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Les vendeurs d’armes à feu flambent à Wall Street

AFP|Mis à jour le 16 avril 2024

Le nombre de dossiers déposés pour une vérification des antécédents avant l’achat d’une arme à feu a déjà augmenté.

Les actions des sociétés américaines vendant des armes à feu comme Smith & Wesson et Sturm Ruger bondissent à Wall Street cette semaine alors que les États-Unis sont en proie à des manifestations, parfois violentes, contre les brutalités policières.

Smith & Wesson, qui propose des pistolets, revolvers et fusils, s’envolait de 9,26 % vers 13H30 mardi à la Bourse de New York après avoir déjà pris 15 % la veille.

Sturm Ruger, qui fabrique le même type d’armes, gagnait 5,23 %, au lendemain d’une hausse de 9 %. Le volume d’actions échangées était lundi cinq fois plus élevé qu’à l’habitude.

Axon, qui produit entre autres des tasers, montait de 5,06 % après s’être envolé de 18 % lundi sur un volume six fois plus important que la moyenne.

Le nombre de dossiers déposés pour une vérification des antécédents avant l’achat d’une arme à feu a déjà beaucoup augmenté depuis le début de la pandémie de Covid-19 aux États-Unis.

Selon les données du FBI, environ 3,74 millions de demandes ont été déposées en mars, ce qui représente un bond de 41 % par rapport à l’année précédente. Les demandes se sont par la suite un peu tassées, mais s’affichaient encore en avril en hausse de 25 % sur un an et en mai de 32 %.

Le directeur général de Sturm Roger, Christopher Killoy, avait déjà mis en avant lors d’une conférence téléphonique mi-mai une « augmentation significative de la part des particuliers depuis la fin du premier trimestre 2020. »

« À en croire les retours de terrain, cet accroissement de la demande, en particulier durant les dernières semaines du trimestre, est probablement lié au Covid-19, à l’impact des restrictions imposées par les États et à un regain d’inquiétudes (des acheteurs) pour leur sécurité personnelle », avait-il alors commenté. 

Ce sentiment pourrait s’exacerber avec la montée des troubles sociaux aux États-Unis.

Après les premières manifestations à Minneapolis mardi dernier suite à la mort de George Floyd, un homme de 46 ans décédé après que Derek Chauvin, un policier blanc, s’est agenouillé sur son cou pendant plus de huit minutes, les protestations se sont étendues à près de 140 villes américaines pour dénoncer les brutalités policières et le racisme. 

Ces rassemblements ont parfois été émaillés de pillages et affrontements avec la police, incitant plusieurs métropoles à instaurer des couvre-feux.