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À surveiller: Savaria, Uni-Sélect et Stelco

Dominique Beauchamp|Mis à jour le 15 avril 2024

Que faire avec les titres de Savaria, Uni-Sélect et Stelco?

Que faire avec les titres de Savaria, Uni-Sélect et Stelco? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement. Note: l’auteur peut avoir une opinion totalement différente de celle exprimée.

Savaria (SIS, 13,34$): l’achat suisse plus difficile à intégrer que prévu

C’est au tour du fabricant d’équipements d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite d’avertir que ses résultats annuels rateront la cible.

Si les revenus de 283 millions de dollars sont conformes aux attentes, le bénéfice d’exploitation de 40M$ se compare à la fourchette de 44 à 45 M$ fournie aux analystes en septembre.

Savaria, dont les résultats officiels sont attendus le 27 mars, a aussi réduit son aperçu pour 2019 par mesure de prudence.

Les revenus seront dans une fourchette de 385 à 400M$, au lieu de la prévision ferme de 400 M$ diffusée il y a cinq mois.

Le bénéfice d’exploitation de 55-60M$ sera aussi de 6% inférieur aux orientations dévoilées en septembre 2018.

«Il est difficile de déterminer le moment exact où ces programmes de réduction des coûts atteindront leur plein potentiel et c’est pourquoi nous considérons prudent de réévaluer nos prévisions pour 2019», a déclaré le PDG Marcel Bourassa.

Il semble que l’intégration et la réorganisation manufacturière de la multinationale suisse Garaventa s’avère plus laborieuse que prévu tandis que sa filiale américaine Span doit composer avec une hausse importante de ses coûts.

Lors de l’achat de Garaventa en septembre 2018 pour 100M$, Savaria avait indiqué que des synergies de 4M$ sur deux ans diminueraient le multiple payé de 11,8 fois à 8 fois le bénéfice d’exploitation.

Zachary Evershed, de la Financière Banque Nationale, reste confiant parce que la société de Laval est déjà à l’œuvre pour renouer avec une marge d’exploitation de 15%, la plus élevée de son industrie, dès 2019.

Le plan d’efficacité en trois temps prévoit la réduction de l’équipe de direction suisse, la rationalisation des efforts de R&D en Suisse et une restructuration du réseau d’usines européen d’usines.

Savaria met aussi en veilleuse sa stratégie d’acquisitions pour s’y consacrer. Dans l’intervalle, l’entreprise de la famille Bourassa diminuera son ratio d’endettement de 2,4 à 1,4 fois le bénéfice d’exploitation grâce à ses flux de trésorerie de 40M$.

L’analyste maintient son cours-cible de 17$ et sa recommandation d’achat. Le titre de Savaria a perdu 9% le 20 février.

Uni-Sélect (UNS, 14,90$): les chances d’une mise aux enchères diminuent

Uni-Sélect (UNS, 14,90$): les chances d’une mise aux enchères diminuent

Malgré la chute de 22% du titre le 20 février, Benoit Poirier de Desjardins Marchés des capitaux, ne recommande plus l’achat d’Uni-Sélect à la suite du dévoilement de résultats et d’un aperçu décevants.

Le bénéfice d’exploitation de 21,4 millions de dollars est inférieur aux prévisions de 24,5M$, au quatrième trimestre. Le bénéfice de 0,13$US par action est 27% de moins que l’estimé de 0,18$US par action de tous les analystes.

Surtout, la nouvelle marge d’exploitation prévue en 2019 sera de 5,75 à 6,75% au lieu de 7,2%.

Relisez Uni-Sélect décoit encore, l’action perd plus de 20%

Bien que l’examen stratégique entrepris en septembre par le conseil d’administration progresse, le recrutement d’un PDG diminue à ses yeux la possibilité que le distributeur de pièces et de peinture automobile soit entièrement mis aux enchères.

En conséquence, l’analyste abaisse son cours-cible de 29 à 20$, qui représente tout de même un potentiel de gain de 34%.

«Bien que l’évaluation actuelle d’Uni-Sélect soit attrayante par rapport à celle de ses comparables, nous préférons rester sur la touche parce la société est endettée (3,5 fois le bénéfice d’exploitation), l’environnement concurrentiel reste difficile pour ses trois filiales et le dénouement de l’examen stratégique est incertain», écrit M. Poirier.

L’analyste attend aussi d’en savoir davantage sur la performance de chacune des divisions, les pièces d’autos au Canada et en Grande-Bretagne, ainsi que la peinture automobile aux États-Unis.

Stelco (STLC, 18,00$) : achats en vue pour l’aciérie ressuscitée

Stelco (STLC, 18,00$) : achats en vue pour l’aciérie ressuscitée

Revenue en Bourse en novembre 2017, l’aciérie centenaire qui a fait faillite deux fois mise sur des acquisitions pour la prochaine phase de sa relance.

«La société affiche le plus d’optimisme à l’égard du potentiel d’acquisition depuis son retour en Bourse. Ses liquidités nettes de 438 M$ lui donnent un sérieux avantage par rapport à ses rivaux endettés», croit Maxim Sytchev, de la Financière Banque Nationale.

À son avis, ces achats se matérialiseront plus tôt qu’on le croit.

L’analyste croit que les investisseurs ont tort de réduire les perspectives de la société à la conjoncture volatile de l’acier.

«Son évaluation d’aubaine, par rapport à ses semblables américains, est un aspect mésestimé des perspectives de placement du titre, surtout considérant l’expérience des dirigeants à déceler des actifs dévalués à saisir», renchérit-il.

D’ailleurs, la promotion interne de David Cheney à la présidence vise justement à libérer Alan Kestenbaum qui se consacrera aux acquisition, à titre de président exécutif du conseil d’administration.

«L’économie doit bien sûr coopérer, mais pour ceux qui croient que le cycle se prolonge, la valeur d’aubaine de Stelco est attrayante», dit-il.

La société et plus rentable que ses semblables, AK Steel, US Steel, Steel Dynamics, Nucor, avec une marge d’exploitation de 22,2%.