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La CIBC est la plus éclopée des six grandes banques canadiennes

Jean Gagnon|Mis à jour le 26 avril 2024

La CIBC est la plus éclopée des six grandes banques canadiennes

Des analystes techniques estiment que la chute du titre de la CIBC le place aujourd’hui dans une position très vulnérable. (Photo: 123RF)

La BOUSSOLE BOURSIÈRE est une rubrique qui traite d’un événement récent ou prochain qui a marqué ou marquera l’évolution des marchés boursiers. Le texte expliquera l’événement et relatera son impact sur le marché boursier en s’appuyant sur l’analyse d’experts. Cette analyse pourra être autant fondamentale que technique.


(Illustration: Camille Charbonneau)

 

L’annonce des résultats trimestriels du début décembre a eu un impact très négatif sur le cours de l’action de la banque CIBC alors que celui-ci a chuté rapidement d’environ 10% du niveau auquel il se négociait la veille de la publication.

Des analystes techniques estiment que la chute du titre le place aujourd’hui dans une position très vulnérable alors qu’il se retrouve sous ses moyennes mobiles de 50 jours (ligne noire) et de 200 jours (ligne grise).

Pour Dennis Mark, analyste technique à la Banque Nationale, le titre de la CIBC est le leader à la baisse parmi ceux des grandes banques canadiennes actuellement. En mai dernier, le cours de l’action a renversé sa tendance haussière lorsqu’il est tombé sous le niveau de support de 70$, amorçant ainsi unu nouvelle tendance à la baisse.

Le titre teste actuellement un important niveau de support à 59$, niveau qui a freiné la baisse du titre au cours des 4 derniers mois à l’exception d’un court recul à 55$ en octobre. Mais de la façon dont le titre a réagi dans la dernière semaine, l’analyste craint que le titre perce ce support et tombe ensuite autour de 50-52$.

Pour sa part, Monica Rizk, analyste technique senior pour les publications Phases & Cycles, note qu’après un recul significatif de 77$ à 58$ entre mars et juillet, le titre navigue depuis 5 mois à l’intérieur d’un corridor de fluctuations entre 58$ et 67$.

Elle note également que la baisse des derniers jours a entrainé le titre sous sa moyenne de 50 jours, et qu’il se retrouve ainsi au plus bas de son corridor des derniers mois. Un déclin soutenu sous le niveau de 57-58$ devra être considéré comme un signal négatif, selon elle. Seule une remontée au-dessus de sa moyenne mobile de 200 jours qui se situe présentement autour de 67-68$ permettrait d’espérer l’émergence d’une nouvelle tendance à la hausse.

 

Sur la liste des vilains

À la suite des résultats du 4e trimestre, Doug Young, analyste chez Desjardins, se demande s’il ne faut pas placer le titre de la CIBC sur la liste des vilains, donc de ceux qui sont peu recommandables. Il estime que les revenus avant taxes et provisions pour pertes ont été de 12% inférieurs à sa prévision.

Les dirigeants de la CIBC indiquent que ces résultats ne sont pas représentatifs de la capacité de la banque à générer des revenus, et l’analyste en convient. Toutefois, compte tenu des perspectives, il croit qu’il faudra attendre jusqu’en deuxième moitié de 2023 pour espérer de meilleurs résultats. En conséquence il abaisse son cours cible de 70$ à 66$.

Les revenus du 4e trimestre ont raté les attentes principalement à cause d’une compression des marges nettes d’intérêt à tous les niveaux de la banque, souligne Gabriel Dechaine, analyste à la Financière Banque Nationale.

Afin de refléter les prévisions de marges nettes d’intérêt plus faibles et d’un niveau de dépenses plus élevé, l’analyste abaisse sa recommandation pour le titre de la CIBC de «surperformance» à «performance égale au marché», et son cours cible passe de 80$ à 57$.