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Le cacao refroidit, les investisseurs craignent de se brûler

AFP|Mis à jour le 18 juin 2024

Le cacao refroidit, les investisseurs craignent de se brûler

Les récoltes sont notamment affectées par un phénomène météorologique appelé harmattan, un vent du nord-est venu du désert, chargé de poussière, qui dessèche les plantations. (Photo: 123RF)

Londres — Les prix du cacao ont nettement refroidi ces dernières séances après les records historiques du mois dernier, certains opérateurs se détournant du marché, car miser encore sur l’appréciation de cette matière première agricole s’avère coûteux et difficile à négocier.

(Graphique: Les Affaires)

Le 19 avril dernier, le cacao avait enregistré des prix record, s’échangeant à 9,285 livres sterling la tonne à la Bourse de Londres et à 11 722 dollars américains ($US) la tonne à New York.

Les prix sont depuis redescendus de ce pic, d’environ 26% à Londres, une tonne de cacao pour livraison en septembre se négociant à 6,783 livres sterling, et de plus de 27% à New York, une tonne pour livraison en juillet valant à 8408$US.

« Les fluctuations extrêmes des prix et la volatilité observées ces derniers mois ont poussé » les investisseurs « à abandonner de plus en plus le marché, simplement parce qu’il est trop difficile d’y négocier des positions, et trop coûteux de les détenir », ce qui a entraîné « des baisses de liquidité incontrôlées », relève Ole Hansen, de Saxobank, interrogé par l’AFP.

Or une situation « de faibles liquidités crée une évolution très erratique des prix, ce qui a finalement obligé tout un groupe d’opérateurs à fermer ou à réduire leur exposition » au marché.

Les cours du cacao connaissaient en conséquence un net reflux, après avoir battu record sur record ces derniers mois en raison d’un déficit de production entre conditions climatiques difficiles et maladies au Ghana et en Côte d’Ivoire, les deux premiers pays producteurs, la demande restant robuste.

Bien qu’« il semble que les spéculateurs liquident leurs positions longues », « la disponibilité du cacao en provenance d’Afrique de l’Ouest reste très limitée » ce qui renforce « les anticipations d’un nouveau déficit » pour l’année à venir, précise cependant Jack Scoville, analyste de Price Futures Group.

Prendre une position longue sur un marché signifie acheter un actif anticipant une remontée des cours.

Les récoltes sont notamment affectées par un phénomène météorologique appelé harmattan, un vent du nord-est venu du désert, chargé de poussière, qui dessèche les plantations.

Ainsi, le marché sera toujours confronté « à une grave pénurie d’approvisionnement dans un avenir proche », rappelle M. Hansen, et ce malgré le signalement « de pluies bénéfiques atteignant l’Afrique de l’Ouest ».

 

 

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