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Le chinois JD Health flambe de 56% pour son entrée en Bourse

AFP|Mis à jour le 16 avril 2024

Elle est la principale plateforme en Chine de livraison de médicaments à domicile et de services de santé à distance.

L’action de JD Heatlh, filiale du géant chinois du commerce en ligne JD.com, a flambé de 56 % mardi pour son entrée à la Bourse de Hong Kong, les investisseurs pariant sur la croissance des services de santé numériques à la faveur de la pandémie.

Le titre, offert à 70,58 dollars de Hong Kong, a clôturé à 110 HKD (+56 %), après avoir pris jusqu’à 75 % en séance, ce qui a brièvement valorisé à plus de 65 milliards de dollars canadiens cette société qui est la principale plateforme en Chine pour la livraison de médicaments à domicile et les services de santé à distance via téléphone intelligent. 

JD Health a levé au total 26,5 milliards HKD (4,38 milliards de dollars canadiens). C’est la plus grosse opération boursière de l’histoire du secteur de la santé en Asie et la plus grosse introduction depuis le début de l’année à la Bourse de Hong Kong.

Le nouveau coronavirus a pesé sur les services de santé publics, mais favorisé la demande de services de santé en ligne auprès de fournisseurs comme JD Health. Pour le directeur général de la société, Xin Lijun, cela « a bouleversé tout le secteur » de la santé et l’a poussée à accélérer sa cotation à Hong Kong.

L’entreprise dit avoir été la première à proposer en Chine des rendez-vous en ligne pour des tests de dépistage au nouveau coronavirus.

En pleine pandémie, son chiffre d’affaires a bondi au premier semestre à 8,8 milliards de yuans (1,73 milliard de dollars canadiens). C’est 76 % de plus que l’an dernier à la même période, selon les chiffres de JD Health.

Selon son directeur général, JD Health accueille plus de 100 000 personnes par jour et au plus fort de l’épidémie en Chine en recevait jusqu’à 150 000. Elle compte selon lui 65 000 médecins et plus de 72 millions de patients. 

Longtemps habituées à se tourner vers les États-Unis pour lever des fonds, les grandes entreprises chinoises choisissent à présent de plus en plus les places nationales de Hong Kong ou Shanghai, dans un contexte de rivalité commerciale, technologique et politique avec Washington.

 

Hong Kong toujours attractif

Ainsi JD.com, coté au Nasdaq depuis 2014, a réalisé en juin dernier une seconde entrée en Bourse, mais à Hong Kong, levant quelque 5,43 milliards de dollars canadiens.

L’an dernier déjà, Alibaba, principal concurrent de JD.com et lui aussi coté aux États-Unis, avait levé la somme considérable de 12,9 milliards de dollars à Hong Kong.

Le régime chinois a toutefois donné un coup d’arrêt début novembre aux ambitions d’Alibaba en suspendant au dernier moment l’entrée en Bourse à Hong Kong et Shanghai de sa filiale Ant Group.

Ant Group, numéro un mondial du paiement en ligne, devait lever un montant jamais vu pour une introduction en Bourse dans toute l’histoire de la finance: 43,90 dollars canadiens.

Mais Pékin semble avoir vu d’un mauvais œil la puissance croissante des entreprises de finance en ligne, qui tendent à s’affranchir des règles prudentielles imposées aux banques traditionnelles.

JD Health était la première entreprise technologique à faire son entrée en Bourse à Hong Kong depuis cette affaire et le marché hongkongais confirme ainsi qu’il reste attractif.

« C’est un signe que le cœur de la finance se déplace vers l’Est d’une manière forte », a tweeté Brian Tycango, analyste pour Stansberry Research.

La filiale santé du concurrent de JD.com, Alibaba, a plus que doublé sa valorisation boursière à Hong Kong et Ping An Good Doctor a vu sa valorisation grimper de plus de 50 % pendant la pandémie.

Cette entrée en bourse a porté à plus de 32 milliards de dollars canadiens le montant des introductions à Hong Kong depuis le début de l’année, ce qui laisse augurer de la meilleure année pour la place depuis 2010, selon la société d’informations financières Refinitiv.