Cominar rêve de retrouver sa «gloire» d'antan

Publié le 08/11/2019 à 15:09

Cominar rêve de retrouver sa «gloire» d'antan

Publié le 08/11/2019 à 15:09

Par Dominique Beauchamp

Le Mail Champlain à Brossard (Photo: courtoisie)

Le fonds de placement immobilier Cominar estime avoir bâti l’équipe chevronnée qu’il faut pour mener à bien sa relance.

Le PDG depuis 18 mois de Cominar (CUF.UN, 13,90$) Sylvain Cossette vise à «ramener la société à sa gloire», a-t-il fait valoir, en entrevue en marge de la téléconférence. «Tout le monde est aligné sur le nouveau plan stratégique qui vise à créer de la valeur pour tous», a-t-il ajouté en faisant allusion au renouvellement de l’équipe.

Bien que l’annonce du départ d’Alain Dallaire, le fils du fondateur de Cominar, de Richard Fortin, vice-président exécutif et chef de l’exploitation et de Caroline Lacroix, vice-présidente communications et marketing, ait l’allure d’une purge, il n’en est rien, assure aussi le dirigeant.

«Nous avons coupé les ponts avec le Groupe Dallaire il y a 18 mois. Le départ d’Alain est la dernière étape de ce divorce», a expliqué M. Cossette.

Le grand patron se montre très enthousiasmé par le recrutement de Bernard Poliquin à titre de vice-président exécutif, bureau et chef des opérations immobiliers.

Cet ex-vice-président principal de la filiale immobilière Ivanhoé Cambridge de la Caisse de dépôt et placement du Québec a notamment veillé sur les immeubles prestigieux tels que la Place Ville-Marie, le 1000 de la Gauchetière et le Centre de commerce mondial entre autres.

M. Cossette est aussi ravi d’avoir recruté Mélanie Vallée au poste de vice-présidente, données et technologies ainsi qu’Antoine Tronquoy, dans celui de directeur exécutif, marché des capitaux. Il s'agit de deux nouveaux rôles qui s'ajoutent à quatre autres embauches.

Mme Vallée a notamment fait un saut de 18 mois chez le géant immobilier Westfield de Los Angeles avant de joindre le Centre Vidéotron à Québec.

M. Tronquoy pour sa part a travaillé chez le prêteur commercial Otéra Capital de la Caisse de dépôt.

Du sang neuf

Le remue-ménage donne l’impression d’une vague de mises à pied, mais M. Cossette rappelle que plusieurs postes annoncés comblent des départs à la retraite ou volontaires plus tôt dans l’année.

Dans d’autres cas, les besoins avaient changé, notamment dans la gestion de projets de construction internes.

«Nous avons choisi de regrouper tous les changements des derniers mois, incluant de simples changements de titres, dans un seul communiqué», a ajouté le dirigeant.

Relisez Cominar, la confiance revient, reste à exécuter

Cominar compte deux ou trois vice-présidents de moins qu’il y a un an, mais le remaniement vise avant tout à aller chercher «du sang neuf, de nouvelles idées et de nouvelles compétences», a aussi confié M. Cossette.

Dans le portefeuille plus éprouvé des centres commerciaux, qui a notamment souffert du départ des détaillants Target et Sears Canada, Cominar a choisi de décentraliser les responsabilités de marketing aux directeurs de chacun des centres, entraînant le départ de Caroline Lacroix.

«Tous les changements découlent de l’examen stratégique et d’il y a un an. Aujourd’hui, vous voyez la mise en œuvre du repositionnement», ajoute M. Cossette.

Le PDG assure aussi que le fonds immobilier reste aussi «engagé» à Québec qu’il est à Montréal, même si plus de cadres logeront dans la Métropole.

Les deux tiers des immeubles en portefeuille sont à Montréal, le quart à Québec et le reste à Ottawa.

Un activiste au conseil

La transformation de Cominar ne provient pas non plus de nouvelles pressions exercées par le nouvel actionnaire principal, l’investisseur canado-américain Zachary George.

«Les décisions sont les miennes. Le conseil les entérine lors de votes», indique M. Cossette.

Le co-fondateur de FrontFourCapital a accumulé 8% des parts de Cominar et siège au conseil.

Il y a dix ans, M. George a brassé la cage au petit fonds immobilier Huntingdon qui a finalement été vendu.


« Les pressions nous les avons eus il y a deux ans. Depuis, les affaires ont repris leurs cours. Cominar n’est pas à vendre. »

En Bourse, les investisseurs ont pris bonne note du nouveau coup de barre du fonds immobilier Cominar, dont le titre a rebondi de 24% depuis le début de l’année à un nouveau sommet annuel.

La part a grimpé de 4% le 8 novembre après le dévoilement d’une hausse de 3,8% du bénéfice d’exploitation net du portefeuille comparable, au troisième trimestre.

Même les centres d’achats ont contribué à cette amélioration avec une augmentation de ces bénéfices de 0,6%, bien que les loyers nets aient reculé de 2,7%, précise Brad Sturges, d’Industrielle Alliance Valeurs mobilières.

Les fonds provenant de l’exploitation de 0,28$ par part sont restés stables malgré la vente de 210 millions de dollars d’actif depuis le début de l’année

«Cominar optimise sa structure d’affaires en plus d’ajouter de nouvelles compétences à l’organisation. Le fonds continue d’identifier des économies qui pourraient raviver la croissance des fonds générés au cours des prochaines années», écrit M. Sturges.

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