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La Laurentienne veut aider ses clients avec la hausse des taux

La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

La Laurentienne veut aider ses clients avec la hausse des taux

La présidente et chef de la direction de la Laurentienne, Rania Llewellyn, estime que l’institution financière est prête à composer avec «tout ce qui pourrait se dresser sur notre chemin». (Photo: La Presse Canadienne)

Si la Banque Laurentienne a commencé à aider ses clients à se préparer à une hausse anticipée des taux d’intérêt, sa présidente et chef de la direction, Rania Llewellyn, estime que l’institution financière est prête à composer avec «tout ce qui pourrait se dresser sur notre chemin».

Au Canada, les hypothèques à taux variables ont connu une grande popularité tandis que les emprunteurs se sont habitués à un long cycle baissier de taux, qui dure depuis une vingtaine d’années. Près de 45% des nouveaux prêts étaient à taux variables au Canada, à la mi-année 2021, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Un revirement de la trajectoire des taux soulève des craintes pour les ménages dont les finances sont plus serrées.

La Laurentienne veut préparer ses clients à ce nouveau cycle. Elle a formé une équipe de «fidélisation» qui joint les clients ayant des hypothèques à taux variables pour leur donner «des informations et des conseils» quant à l’impact d’une hausse des taux d’intérêt sur leur situation financière. «Nous voulons leur donner les conseils appropriés pour les aider à gérer leur risque», explique Mme Llewellyn, en entrevue, mardi, en marge de l’assemblée des actionnaires.

La banquière assure que la Laurentienne s’est montrée prudente avant d’accorder des prêts, que ce soit pour les prêts hypothécaires personnels ou commerciaux. La direction a établi trois scénarios économiques: un optimiste, un de base et un pessimiste. En tenant compte du scénario pessimiste, l’institution est prête à composer avec les mauvaises surprises économiques, si elles devaient survenir, assure-t-elle.

Mme Llewellyn croit cependant que la hausse anticipée des taux d’intérêt serait une bonne nouvelle pour les actionnaires de la Banque Laurentienne et qu’elle devrait avoir un impact favorable sur les résultats financiers. «Généralement, quand les taux d’intérêt augmentent, cela améliore les marges d’intérêt jusqu’à un certain point», explique-t-elle.

En théorie, le resserrement de la politique monétaire peut aussi amener des vents de face pour les institutions financières en ralentissant l’activité économique, notamment. «Il peut y avoir des impacts négatifs pour certaines activités de l’entreprise, mais de manière générale, ce devrait être favorable pour nos résultats», répond-elle.

Pour le moment, la direction de la Laurentienne anticipe une hausse des taux de 25 points de base par trimestre, mais Mme Llewellyn souligne que la situation progresse à toute vitesse. «Le marché bouge rapidement et le message de la Banque du Canada change aussi. Une chose est sûre, les taux vont monter. Après, est-ce que ce sera 25 points ou 50 points? La décision revient à la Banque du Canada.»

 

Assemblée bilingue et nouveau logo

La Banque Laurentienne tenait plus tôt, mardi, son assemblée des actionnaires en mode hybride, à Montréal.

Critiquée l’an dernier pour le peu de français prononcé durant son assemblée de 2021, l’institution financière a accordé une plus grande place au français dans ses présentations.

Mme Llewellyn, qui ne parlait pas le français lors de sa nomination en 2020, s’était engagée à l’apprendre et suit des cours avec un tuteur privé. Elle a prononcé environ la moitié de son discours en français, mardi. Deux hauts dirigeants ont également fait l’entièreté de leur présentation dans la langue de Molière.

Les discours étaient l’occasion de réitérer les principaux points de la stratégie de la banque, mais les actionnaires n’ont pas obtenu d’informations nouvelles depuis la publication des plus récents résultats trimestriels au début du mois de mars.

En décembre, la direction a dévoilé son plan stratégique, dont l’un des axes est de rattraper son retard technologique, notamment en concluant des partenariats avec des fintechs. La banque veut aussi prendre de l’expansion aux États-Unis, pour ses activités de prêts commerciaux, et veut utiliser son positionnement ESG (environnement, social et gouvernance) pour saisir de nouvelles occasions d’affaires.

Mme Llewellyn a profité de l’assemblée pour annoncer que la banque a rafraîchi son logo, qui conserve l’arbre de flèche jaune, mais le libère de son cadre. Le changement de logo se fera progressivement au sein de l’institution.

La Laurentienne lance également une campagne publicitaire pour mousser sa «nouvelle mission» et son engagement envers les principes ESG. La campagne, qui représente un investissement d’un million $, a débuté aujourd’hui. C’est l’agence Havas Montréal qui a développé le nouveau logo et la campagne média.