« IPL et MAV sont deux nouvelles occasions de croissance sur lesquelles nous avons sauté » - Gabriel Bouchard-Phillips, gestionnaire de portefeuille chez Van Berkom et Associés


Édition du 25 Août 2018

« IPL et MAV sont deux nouvelles occasions de croissance sur lesquelles nous avons sauté » - Gabriel Bouchard-Phillips, gestionnaire de portefeuille chez Van Berkom et Associés


Édition du 25 Août 2018

Par Dominique Beauchamp

Gabriel ­Bouchard-Phillips est associé chez ­Van ­Berkom et associés depuis 2013 et gestionnaire depuis janvier 2018. Le spécialiste des titres canadiens à faible capitalisation a été récipiendaire du prix ­Top ­Gun décerné par ­Brendan ­Wood ­International en 2014, 2015 et 2016.

Dominique Beauchamp - Vous êtes avant tout des chasseurs de sociétés en croissance, mais comment le contexte actuel vous influence-t-il ?

GABRIEL BOUCHARD-PHILLIPS - La toile de fond est encourageante, vu la croissance de 4 % de l'économie mondiale et la hausse prévue de 11 % des bénéfices du S&P/TSX et de 18 % de ceux du S&P 500 en 2018. La consommation et la demande industrielle sont assez fortes aussi. En revanche, les tarifs sur l'acier, les droits de douane entre les États-Unis et la Chine, et même les tensions entre le Canada et l'Arabie saoudite sont de nouveaux risques pour de nombreuses entreprises. Nous sommes donc sélectifs à court terme et misons sur des entreprises de qualité peu touchées par cette conjoncture.

D.B. - Quels types de sociétés ont récemment attiré votre attention ?

G.B-P. - Le retour en Bourse de Plastiques IPL (IPLP, 12,04 $) nous a fourni l'occasion d'acheter à bon prix un fabricant mondial de contenants de plastique rigide, dans une industrie fragmentée qui nous est familière. Si IPL était entrée en Bourse dans une conjoncture plus stable, nous n'aurions pas eu la chance de participer à ce prix et de bâtir un bloc d'un peu plus de 10 %. Les dirigeants expérimentés devront faire leurs preuves, bien sûr, mais IPL a plusieurs axes de croissance devant elle dans les bacs de recyclage et l'alimentation, entre autres. Elle investit aussi dans ses usines et réalise des acquisitions ciblées. La Caisse de dépôt et placement du Québec, avec 28 % des actions, est également un bon allié.

D.B. - Vous avez aussi participé à l'entrée en Bourse de MAV Beauty Brands ?

G.B-P. - Nous n'avons pas l'habitude d'acheter lors d'appels publics à l'épargne, mais la croissance rapide du propriétaire ontarien de la marque de produits capillaires Marc Anthony et son créneau du luxe abordable sont attrayants. Émis au cours de 14 $ en juillet, le titre de MAV Beauty (MAV, 13,00 $) est loin d'être une aubaine, présentant un multiple d'évaluation de 17 fois son bénéfice d'exploitation. Par contre, la croissance annuelle visée de 25 % et son modèle de fabrication par des tiers lui procurent un profil unique. À long terme, MAV Beauty veut élargir son portefeuille de marques complémentaires, qu'elle peut offrir aux détaillants dans 25 pays, comme en témoigne l'achat de Renpure et de Cake Beauty.

D.B. - Votre portefeuille comprend de 40 à 45 placements. Il est concentré. Comment faites-vous de la place pour de nouveaux venus ?

G.B-P. - Nous avons un peu d'encaisse, mais essentiellement, nous recyclons notre capital en diminuant certains placements qui ont particulièrement bien performé. C'est le cas de WSP Global (WSP, 70,99 $), qui a plus que doublé depuis mars 2016. C'est une superbe entreprise mondiale qui a fracassé toutes les attentes - et nous restons actionnaires -, mais son appréciation a fait enfler son évaluation à plus de 21 fois le bénéfice prévu.

D.B - Quelle autre occasion avez-vous dénichée récemment ?

G.B-P. - Nous avons racheté des actions additionnelles du spécialiste de l'entretien d'immeubles GDI (GDI, 18,75 $) en avril pour la dernière fois, portant notre bloc à 17,7 %. Le titre est redevenu bon marché après un long passage à vide. L'action était chèrement évaluée à son retour en Bourse en 2015, alors qu'aujourd'hui elle ne reflète pas toute la progression des trois dernières années. Son offre de services est complète. L'ancien Groupe Distinction fabrique même des produits nettoyants. La récession albertaine de 2016 et la hausse plus récente du salaire minimum lui ont donné du fil à retordre, mais la société a pris les mesures pour s'y adapter.

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