que ses prévisions de bénéfices de 2,33$ pour 2018 sont inférieures au consensus de 2,44$.

Leon Aghazarian, de la Financière Banque Nationale, ne touche pas à son cours cible de 56$.

Bien que l’achat d’Imvescor soit stratégique, les synergies annuelles de 5M$ à partir de la deuxième moitié de 2018 ajouteront bien peu aux flux de trésorerie et au bénéfice par action de MTY, en 2019, évalue-t-il.

Même son de cloche de Derek Lessard, de TD Valeurs mobilières qui fait passer ses prévisions de 2,44 à 2,50$ par action pour 2019 et son cours cible de 46 à 49$.

Le cours-cible de 52$ de George Doumet, de Banque Scotia, reflète l’ajout de 26M$ au bénéfice d’exploitation de 2019, l’émission de 3,8 millions d’actions et le multiple élevé payé pour Imvescor.

Prochain rendez-vous le 19 décembre

On en saura davantage le 19 décembre au moment où Imvescor dévoilera les résultats du quatrième trimestre.

L’analyste anonyme cité plus haut doute que le franchiseur surpasse les attentes, une semaine après s’être entendu sur une offre de 240M$.

«S’il y avait une surprise, je crois que les risques pencheraient plutôt du côté d’une déception étant donné le moment choisi pour annoncer l’offre», dit-il.

Le consensus prévoit une hausse de 3,5% des ventes des restaurants comparables, de 13,1% des revenus à 12,9M$ et de 20% du bénéfice à 0,06$ par action.

 

 

 

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