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À surveiller: Saputo, Magna International et Telus

Catherine Charron|Mis à jour le 16 avril 2024

À surveiller: Saputo, Magna International et Telus

Le prix du fromage a flanché en juin, ce qui a affecté les bénéfices de Saputo. (Photo: 123RF)

Que faire avec les titres de Saputo, Magna International et Telus? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement. Note: l’auteur peut avoir une opinion totalement différente de celle exprimée.

 

Saputo (SAP, 35,87$): des soubresauts ponctuels

Bien qu’elle abaisse ses attentes pour la première moitié de l’exercice 2022, Irene Nattel de RBC Marchés des capitaux est convaincue que Saputo sera bien positionnée lorsque le contexte retrouvera un semblant de normalité.

L’analyste revoit ses prévisions afin de mieux refléter les pressions éphémères générées par les prix de ses matières premières et du taux de change sur ses résultats.

Le prix du cheddar a aussi flanché de 11 % en juin, ce qui a affecté la fin de son trimestre.

Irene Nattel revoit ainsi à la baisse son bénéfice par action anticipé pour le premier trimestre de l’exercice de Saputo, qui sera dévoilé le 5 août prochain, le faisant passer de 0,41 $ à 0,25 $. Le consensus des analystes misait sur une fourchette de 0,23 $ à 0,40 $. Pour l’ensemble de l’exercice, il devrait atteindre 1,69 $, soit une hausse de 13 % par rapport à l’exercice précédent.

Si cette révision a peu de répercussions sur les attentes de l’exercice 2023, elle fait rater de 5 % la cible du plan stratégique de la direction qui s’élève à 2,125 milliards de dollars pour l’exercice 2025, avec un taux de croissance annuel composé sur quatre ans de 8 %, sans prendre en considération les acquisitions potentielles.

Comme à son habitude, l’entreprise devrait augmenter son dividende. L’analyste table sur une hausse trimestrielle de 2,9 % à 0,18 $ par action, ce qui représente un rendement de 2 %.

Alors que l’offre publique de rachat dans le cours normal des activités a été mise sur pause, le bilan financier et l’état des liquidités de Saputo laissent croire à Irene Nattel que l’entreprise sera en mesure de poursuivre sa stratégie de fusion et acquisition, notamment aux États-Unis et en Europe.

Son cours cible demeure à 46 $.

 

Magna International (MGA.N, 84,97 $ US): une acquisition qui laisse sur sa faim, pour l’instant

Magna International (MGA.N, 84,97 $ US): une acquisition qui laisse sur sa faim, pour l’instant

Même si l’acquisition de Veoneer par Magna International diluera les actions de l’équipementier automobile, force est de constater que les synergies de 100 millions de dollars américains (M$ US) qui seront créées d’ici 2024 ont tout pour plaire, assure l’analyste Mark Neville de Scotia Capital.

D’abord, les parts de marché de Veoneer devraient croître à un rythme annualisé de 13 % entre 2019 et 2026 ce qui devrait lui permettre d’atteindre un chiffre d’affaires de 29 milliards de dollars (G$ US).

Les compétences qu’elle apportera chez Magna bonifieront grandement la branche d’aide à la conduite automobile de l’entreprise torontoise. À elle seule, elle a généré 1,2 G$ US en 2020, rappelle l’analyste.

La société gagnera ainsi en connaissance en ingénierie et en informatique, ce qui devrait doper son multiple à plus long terme, bien qu’il fasse passer son ratio valeur d’entreprise/bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement anticipé pour 2022 d’un multiple de 7 fois à 5,8 fois.

Cette transaction, dont l’annonce a été faite le 22 juillet dernier, astreint Magna à acquérir le fournisseur de technologie numérique américano-suédois pour 31,25 $ US l’action, ce qui valorise l’entreprise à 3,3 G$ US. C’est 57 % de plus que la valeur du titre à la fermeture des marchés le 22 juillet dernier, mais seulement 2 % de plus que son sommet de la dernière année, illustre Mark Neville.

À la fin du premier trimestre de 2021, Magna avait 7 G$ US en liquidité, dont 3,5 G$ US en argent comptant.

Bien que cette cagnotte puisse sembler imposante, elle ne représente que 11 % de la valeur de Magna International, rappelle Mark Neville, ce qui ne devrait pas alourdir son bilan financier.

Il rapporte que l’entreprise croit que son effet multiplicateur devrait se trouver dans la branche supérieur de sa fourchette de 1,0x à 1,5x à la fermeture, qui avait été anticipée pour la fin de 2021.

La transaction devrait s’effectuer d’ici la fin de 2021.

Scotia Capital maintient sa recommandation à «surperformance de secteur», et son cours cible à 115 $ US.

 

Telus (T, 27,69 $): un cours cible en hausse

Telus (T, 27,69 $): un cours cible en hausse

À l’approche du dévoilement des résultats du deuxième trimestre de 2021 de Telus, Adam Shine de la Financière Banque Nationale revoit ses prévisions pour le géant canadien des télécommunications.

Il s’attend d’abord à ce que l’entreprise génère des revenus de 4 050 millions de dollars (M$), et un bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) ajusté de 1 494 M$, ou de 1 454 M$ si on prend en compte sa restructuration.

Son bénéfice par action devrait être de 0,24 $, ou 0,26 $ si on exclut certains items, et son flux de trésorerie disponible devrait être de 233 M$.

Si le consensus des analystes est plus optimiste que lui à l’égard des revenus attendus (4060 M$), il l’est moins en matière de BAIIA (1483 M$, ou 1445 M$), du bénéfice par action (0,23 $, ou 0,25 $ US) et du côté des flux de trésorerie disponible (229 M$).

Adam Shine croit que les résultats devraient être dopés par l’acquisition de Lionbridge AI annoncée au 31 décembre 2020. Ces derniers se compareront à ceux du deuxième trimestre de 2020, qui avaient été perturbés par une baisse de 81 M$ des revenus à cause de la COVID-19, ce qui a généré une hausse des dépenses liées à une mauvaise dette de 30 M$, rappelle l’analyste.

Après quatre trimestres de déclin, les revenus tirés du réseau mobile devraient grimper de 3,7 %. L’analyste estime que les couvre-feux devraient avoir affecté les marges, et qu’aucuns frais d’itinérance ne devraient vraiment avoir été générés.

Du côté du réseau internet, Telus devrait avoir continué de gagner des parts de marché et déployé son réseau de fibre.

Cette année, l’entreprise s’attend à ce que ses revenus grimpent de 8 à 10 %, que son BAIIA ajusté monte dans une fourchette de 6 à 8 %, et que ses flux de trésorerie disponibles soient d’environ 750 M$. Ses dépenses en investissement devraient s’élever à 3500 M$, ce qui comprend l’enveloppe de 750 M$ dédié à un programme d’investissement accéléré qui devrait augmenter de 750 M$ à 1 milliard de dollars les dépenses en investissement de 2022.

La Financière Banque Nationale maintient sa recommandation de «surperformance de secteur», mais fait passer son cours cible de 28 $ à 30 $.