Êtes-vous fait pour la gestion active de portefeuille ?

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Juin 2018

Êtes-vous fait pour la gestion active de portefeuille ?

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Juin 2018

Vous croyez ­peut-être que la recherche approfondie sur vos titres vous protégera contre les revers de fortune. Rien n’est moins vrai. [Photo: 123RF]

Depuis le début de ma collaboration avec Les Affaires, je vous chante les louanges de la gestion indicielle. Vous avez peut-être l'impression que je crois que cette dernière est la bonne méthode pour tout le monde et que la sélection active d'actions individuelles n'est valable pour personne. Pourtant, je l'avoue, la gestion active est peut-être la bonne méthode pour vous. Voici donc mon portrait-robot de l'investisseur qui retirera de grands bienfaits de la gestion active. Je vous propose cinq critères, dont les deux derniers sont probablement les plus importants. Vous reconnaîtrez-vous ?


1. Vous êtes profondément mal à l'aise d'investir sans investigation


Les fonds indiciels, dans leur forme la plus pure, achètent essentiellement tous les titres raisonnablement liquides qui constituent le marché, exactement dans les proportions dictées par leur encours. Par exemple, admettons que la capitalisation de Bombardier vaut en tout 1 milliard de dollars et que la totalité du marché vaut 100 G$, alors le fonds indiciel investira 1 % de son actif en actions de Bombardier, sans poser davantage de questions. Quand on y pense, c'est assez brave comme geste, puisque le gestionnaire du fonds indiciel ne fera aucune analyse pour vérifier si le cours boursier reflète bien la valeur du titre. Évidemment, ne pas faire cette analyse se traduit par des économies considérables pour l'investisseur, puisque les frais élevés qu'entraîne la recherche sur les titres individuels sont épargnés. En bout de ligne, vous obtiendrez à peu près le rendement du marché boursier dans son ensemble, ce qui s'est révélé une stratégie gagnante dans le passé. Tout de même, pas d'analyse, il faut être à l'aise avec cela, et ce n'est pas évident pour tout le monde.


2. Vous trouvez la recherche boursière divertissante


Pour beaucoup d'amateurs de marchés boursiers, faire sa propre recherche sur les actions est une activité stimulante, voire passionnante. C'est un peu la chasse au trésor pour adultes. D'ailleurs, j'ai connu plusieurs analystes et gestionnaires de portefeuille qui se passionnaient pour la Bourse bien avant d'en faire un métier. Si faire de la recherche sur les actions embellit votre vie, la gestion active est peut-être pour vous.


3. Vous souhaitez plus de potentiel à la hausse


Nous avons tous les défauts de nos qualités. Puisqu'ils sont souvent plus diversifiés, les portefeuilles construits avec des fonds indiciels permettent une bien meilleure gestion du risque. Toutefois, de tels portefeuilles feront rarement sauter la banque. Dans un portefeuille bien diversifié, les bons coups annulent les mauvais et vice versa. Il y a moins de potentiel à la hausse (et à la baisse). Si vous cherchez à faire de l'argent rapidement plutôt que de faire fructifier votre patrimoine plus lentement et sûrement, un portefeuille de quelques actions est la bonne stratégie pour vous.


4. Vous êtes très à l'aise financièrement


Vous êtes peut-être fortuné et vous menez un train de vie assez frugal en proportion de votre capital. Ou encore, vous êtes un des rares privilégiés qui contribuent depuis longtemps à une caisse de retraite à prestations déterminées bien provisionnée ou garantie par l'État. Si tel est le cas, vous êtes financièrement à l'aise. Par conséquent, les rendements de votre portefeuille auront probablement peu d'incidence sur votre niveau de vie. Vous pouvez donc vous payer le luxe de la gestion active.


Comme expliqué ci-dessus, la gestion active - surtout si elle résulte en un portefeuille concentré - implique une gestion du risque moins efficace que la gestion indicielle. Vous croyez peut-être que la recherche approfondie sur vos titres vous protégera contre les revers de fortune. Rien n'est moins vrai. Le monde des affaires a le don de nous réserver de ces surprises... Le titre qui semble immunisé contre les déconvenues peut se transformer assez rapidement en cauchemar. Des changements dans les habitudes des consommateurs, l'apparition d'un nouveau concurrent redoutable ou encore l'entrée en scène d'une nouvelle technologie peut bouleverser la viabilité d'une entreprise, même bien établie. Vous voulez un exemple ? Au début de ma carrière (années 1990), lorsque les analystes évoquaient un titre invincible, un nom revenait assez souvent : Eastman Kodak. On connaît la suite.


5. Vous êtes au courant des chiffres


Je ne vais pas vous citer les dizaines d'études indépendantes qui documentent les faibles chances de succès de la gestion active. Je vais vous en citer seulement une. Une analyse publiée par la firme de recherche Morningstar à propos des fonds communs de placement aux États-Unis indique que, sur de longues périodes, la grande majorité des fonds gérés activement produisent des rendements inférieurs à leur équivalent indiciel, et ce, dans toutes les catégories étudiées. Les résultats sont reproduits dans le tableau ci-contre. Pour en faciliter la lecture, les taux de réussite inférieurs à 50 % sont présentés sur fonds blanc.



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Raymond ­Kerzérho CFA, MBA, est le directeur de la recherche de PWL Capital. Il enseigne également la finance à l’Université McGill.


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