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À surveiller: Saputo, Nuvei et Baker Hughes

Jean Gagnon|Mis à jour le 16 avril 2024

À surveiller: Saputo, Nuvei et Baker Hughes

Plusieurs facteurs risquent fort de peser sur le cours boursier du géant des produits laitiers québécois Saputo. (Photo: 123RF)

Que faire avec les titres de Saputo, Nuvei et Baker Hughes? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement. Note: l’auteur peut avoir une opinion totalement différente de celle exprimée.

 

Saputo (SAP, 29,72 $): l’analyste de Desjardins réduit ses prévisions

Plusieurs facteurs risquent de peser sur le cours boursier du géant des produits laitiers québécois, explique Chris Li, analyste chez Desjardins. Conséquemment, il réduit ses prévisions de bénéfices pour le 4e trimestre dont les résultats seront divulgués le 9 juin.

D’abord, la hausse du prix du lait en Australie qui a été exacerbée par une hausse des prix de sa concurrente locale Fonterra. Ensuite, la hausse de l’inflation de ses coûts attribuables principalement à la hausse des prix de l’énergie et des matières premières aggravée par le conflit entre la Russie et l’Ukraine.

Enfin, Saputo doit composer avec des facteurs défavorables sur le marché américain, entre autres avec l’écart négatif entre les prix du lait et du fromage, note l’analyste.

Pour le 4e trimestre 2022, celui-ci réduit ses prévisions de bénéfices avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) de 307 millions $ à 274 millions $, et ses bénéfices par action de 0,29 $ à 0,23 $.

Pour le moment, le consensus des analystes indique des prévisions de BAIIA de 319 millions $ et de bénéfices par action de 0,31 $. Mais Chris Li s’attend à ce qu’elles soient révisées à la baisse.

Bien que les dirigeants de Saputo maintiennent que le BAIIA pour son année financière 2023 rejoindra celui de l’année financière 2021, l’analyste préfère adopter une position un peu plus prudente en réduisant sa prévision d’environ 5%. Il prévoit ainsi un BAIIA pour 2023 de 1,410 milliard $ alors que celui de 2021 avait atteint 1,471 milliard $.

C’est aux États-Unis que la situation est la plus problématique, principalement à cause des pressions sur les coûts qui continuent de s’accentuer et des problèmes au chapitre de la main-d’œuvre, note l’analyste. C’est pourquoi il réduit d’environ 15% sa prévision de BAIIA provenant de cette région pour 2023 comparativement au niveau de 2021.

L’analyste demeure toutefois optimiste à plus long terme. Il maintient donc sa recommandation d’achat, mais il réduit néanmoins son cours cible de 37 $ à 35 $.

 

Nuvei Corporation (NVEI-NASDAQ, 74,89 $ US): elle devrait maintenir une forte croissance organique

Nuvei Corporation (NVEI-NASDAQ, 74,89 $ US): elle devrait maintenir une forte croissance organique

La société de traitement des paiements électroniques basée à Montréal tenait hier sa journée d’information avec les gens des marchés des capitaux, et Paul Treiber, analyste chez RBC Marchés des capitaux, y a assisté.

À la suite de l’événement, l’analyste est plus confiant quant à la poursuite de la croissance organique de la société, car elle témoigne de la robustesse de sa plateforme électronique, ainsi que de ses investissements dans le secteur des ventes et du marketing.

L’analyste maintient sa cote de «surperformance» et son cours cible sur un an demeure à 100 $ US.

La direction a profité de la rencontre, sa première en présentiel, pour réitérer ses prévisions quant à la croissance de ses affaires pour 2002, ainsi que pour ses objectifs à long terme. Elle prévoit une croissance de 30-35% en 2022, et en l’atteignant malgré qu’elle doit se comparer à de bons chiffres pour l’année précédente, elle renforcera la probabilité de réaliser son objectif à moyen terme d’une croissance annuelle de 30%.

L’analyste estime que l’évaluation boursière de Nuvei ne représente pas celle d’une société offrant une croissance de ses revenus de plus de 30%. Et selon lui, elle est très bien positionnée pour soutenir un tel niveau de croissance.

L’évaluation boursière est actuellement inférieure à celle de ses concurrentes, soit 24 fois la Valeur de l’entreprise/bénéfices après intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) comparativement à 26 fois pour la concurrence, estime l’analyste. Son cours cible de 100 $ US correspond à un multiple de 27 fois sur les estimations de l’année 2023.

 

Baker Hughes Company (BKR-NASDAQ, 36,67 $ US): elle profitera du fait que la sécurité énergétique devient au cœur des préoccupations

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Le fournisseur de produits et services pour le secteur pétrolier a été durement frappé par la forte dévaluation du rouble, ainsi que par des problèmes au niveau des chaînes d’approvisionnement.

Baker Hughes dévoilera ses résultats du 1er trimestre le 20 avril, mais Wagar Syed, analyste chez ATB Capital Markets, prend les devants et diminue sa prévision de bénéfices avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) de 654 millions $ US à 640 millions $ US.

Toutefois, sa prévision de BAIIA pour l’ensemble l’année 2022 demeure relativement inchangée à 3,321 milliards $ US, et conséquemment il maintient sa cote à «surperformance» et son cours cible sur un an demeure à 38 $ US.

L’analyste ne peut que constater que les marchés internationaux se raffermissent alors que la sécurité énergétique devient au cœur des préoccupations.

Cette tendance, conjuguée à la faiblesse de l’offre de pétrole au niveau mondiale, aura un impact positif sur les résultats du 2e semestre de la société du Texas. Et probablement que cet impact se maintiendra en 2023, bien que l’analyste ne modifie pas ses prévisions pour l’instant.

Pour le 1er trimestre, l’analyste prévoit maintenant des revenus de 5 milliards $ US, soit une réduction de moins de 1% sur sa prévision précédente. Il prévoit que ces revenus seront en hausse de 4,8% comparativement au trimestre comparable de l’année précédente, bien qu’en baisse de 9% sur le trimestre précédent, cela étant attribuable aux facteurs saisonniers.

L’analyste estime que le titre se négocie présentement à des multiples de 12,1 fois le BAIIA et 29,1 fois les bénéfices par action prévus en 2022 et à 10,3 fois le BAIIA et 20,4 fois les bénéfices par action de 2023.