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Enbridge enregistre un bénéfice de 1,73 G$ au quatrième trimestre

La Presse Canadienne|09 février 2024

Enbridge enregistre un bénéfice de 1,73 G$ au quatrième trimestre

L’entreprise a annoncé le mois dernier qu’elle réduisait ses effectifs de 650 postes. (Photo: La Presse Canadienne)

Calgary — Enbridge pourrait bénéficier d’une augmentation des volumes sur son réseau d’oléoducs Mainline si le démarrage de l’expansion du pipeline Trans Mountain est considérablement retardé, a déclaré vendredi la société d’infrastructures énergétiques de Calgary. 

Comme le reste du secteur énergétique canadien, Enbridge suit de près les derniers développements du projet Trans Mountain, qui représenterait une nouvelle concurrence pour le transport de pétrole pour Enbridge et son réseau principal. L’agrandissement très médiatisé de l’oléoduc augmenterait la capacité de Trans Mountain de 590 000 barils par jour à un total de 890 000 barils par jour, mais le projet a été entaché de retards et d’augmentations des coûts de construction.

Plus récemment, Trans Mountain Corp. a annoncé qu’elle était confrontée à de nouveaux défis de construction en Colombie−Britannique qui retarderont le démarrage prévu du pipeline au premier trimestre jusqu’au deuxième trimestre de cette année.

Colin Gruending, président de l’activité de canalisations de liquides d’Enbridge, a déclaré vendredi que la société prévoyait que la date de mise en service de Trans Mountain serait le 1er avril. Il a affirmé que si cette date était repoussée, Enbridge connaîtrait probablement une légère augmentation des volumes d’expédition.

«Dans la mesure où le projet (Trans Mountain) est retardé, cela constitue un léger vent favorable», a affirmé M. Gruending lors d’une conférence téléphonique pour discuter des résultats d’Enbridge au quatrième trimestre.

«Nous pensons que nous allons être presque à capacité maximale de toute façon, donc un léger retard ne nous apportera pas une augmentation massive. Mais il y a des avantages à cela», a-t-il ajouté.

Le réseau Mainline d’Enbridge constitue le plus grand réseau d’oléoducs au Canada, fournissant environ 70% de la capacité totale de transport par oléoducs à partir de l’Ouest canadien. La demande de transport sur le réseau principal — qui transporte le pétrole vers les marchés de l’est du Canada et du Midwest américain — a dépassé la capacité au cours des dernières années. Cependant, on s’attend depuis longtemps à ce que le réseau perde des barils au profit de Trans Mountain une fois le projet d’expansion mis en service.

 

La production pétrolière augmente 

Mais M. Gruending a déclaré que la situation avait changé en raison des retards de Trans Mountain. Le projet de pipeline devait initialement être terminé en 2022, et les retards de construction ont donné plus de temps aux producteurs de pétrole canadiens pour augmenter leur production en prévision de la capacité d’exportation supplémentaire.

«Je pense que l’idée selon laquelle la Mainline va perdre beaucoup de volume lorsque (Trans Mountain) entrera en service est un peu un concept obsolète, a soutenu M. Gruending. (…) Au cours de cette période de retard de plusieurs années, l’offre a augmenté de manière structurelle et permanente. (…) Cette demande est là. Elle est fondamentalement insatiable.»

Les données de Statistique Canada montrent que la production pétrolière de l’Alberta a atteint un nouveau record de 3,82 millions de barils par jour en 2023. Rien qu’en décembre, l’Alberta a produit 4,19 millions de barils par jour, soit une augmentation de 10% d’une année à l’autre.

Un rapport publié en octobre par Deloitte Canada indique que la production pétrolière canadienne devrait croître d’environ 375 000 barils par jour au cours des deux prochaines années, soit plus que la quantité totale ajoutée aux niveaux de production du Canada au cours des cinq dernières années combinées.

Enbridge prévoit que son réseau Mainline fonctionnera essentiellement à capacité maximale pendant la majeure partie de 2024, soit une moyenne de trois millions de barils par jour.

En décembre, Enbridge a déposé une demande auprès de la Régie de l’énergie du Canada pour l’approbation de sa nouvelle entente de droits pour le réseau principal. Ces droits sont les frais que les compagnies pétrolières paient pour expédier leurs produits sur un pipeline et permettent aux exploitants de pipelines de générer des revenus.

Enbridge négociait depuis un an et demi un nouveau cadre de tarification avec ses clients du secteur pétrolier. Une fois finalisé et approuvé par le régulateur, le nouvel accord de péage sera en vigueur jusqu’en 2028.

 

Un bénéfice de 1,73 G$

La société Enbridge a enregistré un bénéfice de 1,73 milliard de dollars (G$) au quatrième trimestre, comparativement à une perte un an plus tôt lorsqu’elle avait comptabilisé une importante charge de dépréciation hors trésorerie.

La société pétrolière et gazière établie à Calgary affirme que le bénéfice s’est élevé à 81 cents par action pour le trimestre clos le 31 décembre.

Lors du trimestre correspondant de l’année précédente, Enbridge avait enregistré une perte de 1,07 G$, ou 53 cents par action, lorsque la société avait pris une charge de 2,5 G$ liée à son activité de transport de gaz.

Sur une base ajustée, Enbridge affirme avoir engrangé 64 cents par action au cours de son dernier trimestre, contre un bénéfice ajusté de 63 cents par action un an plus tôt.

L’entreprise a annoncé le mois dernier qu’elle réduisait ses effectifs de 650 postes en raison de ce qu’elle appelle «des conditions commerciales de plus en plus difficiles».

Le PDG d’Enbridge, Greg Ebel, a déclaré que même si l’instabilité géopolitique, l’inflation persistante et la hausse des taux d’intérêt ont eu un impact sur le secteur énergétique nord−américain, la société a atteint ses objectifs financiers pour la 18e année consécutive.

Amanda Stephenson, La Presse Canadienne